Angine et rhinopharyngite Flashcards
Rhinopharyngite de l’enfant : généralités ?
= adénoïdite = 1ère pathologie infectieuse de l’enfant : principalement d’origine virale, bénigne
- Maladie d’adaptation au monde microbien : fréquente (4-5 rhinopharyngites/an) vers 6-7 ans
- Virus : rhinovirus, coronavirus, virus respiratoire syncytial, influenzae, parainfluenzae, adénovirus, entérovirus…
- Bactérie retrouvée dans les sécrétions rhinopharyngées (pneumocoque, Haemophilus influenzae, Moraxella catarrhalis, staphylocoque) : flore commensale du rhinopharynx de l’enfant => risque de surinfection
Manifestations cliniques de la rhinopharyngite ?
- Rhinorrhée antérieure : séromuqueuse (visqueuse, claire), purulente (colorée ± épaisse) ou muco-purulente (visqueuse, colorée) => le caractère puriforme ne présume pas d’une origine bactérienne ou d’une surinfection
- Fièvre : 38,5-39°, parfois plus élevée (40°), surtout matinale, avec agitation, parfois vomissements, diarrhée
- Obstruction nasale (pouvant entraîner des troubles graves de l’alimentation chez le nourrisson), éternuements
- Obstruction de la trompe d’eustache, tympans congestifs, oropharynx inflammatoire
- ADP cervicales bilatérales douloureuses
Evolution d’une rhinopharyngite ?
- Evolution favorable en 7 à 10 jours : fièvre durant 3-4 jours et rhinorrhée et toux persistant 7-10 jours
Signe évocateur de complication bactérienne :
- Fièvre persistante > 3 jours ou réapparaissant secondairement
- Persistance des autres symptômes pendant > 10 jours
- Changement de comportement : anorexie, irritabilité, réveils nocturnes, somnolence
- Apparition de symptômes : otalgie, otorrhée, conjonctivite purulente, œdème palpébral, troubles digestives (vomissements, diarrhée), apparition/persistance d’une gêne respiratoire
Traitement d’une rhinopharyngite ?
- TTT symptomatique : gouttes nasales, antipyrétiques, antalgiques
=> Non recommandés : vasoconstricteurs nasaux/généraux (avant 15 ans), AINS, corticoïdes - Antibiothérapie : non justifiée pour la prévention des complications, même en présence de facteurs de risque
Complications d’une rhinopharyngite ?
FdR :
- Immunodépression : constitutionnelle, post-varicelle, VIH, corticoïdes, traitement immuno-suppresseur
- Age (6 mois à 4 ans), terrain (comorbidité), atcds d’OMA récidivante, vie en collectivité (crèche)
=> Une infection respiratoire basse (bronchite, bronchiolite, pneumopathie) n’est pas considérée comme surinfection ou complication d’une rhinopharyngite : la rhinopharyngite est un prodrome ou un signe d’accompagnement
- Surinfection bactérienne
- OMA : généralement précoce, le plus souvent chez l’enfant de 6 mois à 2 ans
- Sinusite : ethmoïdite aiguë dès le plus jeune âge, sinusite maxillaire après 3 ans
- Ganglionnaire : adéno-phlegmon cervical, abcès rétro-pharyngien, torticolis - Autre
- Laryngée : laryngite aiguë sous-glottique, laryngite striduleuse
- Digestive : diarrhée, vomissement, déshydratation du nourrisson
- Complication liée à la fièvre : convulsions fébriles, hyperthermie maligne
Diagnostic différentiel d’une rhinopharyngite ?
- Imperforation choanale bilatérale du nouveau-né : obstruction nasale totale, avec asphyxie, impossibilité d’alimentation, fausses routes => mise en place d’une canule de Mayo en urgence et traitement chirurgical précoce
- Imperforation choanale unilatérale : obstruction nasale et une rhinorrhée muqueuse chronique, unilatérale
- Fibrome naso-pharyngien = tumeur bénigne, rare, très vascularisée : obstruction nasale progressive, rhinorrhée et épistaxis à répétition, de plus en plus abondants, chez un adolescent
- Tumeur maligne (non exceptionnel) : cancer du rhinopharynx
Causes de rhinopharyngite à répétition ?
- hypertrophie des végétations adénoïdes
- Facteurs climatiques : printemps, automne
- MdV : crèche, école, milieu familial infectant, tabagisme passif
- Facteurs épidémiques : grippe…
- Fièvre éruptive dans l’enfance : rougeole, varicelle, scarlatine
=> Guérison spontanée vers 6-7 ans, généralement sans séquelles
Manifestations cliniques d’une hypertrophie des végétations adénoïdes ?
