Types du discours Flashcards
Utilisation d discours direct
Lorsque l’on choisit de rapporter les propos de manière directe, on doit les citer fidèlement (c’est-à-dire : mot pour mot) en distinguant les phrases rapportées de ses propres phrases.
Caractéristiques du discours direct
- Un verbe de parole avant les propos rapportés (e.g. Un homme a déclaré : « J’ai vu le voleur ! »)
- Un verbe de parole dans une incise (e.g. « J’ai vu le voleur », a précisé un homme.)
- L’utilisation de la ponctuation (le deux-points, les guillemets
les tirets de dialogue) (e.g. Un homme a demandé : « - Avez-vous vu le voleur ? »)
Exemple du discours direct en littérature
Le discours direct est utilisé de manière très fréquente en littérature. C’est encore le meilleur moyen pour les scènes de dialogue !
Mais Roubaud éleva sa lanterne, donnant le signal. Le conducteur-chef siffla, et Jacques répondit, après avoir ouvert le régulateur et mis en avant le petit volant du changement de marche. On partait. Pendant une minute encore, le sous-chef suivit tranquillement du regard le train qui s’éloignait sous la tempête.
— Et attention ! dit Jacques à Pecqueux. Pas de farce, aujourd’hui !
Il avait bien remarqué que son compagnon semblait, lui aussi, tomber de lassitude : le résultat, sûrement, de quelque noce de la veille.
— Oh ! pas de danger, pas de danger ! bégaya le chauffeur.
La Bête humaine, Emile Zola, 1890
Utilisation du discours indirect
L’auteur d’un texte peut également choisir de rapporter les propos de manière indirecte. Il intègre alors les propos d’un autre énonciateur sans guillemets en les reformulant pour les intégrer à son propre récit.
Caractéristiques du discours indirect
- Un verbe de parole ou un autre verbe (penser, écrire) dans une phrase sans subordonnée [e.g., Une habitante s’est inquiétée des bruits durant la nuit. – Le discours rapporté arrive après « s’est inquiétée de » (verbe de parole qui introduit).]
- Un verbe de parole
ou un autre verbe (penser, écrire) dans une phrase enchâssante. [e.g. Un habitant a indiqué qu’il avait vu un homme derrière les arbres. – La phrase enchâssante est « Un habitant a indiqué qu’ ».] - Un verbe de parole
ou un autre verbe (penser, écrire) dans une subordonnée complément de phrase. [e.g. Tout le voisinage a entendu des bruits, comme l’a fait remarquer Madame Michoux. La subordonnée complément de phrase est « comme l’a fait remarquer Madame Michoux » – Les paroles rapportées sont « Tout le voisinage a entendu des bruits. »] - Un groupe incident (placé avant ou après les propos reformulés)
[e.g. A son avis, il y a des voleurs. Mais personne n’a rien perdu, selon le policier.]
Le groupe incident, ici, est « A son avis, […]. selon le policier. »
Les paroles rapportées sont : « il y a des voleurs. Mais personne n’a rien perdu »
Exemple du discours indirect dans la littérature
Dans Le Docteur Pascal (1893), Emile Zola écrit un long récit rapporté de manière indirect, qui retrace l’histoire de famille des Rougon, et qui s’amorce ainsi :
Muette, elle obéissait toujours, le cœur serré d’une angoisse, à tout ce qu’elle entendait. Et les dossiers défilaient, étalaient leurs documents, retournaient s’empiler dans l’armoire.
C’étaient d’abord les origines, Adélaïde Fouque, la grande fille détraquée, la lésion nerveuse première, donnant naissance à la branche légitime, Pierre Rougon, et aux deux branches bâtardes, Ursule et Antoine Macquart, toute cette tragédie bourgeoise et sanglante, dans le cadre du coup d’État de décembre 1851, les Rougon, Pierre et Félicité, sauvant l’ordre à Plassans, éclaboussant du sang de Silvère leur fortune commençante, tandis qu’Adélaïde vieillie, la misérable Tante Dide, était enfermée aux Tulettes, comme une figure spectrale de l’expiation et de l’attente.
