Compression médullaire non traumatique et syndrome de la queue de cheval Flashcards
Quels éléments cliniques orientent vers une compression médullaire ?
- Syndrome radiculaire lésionnel en regard de la compression
- Niveau sensitif correspondant à la limite supérieure de l’atteinte sensitive
- Syndrome sous-lésionnel
- Syndrome douloureux rachidien
Quelles sont les caractéristiques cliniques du syndrome radiculaire lésionnel lors d’une compression médullaire non traumatique ?
- Douleurs radiculaires : isolées au début, topographie constante, signalant le dermatome lésionnel, en éclairs, par salves, impulsives à la toux, s’estompant parfois dans la journée avec l’activité physique et pouvant ne se manifester qu’au repos (nuit ++)
- Déficit radiculaire possible : hypoesthésie en bandes dans le territoire douloureux, abolition/diminution/inversion d’un ROT, voire déficit moteur avec amyotrophie/fasciculations
Quelles sont les caractéristiques cliniques du syndrome sous-lésionnel lors d’une compression médullaire non traumatique ?
- Troubles moteurs : syndrome pyramidal d’intensité variable (fatigabilité, claudication intermittente voire para/tétraplégie spastique avec ROT vifs, diffusés, polycinétiques, TEP, Babinski)
- Troubles sensitifs : retardés, déficit pas toujours complet, initialement cordonal postérieur ou spinothalamique, syndrome de Brown-Séquard
- Troubles sphinctériens : urinaires (impériosité, RAU, pollakiurie), sexuels (impuissance) ou anorectaux (constipation), très tardifs sauf si lésion dans le cône terminal, quasi constants dans les compressions médullaires évoluées
À quoi correspond le syndrome de Brown-Séquard ?
Souffrance d’une hémi-moelle avec dissociation de sensibilité :
- Syndrome cordonal postérieur homolatéral
- Syndrome pyramidal homolatéral
- Déficit spinothalamique controlatéral
Quelles sont les caractéristiques cliniques du syndrome rachidien lors d’une compression médullaire non traumatique ?
- Douleurs permanentes et fixes, localisées ou plus diffuses, à type de tiraillement/pesanteur/enraidissement rachidien, augmentant à l’effort mais également présentes au repos et la nuit, pas/peu sensibles aux antalgiques usuels
- Raideur segmentaire du rachis très précoce
- Déformation segmentaire possible avec douleurs spontanées localisées accrues à la percussion des épineuses ou à la palpation appuyée de la musculature paravertébrale
Quelles sont les principales manifestations cliniques d’une compression cervicale haute non traumatique entre C1 et C4 ?
- Syndrome sous-lésionnel : tétraplégie spastique
- Syndrome lésionnel : paralysie diaphragmatique, paralysie du SCM, du trapèze, hoquet (souffrance phrénique)
Quelles sont les principales manifestations cliniques d’une compression cervicale basse non traumatique entre C5 et D1 ?
- Paraplégie spastique
- Névralgie cervicobrachiale
- Entre C8 et D1 : signe de Claude Bernard-Horner homolatéral
Quelles sont les principales manifestations cliniques d’une compression non traumatique de la moelle dorsale ?
- Paraplégie
- Douleurs en ceinture thoraciques associées à une anesthésie en bande
Quelles sont les principales manifestations cliniques d’une compression non traumatique de la moelle lombosacrée ?
- Paralysie des quadriceps avec disparition des ROT rotuliens
- Réflexes achilléens vifs, Babinski bilatéral
- Troubles sphinctériens
Quelles sont les principales manifestations cliniques d’une compression non traumatique au niveau du cône terminal de la moelle ?
- Déficit de la flexion de cuisse sur le bassin
- Abolition des réflexes cutanés abdominaux inférieurs et du réflexe crémastérien
- Signe de Babinski
- Atteinte sphinctérienne constante et sévère
- Troubles sensitifs de niveau D12-L1
Quel est l’examen de première intention à pratiquer en urgence devant une suspicion de compression médullaire non traumatique ?
IRM avec injection de gadolinium (T1, T2, T1 injecté)
Quelles sont les principales causes extradurales de compression médullaire non traumatique ?
- Métastases néoplasiques vertébrales avec épidurite métastatique (PPRST, myélome, LMNH, LA), rares tumeurs bénignes (hémangiome, chondrome) ou primitivement malignes (sarcome)
- Myélopathie cervicoarthrosique, canal lombaire étroit
- Hernie discale (niveau dorsal ++)
- Spondylodiscites et épidurites infectieuses (staphylocoques, BK = mal de Pott)
- Hématome épidural (TTT anticoagulant, post-PL)
Quelles sont les principales caractéristiques cliniques de la myélopathie cervicarthrosique ?