- Rhinopharyngites à répétition
- Obstruction nasale permanente : respiration buccale, ronflement nocturne avec sommeil agité, voix nasonnée (rhinolalie fermée)
- Faciès « adénoïdien » : bouche ouverte avec béance incisive, aspect hébété du visage, face allongée et étroite, voûte palatine ogivale
- Thorax globuleux en carène : dans les formes précoces et majeures
- Enfant pâle, hypotrophique, quelquefois joufflu et apathique
- Poly-adénopathie cervicale bilatérale : ganglions petits (< 1,5 cm), fermes, indolores
- Examen buccal : apparition de la partie inférieure de végétations volumineuses lors d’un réflexe nauséeux, voire bombement antérieur du voile du palais
Traitement d’une hypertrophie des végétations adénoïdes ?
- Evolution : développement maximal entre 4 et 7 ans, involution spontanée à la puberté
- Adénoïdectomie par curetage du cavum : si troubles respiratoires obstructifs ou poussées infectieuses fréquentes et compliquées d’otite, laryngite ou trachéobronchite => non complète, repousse possible
=> CI : insuffisance vélaire ou voile court (risque de rhinolalie), trouble de l’hémostase
Angine : généralités ?
= Amygdalite aiguë : inflammation aiguë des amygdales (tonsilles) palatines, voire du pharynx
- Volontiers chez l’enfant et l’adolescent, rare avant 18 mois et chez l’adulte
- Infection généralement d’origine virale (60-90%) : adénovirus, influenzae, VRS, parainfluenzae, coronavirus…
- Infection bactérienne : streptocoque β-hémolytique du groupe A (20%, surtout après 3 ans, avec un pic de 5 à 15 ans => risque de complication potentiellement grave : rhumatisme articulaire aigu, glomérulonéphrite aiguë, complications septiques locales ou générales), ou exceptionnellement autre (Corynebacterium diphteriae, Neisseria gonorrhoeae, anaérobie)
- Haemophilus influenzae et para-influenzae, Branhamella catarrhalis, pneumocoque, staphylocoque, anaérobies divers à la culture : commensaux, possiblement retrouvés au prélèvement de gorge, non responsables d’angine => pas de traitement
Manifestations cliniques d’une angine ?
- Fièvre, douleur pharyngée uni ou bilatérale, odynophagie
- Autres : douleurs abdominales, éruption, rhinorrhée, toux, enrouement, gêne respiratoire, otalgie
- Examen buccal : inflammation de l’oropharynx
=> L’aspect de l’angine n’est pas prédictif d’une angine à streptocoque A, sauf en cas d’angine vésiculeuse (TOUJOURS VIRALE)
Signes évocateurs d’une angine virale ?
- < 3 ans ou adulte
- Début progressif
- Dysphagie modérée/absente
- Toux, corysa (jetage nasal), enrouement, diarrhée
- Angine vésiculeuse
- Eruption virale
- Conjonctivite
Signes évocateurs d’une angine à strepto A ?
- Age : 5 à 15 ans
- Hiver/début de printemps
- Début brusque
- Odynophagie intense
- Sans toux
- Fièvre élevée
- Erythème pharyngé intense
- Purpura du voile
- Exsudat
- ADP sensibles
- Eruption scarlatiniforme
Score de Mac Isaac ?
= VPN > 95% chez l’ADULTE pour un origine streptococcique : indication de TDR si ≥ 2
- Fièvre > 38°
- ≥ 1 ADP cervicale sensible
- Age : - 1 point si ≥ 45 ans
- Présence d’exsudat
- Absence de toux
Examens complémentaires en cas d’angine ?
- Test de diagnostic rapide
= Mise en évidence des Ag de paroi (polysaccharide C) de streptocoque A
- Simple de réalisation, gratuit, rapide (5 minutes), spécificité > 95% et sensibilité > 90%
- Indiqué : chez l’enfant > 3 ans, ou chez l’adulte (non indispensable si score de Mac Isaac = 0 ou 1)
- Test positif : indication d’antibiothérapie
Test négatif :
- Sujet sans FdR de RAA => aucune indication d’antibiothérapie
- FdR de RAA : atcd personnel de RAA ou âge de 5 à 25 ans avec atcds multiples d’angines à strepto A ou séjour en région d’endémie (Afrique, DOM-TOM) => culture - Culture
= gélose de sang, sans inhibiteur, incubation en 24-48h
Angine érythémateuse ?
