Évaluation des dysarthries Flashcards
Nommer les facteurs influençant l’évaluation
- Le but de l’intervention (définir le profil du client, orienter l’intervention, mode de communication)
- Le milieu de pratique
- La nature du problème
Comment doit-être la démarche d’évaluation ?
- Constante / systématique (avoir le schéma d’évaluation en tête)
- Dynamique (demeurer flexible et s’ajuster en fonction de la réponse du client) : investiguer davantage une observation, poser des hypothèses, faire des essais de traitement.
Nommer les grands enjeux de la démarche d’évaluation
Situer le problème de la personne dans le contexte global de l’évaluation (habitudes de vie, autres suivis, difficultés / forces…)
Comprendre les atteintes physiologiques (fonctionnelles) qui engendre les symptômes de parole.
Identifier les limites / capacités de l’activité de parole
Identifier les restrictions à la participation sociale et les facteurs contextuels qui y contribuent (milieux bruyants, sujet émotif, parler à des inconnus…).
Nommer les deux modèles de production de handicap
- Processus de production du handicap
(PPH) - Classification internationale du fonctionnement (CIF)
Résumé des deux modèles de production de handicap
Le PPH met davantage l’accent sur l’interaction entre l’individu et son environnement, tandis que la CIF adopte une approche plus large et standardisée, utilisée à l’échelle internationale.
Nommer les grandes étapes de l’évaluation
- Histoire de cas
- Évaluation physique (MOP)
- Évaluation de la parole
- Évaluation perceptuelle
- Évaluation instrumentale / approfondie
- Évaluation complémentaire s’il y a lieu - Évaluation du handicap
- DDX, conclusion ortho et recommandations
Décrire ce que contient l’histoire de cas
Informations tirées du dossier médical + de l’entrevue avec le client et ses proches.
Données de base : âge, scolarité, historique linguistique, histoire sociale, passé orthophonique, occupation du passée et actuelle.
Début et trajectoire : premiers symptômes (date et présentation), évolution des symptômes.
Problèmes associés : dysphagie, autre diagnostic médical, problèmes cognitifs / langagier / auditif / visuel, troubles de l’humeur, changement imprévu associé…
Perception et conscience du problème
Conséquences des atteintes
Stratégies et moyens utilisées
Connaissance du diagnostic et du pronostic
Décrire ce que contient l”examen physique
- Observations générales
- Examen du MOP
- Examen des réflexes
Quels sont les observations générales à faire lors de l’examen physique ?
Posture au repos :
- Impact significatif sur plusieurs aspects de la parole
Posture en mouvement :
- Permet parfois de statuer sur la physiopathologie
Quels sont les éléments à évaluer pendant l’examen du MOP ?
Structures :
- Faciès, lèvres, mandibule, langue, voile, dentition
Aspects :
- Symétrie, force, amplitude, tonus, endurance, vitesse, précision
Activités :
- Repos, position soutenue, mouvements, réflexes
Praxies orofaciales
Pourquoi évaluer les réflexes dans l’examen physique ?
- Absence de réflexe normal ou présence de réflexe primitif (on ne devrait pas voir systématiquement ces réflexes)
- Reflète possiblement une altération du système nerveux central ou du système nerveux périphérique.
Quels sont les réflexes à venir documenter (si besoin) ?
- Réflexe de morsure
- Réflexe massétérin
- Réflexe de succion
- Réflexe palmomental
- Réfexe nauséeux
Quels réflexes sont primitifs ?
- Réflexe de morsure
- Réflexe massétérin
- Réflexe de succion
- Réflexe palmomental
Qu’est-ce que l’évaluation perceptuelle ?
- Permet d’identifier un problème et de générer des hypothèses cliniques en fonction des observations.
- Basé sur l’analyse de chaque composante : respiration, phonation, articulation, résonance prosodie / débit
- Basé aussi sur l’intelligibilité et le caractère naturel.
- Plus subjectif
Qu’est-ce que l’évaluation instrumentale / approfondie ?
- Vise à évaluer de façon plus spécifique et objective une difficulté identifier en évaluation perceptuelle : pour tester les hypothèses cliniques.
- Plus quantifiable
Qu’est-ce que l’évaluation complémentaire ?