Transformation du discours direct au discours indirect
Echange de pronoms personnels
Si le sujet de la phrase du discours direct est la première personne (singulier ou pluriel, c’est-à-dire « je » ou « nous »), il prendra, dans le discours indirect, la même personne que le sujet du verbe introducteur.
DD: Il annonce : « Je vais recevoir mes enfants demain. »
DI: Il annonce qu’il va recevoir ses enfants demain.
Si le sujet de la phrase du discours direct est à la deuxième personne (singulier ou pluriel, soit « tu » et « vous »), ce sujet se met à la même personne que le COI du verbe introducteur lors du passage au discours indirect.
DD: Vous déclarez : « Nous serons en retard. »
DI: Vous déclarez que vous serez en retard.
Lorsque le sujet de la phrase du discours direct est à la troisième personne du singulier ou du pluriel, alors il n’y a aucun changement à faire.
DD: Il me demande : « Viendrais-tu à ma fête de samedi ? »
DI: Il me demande si je viendrais à sa fête de samedi.
Echange des temps verbaux du discours direct au discours indirect
Lorsque le verbe introducteur est au présent ou au futur de l’indicatif, il n’y a aucun changement à effectuer :
DD: Il lui assure : « Je suis honnête. »
DI: Il lui assure qu’il est honnête.
Lorsque le verbe du discours direct est à l’impératif, alors
on peut remplacer l’impératif par l’infinitif + préposition:
DD: Elle lui dit : « Ne mange pas comme ça. »
DI: Elle lui dit de ne pas manger comme ça.
on peut remplacer l’impératif par le mode subjonctif
DD: Elle lui dit : « Ne viens pas comme ça. »
DI: Elle lui dit qu’il ne vienne pas comme ça.
Transformation du verbe du discours direct lorsqu’il au présent ou à l’imparfait
Vous avez dit : « J’étais mort. »
Imparfait
Vous avez dit que j’étais mort.
Transformation du verbe du discours direct lorsqu’il au plus-que-parfait
Il a dit : « Je m’étais blessé. »
Plus-que-parfait
Il a dit qu’il s’était blessé.
Transformation du verbe du discours direct lorsqu’il est au passé simple ou au passé composé
Maman affirma : « Mon ainé fut le plus courageux (a été). »
Plus-que-parfait
Maman affirma que son ainé avait été le plus courageux.
Transformation du verbe du discours direct au futur simple
Elle dit : « Je t’aimerai. »
Conditionnel présent
Elle dit qu’elle l’aimerait.
Transformation du verbe du discours direct au futur antérieur
Il avait dit : « Je serai mort avant toi. »
Conditionnel passé
Il avait dit qu’il serait mort avant moi.
Transformation du verbe du discours direct au subjonctif présent
Il disait : « Il faut qu’elle parte. »
Subjonctif imparfait
Il disait qu’il fallait qu’elle parte.
Transformation du verbe du discours direct au conditionnel présent ou passé
Jean pensa : « Il aurait pu gagner. »
Même temps, même mode
Jean pensa qu’il aurait pu gagner.
Transformation de l’indicateur de temps aujourd’hui
Il lui a demandé : « Qu’as-tu fait aujourd’hui ? »
Il lui a demandé ce qu’il avait fait ce jour-là.
Transformation de l’indicateur de temps hier
Jean a demandé à son fils : « As-tu mangé hier ? »
Jean a demandé à son fils s’il avait mangé la veille.
Transformation de l’indicateur de temps après-demain
Il annonça : « Je passerai après-demain. »
Il annonça qu’il passerait le surlendemain.
Transformation de l’indicateur de temps ici
Claude demanda à sa femme : « Seras-tu ici le jour de son anniversaire ? »
Transformation de l’indicateur de temps dans quelques jours
Claude demande à sa femme si elle serait là le jour de son anniversaire.