= la plus fréquente :
- Généralement d’origine virale, pouvant parfois inaugurer ou accompagner une maladie infectieuse (oreillon, grippe, rougeole, varicelle, poliomyélite…)
- amygdales et pharynx congestifs
- Peut constituer le 1er signe d’une scarlatine : fièvre à 40°, vomissement, aspect rouge vif du pharynx, des 2 amygdales et des bords de la langue, sans catarrhe rhinopharyngé => rechercher un début de rash scarlatineux (aux plis de flexion) et pratiquer un TDR
Angine érythémato-pultacée ?
= amygdales congestives avec présence d’un exsudat pultacé : gris jaunâtre, punctiforme ou en trainées, mince et friable, facilement dissocié, ne débordant pas la surface amygdalienne
- Germe : origine virale (dont mononucléose infectieuse), streptocoque A ou hémolytique non A, staphylocoque, pneumocoque, tularémie, toxoplasmose
Angine pseudo-membraneuse ?
= Fausse membrane : nacrées, extensives, pouvant déborder la région amygdalienne, voile et piliers
- Cause : MNI, diphtérie, staphylocoque, streptocoque, pneumocoque, CMV, VIH
Angine pseudo-membraneuse lors d’une mononucléose infectieuse ?
- Angine prolongée, avec fausses membranes facilement décollables, en regard des amygdales, respectant la luette
- ADP diffuses, splénomégalie, asthénie marquée, purpura du voile
- Contexte : adolescent, adulte jeune, incubation de 4-6 semaines
- Diagnostic : NFS (syndrome mononucléosique), cytolyse hépatique, MNI-test en 1ère intention, sérologie si MNI-test négatif
- Evolution généralement bénigne, avec possible asthénie persistante
Angine pseudo-membraneuse lors de la diphtérie ?
= Corynebacterium diphteriae = bacille de Loeffler : BGP
- Angine rapidement extensive, fausses membranes adhérentes et non dissociables, débordant les amygdales et envahissant la luette
- Malaise, fièvre modérée, pâleur et asthénie inhabituelle, coryza unilatéral
- Contexte : voyage en Europe de l’Est ou dans un pays en développement, sans immunité vaccinale ou immunodéprimé, incubation courte < 7 jours
- Prélèvement de gorge et/ou de fausse membrane avec PCR (gène toxine)
- Complication : Croup (laryngite) avec risque de détresse respiratoire, toxinique (myocardite, atteinte neurologique périphérique)
Traitement de l’angine pseudo-membraneuse lors de la diphtérie ?
- Déclaration obligatoire et prophylaxie des cas contacts proches
- Sérothérapie anti-toxinique puis vaccin (maladie non immunisante)
- Associé : antibiothérapie par amoxicilline, isolement « gouttelette » pendant 1 mois
- Eviction jusqu’à 2 prélèvements négatifs à 24h d’intervalle
Angine ulcéro-nécrotique ?
= Ulcération, généralement unilatérale, profonde, recouverte d’un enduit nécrotique
=> Evoquer systématiquement : agranulocytose, hémopathie maligne et cancer ORL
- angine de Vincent
- chancre syphilitique
L’angine de Vincent ?
= angine ulcéro-nécrotique
- Début insidieux chez l’adolescent/jeune adulte, tabagique, avec AEG
- Signes discrets : état subfébriles, discrète dysphagie unilatérale, fétidité de l’haleine
- Examen : enduit pultacé blanc-grisâtre, friable, recouvrant une ulcération atone, à bords irréguliers et surélevés, non indurée au toucher, ADP minimes
- Prélèvement de gorge : association fuso-spirillaire
- Point de départ bucco-dentaire fréquent : gingivite, carie, péri-coronarite
- TTT : amoxicilline, cs odonto avec panoramique =>
évolution bénigne en 8-10 jours
Chancre syphilitique pharyngé ?
- Ulcération unilatérale, sur une induration « en carte de visite », avec ADP satellite
- Prélèvement de gorge avec examen à l’ultramicroscope : Treponema pallidum
- Sérologie syphilitique (initiale et à J15) : VDRL+ à J15, TPHA+ à J10, FTA+ à J7
Angine vésiculeuse ?
= Exulcération du revêtement épithélial, succédant à une éruption vésiculeuse fugace => toujours virale : entérovirus, coxsackie (herpangine), gingivostomatite herpétique
Angine herpétique ?