Vise à approfondir davantage les évaluations perceptuelle et approfondie (donc peu fréquente). Requiert des outils particuliers ou du personnel spécifique :
- Plus fréquente dans certains milieux comme les hôpitaux en soins aigus
- Souvent plus invasif
Nommer les composantes de la parole à évaluer
- Respiration
- Phonation
- Articulation
- Résonance
- Prosodie / débit
Vrai ou faux : La réduction du support respiratoire n’engendre pas nécessairement des difficultés de parole.
Vrai
Vrai ou faux : La respiration n’affecte pas la phonation.
Faux, un support respiratoire insuffisant affecte particulièrement la phonation
Évaluation perceptuelle de la respiration
Intensité vocale :
- Associée aussi à la phonation
Patrons respiratoires :
- Timing inspiratoire vs expiratoire
- Thoracique vs abdominal vs costal : La majorité de la respiration devrait se faire de manière diaphragmatique (abdominale)
Fatigabilité
Tâches :
- Changement volontaire de patrons
- Tenus vocaliques, tenues du /s/
- Comptage (voir le nb de fois respirer pendant)
Évaluation approfondie de la respiration
Spiromètre (calcul du volume expiratoire)
Manomètre (calcul de la pression d’air)
Nombre de mots / expiration
Nombre total d’inspiration en lecture de texte ou en spontané
Évaluation complémentaire de la respiration
Évaluation des mouvements
Évaluation des pressions et des volumes
Quelle est la composante de la parole sur laquelle les patient se plaigne le plus ?
La phonation
Vrai ou faux : La phonation n’affecte pas la prosodie et le débit.
Faux
Qu’est-ce qui a le plus d’impact sur le caractère naturel de la parole ?
La phonation
Évaluation perceptuelle de la phonation
Paramètres évalués :
- Tonalité, intensité, qualité, stabilité, contrôle…
Différentes tâches :
- Tenues vocaliques
- Glissements vocaliques
- Voix d’appel / cri / chuchotement
Évaluation approfondie de la phonation
F0 moyenne, maximale, minimale, flexibilité
Intensité vocale (moyenne, maximale)
Qualité (jitter, shimmer, HNR, CPPS)
** Jitter : mesure de fluctuation dans la hauteur de la voix
** Shimmer : mesure de fluctuation dans l’intensité de la voix
Stabilité : Ratio S/Z
Évaluation complémentaire de la phonation
Évaluation en ORL : laryngoscopie, nasoendoscopie
- Permet une observation directe des cordes vocales et de leurs mouvements
- Présence sous nom de paralysie
- Présence ou non d’anomalie structurelle
Quel est le symptôme le plus fréquent de toutes les dysarthries?
Imprécision consonantique et vocalique (influencé par la coordination des autres systèmes aussi)
Phénomène statique vs phénomène dynamique (articulation)
Phénomène statique : Cible articulatoire
Phénomène dynamique : Mouvement articulatoire
Évaluation perceptuelle de l’articulation
Éléments à évaluer :
- Précision, constance, enchaînement
- Segments et traits phonétiques touchés
- Transformations phonétiques
Tâches :
- Lecture à voix haute d’items phonétiquement contrôlés (non-mots, mots, phrases, textes, monologues) (influence top-down)
- Diadococinésies (DDK) répétées et alternées
* Répétition rapide, précise et stable de syllabes
* Permet d’obtenir des informations concernant la vitesse, la régularité et la coordination des mouvements.
Que faut-il prendre en compte avec les diadococinésies ?
Certains auteurs nuancent les résultats des DDK car peu représentatif de la parole naturelle
Évaluation approfondie de l’articulation
Analyses acoustiques :
- Voyelles : cibles formantiques F1 et F2 (contrastes et dispersion), durée vocalique
- Glides : vitesse de transition, amplitude de changement, pente de transition F2
- Consonnes : moments spectraux (fricatives), VOT (occlusives)
Vrai ou faux : L’hypernasalité est très rare.
Faux, l’hypernasalité est présente dans plusieurs types de dysarthries :
- Impact ++ sur l’intelligibilité
- Impact sur les autres systèmes
Vrai ou faux : L’hyponasalité est moins fréquente que l’hypernasalité.