- Compression médullaire lente cervicale chez patients > 40 ans aux ATCD de NCB, torticolis, trauma rachidiens cervicaux
- Syndrome sous-lésionnel : syndrome pyramidal spastique progressif avec troubles sensitifs subjectifs (signe de Lhermitte)
- Syndrome lésionnel : aréflexie, amyotrophie sur un/deux MS, signes sensitifs
Quelles sont les principales causes intradurales extramédullaires de compression médullaire non traumatique ?
- Méningiomes (localisation thoracique ++)
- Neurinomes (notamment dans le cadre d’une NF1)
- Arachnoïdites (post-méningite, maladie inflammatoire notamment sarcoïdose)
Quelles sont les principales causes intramédullaires de compression médullaire non traumatique ?
- Tumeurs ++ : épendymome, astrocytome, autres (glioblastome, métastase intramédullaire, hémangioblastome)
- Malformations vasculaires : cavernome, angiome, FAV durale périmédullaire
- Syringomyélie : cavité intramédullaire +/- malformation d’Arnold-Chiari ou aspect d’arachnoïdite séquellaire d’infection ou d’hémorragie méningée, ou post-traumatique
Quels sont les principaux diagnostics différentiels possibles d’une compression médullaire non traumatique ?
- Polyradiculonévrite aiguë (installation subaiguë, paraparésie/paralysie flasque, aréflexie OT, troubles sensitifs, absence de troubles sphinctériens)
- Myélite inflammatoire : SEP (paraparésie spastique progressive, autres signes de souffrance médullaire -> IRM médullaire + encéphalique + PL)
- Myélite infectieuse
- Ischémie médullaire
- SLA (absence de signes sensitifs et sphinctériens, fasciculations, amyotrophie)
- Sclérose combinée de la moelle au cours de la maladie de Biermer (glossite, macrocytose, déficit en vitamine B12)
- Autres causes de claudication des MI : AOMI, claudication radiculaire
- Atteinte bilatérale des lobules paracentraux du cerveau par un méningiome de la faux du cerveau -> paraparésie d’origine encéphalique (à rechercher en cas d’examens médullaires normaux)
- Trouble somatoforme (diagnostic d’élimination)
Quelles sont les caractéristiques cliniques permettant le diagnostic du syndrome de la queue de cheval ?
Atteinte pluriradiculaire lombosacrée avec :
- Troubles sensitifs : douleurs fréquentes à type de radiculalgie/douleurs pluriradiculaires d’un/deux MI, douleurs sacrées périnéales et génitales, ++ lors d’efforts à glotte fermée, paresthésies/anesthésies MI de topographie radiculaire, anesthésie en selle (périnée, OGE, anus)
- Troubles moteurs : topographie mono/pluriradiculaire uni/bilatérale, le plus souvent asymétriques, atteinte de la marche sur les pointes (S1)/talons (L5) ou impossibilité d’étendre la jambe sur la cuisse (L3-L4) ou de fléchir la cuisse sur le bassin (L1-L2), jusqu’à paraplégie flasque avec amyotrophie
- Abolition d’un/plusieurs ROT aux MI, abolition des réflexes périnéaux, anaux, bulbocaverneux, clitorido-anaux
- Troubles génitosphinctériens (précoces) : retard à la miction/nécessité de pousser, miction impérieuses voire incontinence, insensibilité du passage urinaire, constipation > incontinence fécale, impuissance/anesthésie vaginale
Quelles sont les principales étiologies possibles du syndrome de la queue de cheval ?
- Hernies discales (début brutal douloureux, déclenché par un effort, faisant suite à des épisodes de lombosciatalgies, +/- lésions arthrosiques associées)
- Ependymomes du filum terminal (évolution plus lente, possibles hémorragies méningées brutales avec violente douleur lombaire)
- Neurinomes, méningiomes, métastases, processus infectieux (plus rares)
- Syndrome du canal lombaire étroit (congénital ou acquis, hernies discales étagées/arthrose, claudication radiculaire intermittente douloureuse, progressive à l’effort, cédant à l’arrêt de celui-ci, paresthésies, troubles sphinctériens jusqu’à syndrome de la queue de cheval)
Quel est le principal diagnostic différentiel du syndrome de la queue de cheval ? Quelles sont ses caractéristiques cliniques ?
Atteinte du cône terminal de la moelle : sémiologie proche + signe de Babinski, abolition des réflexes abdominaux inférieurs, troubles sensitifs remontant jusque D12-L1, ROT non abolis