- Début brutal par une fièvre à 39-40° avec frissons et dysphagie douloureuse intense
- Dans les 1ère heures : amygdales rouges vif, avec bouquets de petites vésicules hyalines, puis tâches blanches d’exsudait entourés d’une auréole rouge, confluant parfois en une fausse membrane à contour polycyclique
- Herpès narinaire ou labial fréquemment associé
- Evolution bénigne en 4-5 jours, sans complication ni séquelle : TTT symptomatique
Herpangine ?
= Virus coxsackie du groupe A : chez le jeune enfant, bénigne
Angine gangréneuse ou nécrosante ?
= Infection à germes anaérobies : exceptionnelle
- Survenant sur un terrain fragile : diabète, insuffisance rénale, hémopathie
Traitement d’une angine non à strepto A ?
- Antalgique, antipyrétique
- Corticoïdes dans les formes sévères de mononucléose infectieuse à EBV
=> Seules les angines diphtériques, gonococciques ou les angines nécrotiques (angine de Vincent, angine de Ludwig) justifient une traitement antibiotique adapté
Traitement d’une angine à strepto A ?
=> Accélère la disparition des symptômes et diminue la dissémination (contagiosité 24h VS 4 jours), chute le risque de suppuration locale et de complications post-streptococciques non suppuratives
- Indication : TDR positif ou culture positive après TDR négatif si FdR de RAA
En 1ère intention : Amoxicilline PO : 50 mg/kg/j chez l’enfant ou 2 g/j chez l’adulte pendant 6 jours
En cas d’allergie aux pénicillines
- Enfant : céfpodoxime pendant 5 jours
- Adulte : C2G orale = céfuroxime-axétil pendant 4 jours
ou C3G orale = céfpodoxime ou céfotiam pendant 5 jours
En cas d’allergie aux β-lactamines
- Azithromycine pendant 3 jours
- Clarythromycine ou josamycine pendant 5 jours
=> Avec culture pour antibiogramme si taux local de résistance > 10%
Diagnostic différentiel d’une angine ?
- Cancer de l’amygdale : ø signe infectieux, âge, unilatéral, induration profonde, saignement au toucher, ADP maligne
- Zona pharyngien (nerf IX) : rare, éruption vésiculeuse unilatérale du voile, 1/3 supérieur des piliers et palais osseux
- Aphtose : ulcération en coup d’ongle ou en pointe d’épingle, à fond jaunâtre, douloureuse
- Eruptions bulleuses (rare) : pemphigus, maladie de Duhring-Broq…
- Infarctus du myocarde : douleur amygdalienne unilatérale, examen de gorge normal
Signes d’alerte d’une complication locale d’une angine ?
- AEG
- sepsis sévère
- unilatéralisation des symptômes
- trismus, torticolis
- tuméfaction latéro-cervicale
- inflammation cutanée
- dyspnée
Phlegmon péri-amygdalien : généralités ?
= Cellulite suppurée développée entre la capsule de l’amygdale et la paroi pharyngée
- fait suite à une angine à streptocoque ou à germe anaérobie
- inaugurale dans 10% des cas
Manifestations cliniques d’un phlegmon péri-amygdalien ?
- Fièvre, douleur pharyngée à prédominance unilatérale, otalgie réflexe, odynophagie
- Trismus, voix pharyngée (de « patate chaude »), hypersalivation
- ADP cervicales satellites quasi-systématiques
- Elargissement important du pilier antérieur du côté atteint
- Luette : oedématiée, en « battant de cloche », déviée du côté opposé
=> Phlegmon antérieur : bombement prédominant au pôle supérieur du pilier antérieur
=> Phlegmon postérieur (plus rare) : bourrelet vertical, blanchâtre, oedématié du pilier postérieur, habituellement sans trismus
Examens complémentaires en cas de phlegmon péri-amygdalien ?
- Ponction à l’aiguille fine ou drainage évacuateur de la collection suppurée : bactériologie
- TDM cervico-facial injecté seulement si ponction non contributive (ne ramenant pas de pus)
Traitement d’un phlegmon péri-amygdalien ?