Transformation de l’indicateur de temps aujourd’hui demain
l annonça : « Je passerai demain. »
Il annonça qu’il passerait le lendemain.
Caractéristiques du discours indirect libre
- Les temps verbaux et les pronoms sont ceux du discours indirect [e.g. Alors, l’homme reconnut une fosse. Il fut repris de honte : à quoi bon ? Il n’y aurait pas de travail. – discours rapporté dans l’exemple : à
« quoi bon ? Il n’y aurait
pas de travail. »] - Difficulté de délimiter ce qui appartient au premier locuteur et au second locuteur. [e.g. La profondeur, l’inconnu du caractère de Julien, eussent effrayé, même en nouant avec lui une
relation ordinaire. Et elle allait en faire son amant, peut-être son maître ! – discours rapporté dans l’exemple : « Et elle allait en faire son amant, peut-être son maître ! » ] - Dans le cas de pensées intimes d’un personnage, on parle de « monologue intérieur » [e.g. Voir par exemple le roman Ulysse, de James Joyce]
Utilisation du discours indirect libre
Certains auteurs utilisent, pour varier les types de discours rapportés, le discours indirect libre. C’est un procédé popularisé par Gustave Flaubert au XIXème siècle qui permet de rapporter des paroles sans utiliser de verbe d’énonciation non plus que de ponctuation.
Exemple du discours indirect libre en littérature
Gustave Flaubert est l’un des premiers auteurs à avoir utilisé le style indirect libre de manière abondante.
Ainsi, dans Madame Bovary (1857), on en trouve de nombreux exemples:
Emma se repentit d’avoir quitté si brusquement le percepteur. Sans doute, il allait faire des conjectures défavorables. L’histoire de la nourrice était la pire excuse, tout le monde sachant bien à Yonville que la petite Bovary, depuis un an, était revenue chez ses parents. D’ailleurs, personne n’habitait aux environs ; ce chemin ne conduisait qu’à la Huchette ; Binet, donc, avait deviné d’où elle venait, et il ne se tairait pas, il bavarderait, c’était certain !
Utilisation du discours narrativisé
Le discours narrativisé ne rapporte pas les paroles exactes du locuteur d’origine mais laisse le soin au lecteur d’imaginer ce que celui-là a pu dire.
Le discours rapporté est condensé et résumé ; il résume et traite le discours comme un événement.
Exemple du discours indirect libre en littérature
Gustave Flaubert est l’un des premiers auteurs à avoir utilisé le style indirect libre de manière abondante.
Ainsi, dans Madame Bovary (1857), on en trouve de nombreux exemples:
Emma se repentit d’avoir quitté si brusquement le percepteur. Sans doute, il allait faire des conjectures défavorables. L’histoire de la nourrice était la pire excuse, tout le monde sachant bien à Yonville que la petite Bovary, depuis un an, était revenue chez ses parents. D’ailleurs, personne n’habitait aux environs ; ce chemin ne conduisait qu’à la Huchette ; Binet, donc, avait deviné d’où elle venait, et il ne se tairait pas, il bavarderait, c’était certain !
Exemples du discours narrativisé
Mais M. Vedel était bon : il répéta sa définition avec la patience des vrais maîtres, proposa de nouveau le même exemple.
André Gide, Si le grain ne meurt, 1895
Dans Le côté de Guermantes, Marcel Proust donne aussi un exemple de discours narrativisé (mais attention, l’extrait se termine par du discours direct, comme l’annoncent les guillemets !) :
Elle n’aimait pas cela, elle disait que je « balançais » toujours, car elle usait, quand elle ne voulait pas rivaliser avec les modernes, du langage de Saint-Simon. Il est vrai qu’elle aimait encore moins quand je parlais en maître. Elle savait que cela ne m’était pas naturel et ne me seyait pas, ce qu’elle traduisait en disant que « le voulu ne m’allait pas ».
Marcel Proust, Le côté de Guermantes, 1920-1921