Vrai, l’hyponasalité moins fréquentes
- Impact un peu moins grand sur l’intelligibilité que l’hypernasalité
Évaluation de perceptuelle de la résonance
Générale (normale, hypernasale, hyponasale), constance, sévérité, manifestations audibles (émissions nasales, ronflements), contexte d’apparition (initial / final de syntagme, mot, énoncé, contexte nasale et oral en coarticulation)
Tâches :
- Opposition voyelles orales / nasales isolées
- En multiples contextes
- Paires minimales
Évaluation approfondie de la résonance
Tube auditif : pas très standard mais permet une systématisation des observations
Changement de posture : couché sur le dos (gravité)
Temps maximal de phonation /a/ avec et sans les narines pincées (ratio)
Analyses acoustiques
Évaluation complémentaire de la résonance
Mesures aérodynamiques
Techniques radiographiques : rarement utilisées en parole, mais très utilisées en dysphagie
Nasoendoscopie : observation directe du MVP
De quoi est responsable la prosodie ?
Transmission d’informations linguistiques, émotives, affectives…
Quels aspects on observe quand on évalue la prosodie ?
- Débit
- rythme
- Accentuation
- Intonation
Comment on caractérise le débit, le rythme, l’accentuation et l’intonation ?
- Débit : débit optimal pour se faire comprendre
- rythme : régulier, saccadé, pauses inadéquates…
- Accentuation : augmentation de F0, augmentation de l’intensité, pauses…
- Intonation : variation de tonalité, hauteur
À quoi réfère l’évaluation du caractère naturel de la parole ?
Réfère généralement à l’appréciation globale de la conformité entre la prosodie et le contenu linguistique et affectif.
Jugement négatif souvent associé à :
- La monotonie
- Les pauses inappropriées
- Les fluctuations prosodiques inhabituelles
Que permettent les échelles des situations de handicap ?
- Préciser les contextes problématiques (par exemple du bruit, le téléphone, le restaurant…)
- Identifier les facteurs d’influence (par exemple la fatigue, les inconnus, les contenus plus difficiles)
- Cibler les besoins et les objectifs d’intervention
Points négatifs des échelles de handicap
- Pas toujours complète (dépend des habitudes de vie)
- Décalage entre l’inintelligibilité et l’insatisfaction
- Difficile à compléter pour certains clients
Nommer quelques outils d’évaluation
- Lecture à voix haute + analyse perceptuelle Darley, Aronson et Brown (1969)
Adapté en français - Dysarthria profile de Robertson (1987)
Adapté en français - Frenchay dysarthria assessment Enderby & Palmer (1983)
- Batterie d’évaluation clinique de la dysarthrie (BECD)
(Voir les notes de cours)
Nommer les diagnostic différentiels les plus fréquents
- Entre les types de dysarthries
- Entre plusieurs diagnostics neuro
- Entre les différents portraits cliniques (aphasie, CLD)
Pourquoi c’est important de faire un bon diagnostic différentiel ?
permet d’orienter l’intervention et la prise en charge
Dysarthrie vs aphasie
Dysarthrie :
- Trouble de la parole
- Lésion SNC et/ou SNP
- Compréhension orale et écrite OK
- Pas d’anomie
- Phonation et articulation atteinte
Aphasie :
- Trouble linguistique
- Lésions SNC
- Compréhension orale / écrite souvent atteintes
- Anomie fréquente
- Phonation et articulation OK
Dysarthrie vs Cérébrolésé droit
Dysarthrie :
- Prosodie réceptive OK
- Traitement linguistique OK
- Bonne habiletés pragmatiques
- Respiration / phonation / résonance généralement touchées
Cérébrolésé droit :
- Prosodie réceptive souvent touchée
- Traitement linguistique touchée
- habiletés pragmatique touchée
- Autres composantes de la parole OK
Que doit contenir le rapport d’évaluation ?
- Histoire de cas
- Résultats de l’évaluation physique incluant le MOP
- Résultats de l’évaluation de la parole
- Restriction à la participation sociale (situations de handicap)
- Conclusion orthophonique
- Références
Quels sont les facteurs déterminants qui sous-tendent les décisions cliniques vis-à-vis des recommandations ?
- Condition actuelle
- Évolution prévue / pronostic
- Handicap vécu
- Stimulabilité
- Pratique basée sur les évidences