=> En ambulatoire : possible chez l’adulte, seulement si alimentation orale possible et si la ponction à l’aiguille fine ou le drainage évacuateur a permis de ramener du pus
=> Hospitalisation : systématique chez l’enfant ou si échec/CI à la PEC ambulatoire chez l’adulte
- Augmentin® pendant 10 jours : par voie orale ou IV avec relai oral
- Allergie à la pénicilline : - C3G + métronidazole ou clindamycine IV avec relai oral par clindamycine ou pristinamycine
- Dose unique de corticoïdes : soulagement de la douleur et du trismus
- Antalgique/antipyrétique
- Prévention de la déshydratation par perfusion si voie orale impossible
- Amygdalectomie = Indiquée en cas de forme récidivante
Infection rétro-pharyngée et rétro-stylienne ?
= Adénite, s’observant le plus souvent chez l’enfant (régression des ganglions rétro-pharyngés et rétro-styliens vers 7 ans), dans les suites d’une rhinopharyngite ou d’une angine
- Signe de rhinopharyngite (fièvre, rhinorrhée, odynophagie, toux) chez un enfant < 7 ans
- Apparition : torticolis, dyspnée, hypersialorrhée, tuméfaction latéro-cervicale haute mal limitée
- Examen : tuméfaction médiane ou latérale rétro-amygdalienne de la paroi pharyngée
=> PEC urgente :
- TDM cervico-facial + thoracique haut injectée
- Hospitalisation en centre spécialisé pour prise en charge chirurgicale adaptée
Infection pré-stylienne ?
= La plus fréquente chez l’adulte et l’adolescent, d’origine dentaire ou amygdalienne
- Contexte d’angine ou de phlegmon péri-amygdalien chez un adulte
- Trismus, sialorrhée, tuméfaction latéro-cervicale haute parotidienne et sous-mandibulaire
=> Rechercher une comorbidité associée chez l’adulte : diabète, cancer surinfecté
=> PEC urgente :
- TDM cervico-facial + thoracique haut injectée
- Hospitalisation en centre spécialisé pour prise en charge chirurgicale adaptée
Cellulite cervicale extensive ?
= Infections des espaces celluleux, zones tissulaires graisseuses séparent les fascias
- Diffusion rapide de l’infection aux régions parotidiennes, sous-mandibulaire, rétro-stylienne puis rétro-pharyngée et médiastinale
- Stade : pré-suppuratif (inflammation intense) puis suppuratif (abcès)
=> PEC urgente :
- TDM cervico-facial + thoracique haut injectée
- Hospitalisation en centre spécialisé pour prise en charge chirurgicale adaptée
Adénite cervicale suppurative ?
= Adéno-phlegmon latéro-cervical : suppuration d’un ganglion lymphatique jugulo-carotidien
- Apparition : torticolis douloureux, empâtement cervical profond, syndrome fébrile
- Forme non compliquée (majorité des cas)
=> Prise en charge en ambulatoire, sans bilan complémentaire
- Antalgique/antipyrétique
- Antibiothérapie orale : Augmentin® pendant 10-14 jours
- En cas d’allergie : métronidazole + pristinamycine (> 6 ans) ou macrolide (< 6 ans)
- Réévaluation à 48-72h, généralement évolution favorable en 2-3 jours - En l’absence d’amélioration à 48-72h
=> Hospitalisation et recherche d’une collection
- Clinique : érythème cutané (fait craindre une fistulisation), masse fluctuante
- Bilan : échographie ou TDM cervical injecté + ponction aspirative
Syndrome de Lemierre ?
= Complication septicémique, principalement d’une angine de Vincent (BGN anaérobie, saprophyte) ou de toute infection ORL ou odontologique chez un patient immunocompétent : rare, grave
- Thrombophlébite septique d’une veine jugulaire interne ou d’une autre veine céphalique
- Emboles septiques : pulmonaires, voire ostéo-articulaires, hépatiques ou rénaux
Complication d’une angine strepto A : la glomérulonéphrite ?
= Oedémateuse ou hématurique, survenant 10 à 20 jours après une angine à streptocoque A
- Evolution : généralement favorable chez l’enfant, risque d’insuffisance rénale, surtout chez l’adulte
Complication d’une angine strepto A : clinique du RAA ?
= 15 à 20 jours après une angine à strepto A : de façon brutale (polyarthrite) ou insidieuse (cardite)
- Articulaire
- Polyarthrite mobile, migratrice, asymétrique des grosses articulations
- Forme plus discrète : arthralgie, mono-arthrite
- Dure environ 1 mois, disparaît sans séquelle - Cardiaque
= Plus fréquent chez le sujet jeune : élément pronostique essentiel
- Endocardite : Insuffisance mitrale (plus souvent) et/ou aortique, rétrécissement aortique et/ou mitral plus tardif
- Myocardite : insuffisance cardiaque, trouble du rythme, repolarisation et conduction
- Péricardite (peu fréquente) : douleur précordiale, frottement péricardique, augmentation volume de la silhouette cardiaque, trouble de repolarisation - Cutanée
- Nodosités de Meynet (exceptionnelles) : sous-cutanées, fermes, indolores, de quelques mm à 2 cm, en regard des surfaces osseuses et des tendons, surtout des coudes, genoux, poignets, chevilles, persistant 1 à 2 semaines
- Erythème marginée : macules rosées, non prurigineuses, à la racine des membres et sur le tronc, fugace - Neuro
- Chorée de Sydenham : mouvements involontaires, désordonnés, anarchiques, diffus, bilatéraux, d’apparition tardive (après plusieurs poussées inflammatoires)
Examens complémentaires en cas de RAA ?
- Syndrome inflammatoire biologique
- Infection à streptocoque A : prélèvement de gorge pour culture, dosage des Ac anti-streptolysine O (ASLO) ou anti-désoxyribonucléase B (ASDOR)
Traitement d’un RAA ?
- Syndrome post-streptococcique majeur : repos au lit pendant 3 semaines, corticothérapie (limite les remaniements valvulaires) et benzathine-pénicilline (pénicilline V)
- Syndrome post-streptococcique mineur : salicylé et benzathine-pénicilline
- Antibioprophylaxie dès la fin du TTT curatif : benzathine-pénicilline IM toutes les 3-4 semaines (macrolide si allergie) pendant 5 ans (forme majeure) ou 1 an (forme mineure)
Amygdalite chronique de l’enfant ?
= 2ndr à une perturbation immunologique locale lors des 1ère années de vie, favorisée par les antibiotiques
- Angines à répétition, souvent blanches, prolongées, avec ADP importantes et asthénie durable
- Etat inflammatoire permanent des amygdales : dure, atrophique ou molle, avec issue à la pression d’un liquide louche/purulent, syndrome inflammatoire et ADP cervicales sous-angulo-maxillaires chroniques
- Evolution chronique : gêne au développement staturo-pondéral, retard scolaire par absentéisme, complication loco-régionale = naso-sinusienne, otite, trachéo-bronchique
- TTT : amygdalectomie
Amygdalite chronique de l’adulte ?
= Réaction fibro-cicatricielle importante des amygdales, chez un sujet volontiers anxieux ou avec un RGO
- Symptomatologie locale : dysphagie unilatérale intermittente avec otalgie, mauvaise haleine, crachats de fragments caséeux fétides, toux irritative, sans signes infectieux généraux
- A l’examen : amygdales petites, enchatonnées dans les piliers, sièges de cryptes emplies de caséeum, de
noyaux cicatriciels et de kystes jaunâtres
- TTT : gargarisme, pulvérisation superficielle au laser, radiofréquence, cryothérapie, amygdalectomie
Diagnostic différentiel d’une amygdalite chronique de l’adulte ?
- Pharyngite chronique (diabète, goutte, allergie, affection digestive, mycose, médication atropinique au long cours (anti-hypertenseur, tranquillisant…)
- Paresthésies pharyngées (manifestations phobiques chez un patient anxieux, névrotique)
- Cancer amygdalien en début d’évolution
Indications d’amygdalectomie ?
- Hypertrophie amygdalienne :
- Troubles respiratoires obstructifs (SAOS…)
- Trouble de la déglutition (dysphagie aux gros morceaux)
- Difficultés de phonation (voix oropharyngée)
- Trouble du développement oro-facial (amygdales rétrobasilinguales) - Infection :
- Angine récidivante > 3/an pendant 3 ans ou 5/an pendant 2 ans ou chronique > 3 mois
- Phlegmon péri-amygdalien récidivant ou abcès para-pharyngé (à chaud)
- Syndrome de Marshall (fièvre périodique)
- Syndrome post-streptococcique d’une angine à strepto A (hors glomérulonéphrite)
3.Tuméfaction amygdalienne unilatérale suspecte de malignité
CI relative et complications de l’amygdalectomie ?
- Trouble de la coagulation, fentes palatines ou divisions sous-muqueuses (risque d’insuffisance vélaire)
Complication :
- Hémorragie par chutes d’escarres : immédiate ou retardée, imposant une hospitalisation
- Dysphagie douloureuse : fréquente, avec risque de déshydratation