Epilepsie Flashcards
Quelle est la définition d’une crise épileptique ?
Ensemble de manifestations cliniques brutales, imprévisibles, transitoires qui résultent de l’hyperactivité paroxystique d’un réseau de neurones corticaux ou cortico-sous-corticaux hyperexcitable et de son éventuelle propagation
Quelle est la définition d’un état de mal épileptique ?
- Crises focales :
- avec trouble de la conscience : crise prolongée (> 10 min) ou deux crises répétées à des intervalles brefs sans retour à la conscience entre les deux
- sans trouble de la conscience : deux crises répétées en 30 min sans retour à un état neurologique normal entre les deux épisodes ou crise prolongée (> 10-15 min)
- Crises généralisées tonicocloniques : deux crises successives sans retour à la conscience entre les deux ou une crise de durée > 5 min
Quelle est la définition d’une maladie épileptique ?
Maladie cérébrale chronique comprenant :
- Survenue d’au moins une crise épileptique
- Prédisposition cérébrale durable à générer des crises (répétition des crises, Anomalies EEG à distance d’une crise, lésion corticale épileptogène)
- Conséquences neurobiologiques, neuropsychologiques, sociales et psychiatriques
Quels sont les deux pics d’incidence de l’épilepsie (âge) ?
- Enfant (50% des épilepsies débutent avant 10 ans)
- Adulte > 60 ans
A quoi est due la gravité de la maladie épileptique ?
- Conséquences directes : des crises (trauma, mort subite), de leur répétition, du traitement et de la cause de l’épilepsie
- Retentissement psychosocial
- Risque d’état de mal épileptique
Quel examen complémentaire est utile au diagnostic positif de crise épileptique ?
EEG (mais n’écarte pas le diagnostic si normal)
Quels sont les différents types de crises épileptiques ?
- Crises généralisées : tonicoclonique, myoclonies bilatérales, absences typiques/atypiques
- Crises focales (partielles) : simples, complexes
Quelles sont les 3 phases de la crise généralisée tonicoclonique ?
- Phase tonique (10-20 secondes)
- Phase clonique (20-30 secondes)
- Phase résolutive = post-critique (quelques minutes)
Quelles sont les manifestations de la phase tonique lors d’une CGTC ?
Cri profond, abolition de la conscience, révulsion oculaire, contraction tonique soutenue axiale et des membres, en flexion puis en extension, apnée avec cyanose, troubles végétatifs ++ (tachycardie, HTA, hypersécrétion bronchique et salivaire), morsure latérale de langue possible
Quelles sont les manifestations de la phase clonique lors d’une CGTC ?
Secousses bilatérales, synchrones, intenses, s’espaçant progressivement
Quelles sont les manifestations de la phase résolutive lors d’une CGTC ?
Coma profond, hypotonique, relâchement musculaire complet avec possible énurésie, reprise de la respiration (ample, bruyante, gênée par l’hypersécrétion bronchique et salivaire)
Quel est le seul type de crise généralisée sans trouble de la conscience ?
Myoclonies bilatérales
Par quelle stimulation peuvent être provoquées les crises de myoclonies bilatérales ?
Stimulation lumineuse intermittente
Quelles sont les manifestations des crises de myoclonies bilaterales ?
Secousses musculaires en éclair, isolées ou répétées en salves, en extension-flexion, lâchage ou projection de l’objet tenu voire chute brutale
Que signifie le terme d’absence dans l’épilepsie ?
Rupture du contact avec arrêt de l’activité en cours, fixité voire plafonnement du regard pendant quelques secondes
Qu’est-ce qui distingue une absence typique d’une absence atypique ?
- Absence typique : isolée, simple sur le plan clinique (aucun symptôme associé), anomalies pathognomoniques à l’EEG
- Absence atypique : rupture de contact souvent incomplète, autres symptômes associés, anomalies EEG différentes
Quelles sont les anomalies pathognomoniques d’une absence typique à l’EEG ?
Décharges de quelques secondes, généralisées, bilatérales, symétriques et synchrones, de pointes-ondes à 3 Hz, de début et fin brusques, interrompant un tracé normal
Qu’est-ce qu’une crise partielle simple ?
Crise dont la décharge épileptique prend son origine et reste généralement confinée aux cortex primaires, sans modification de la conscience
Quelles sont les manifestations d’une crise partielle complexe ?
- Rupture de contact et/ou amnésie initiale ou secondaire
- Modification du comportement moteur : réaction d’arrêt moteur, avec ou sans automatismes, ou déclenchement d’une activité motrice automatique simple ou complexe
Quelle peut être la manifestation post critique d’une crise partielle ?
Signes cliniques déficitaires témoignant de l’épuisement de la région corticale concernée par la décharge épileptique
Quels sont les différents diagnostics différentiels d’une crise généralisée tonicoclonique ?
- Syncope, notamment convulsive (facteurs déclenchants, lipothymies initiales, durée brève, fin brutale, absence de confusion ou déficit post-critique, convulsions bilatérales, brèves, peu nombreuses)
- Crise psychogène non épileptique (coexistence avec authentiques crises épileptiques chez certains patients)
Quels sont les différents diagnostics différentiels d’une crise partielle simple ?
- AIT (signes exclusivement déficitaires, durée plus longue 20-30 min)
- Migraine avec aura (installation plus progressive et plus lente sur plusieurs dizaines de minutes)
- Crises d’angoisse et attaques de panique (durée plus longue, intrications possibles)
Quels sont les différents diagnostics différentiels d’une crise partielle complexe ?
- Crises d’agitation, de colère ou crises émotives
- Parasomnies (somnambulisme, terreurs nocturnes)
- Ictus amnésique (se discute en l’absence de témoin, questions stéréotypées itératives)
Quelles sont les différentes étiologies possibles de l’épilepsie ?
Conjonction de facteurs génétique et acquis (causes lésionnelles ou non lésionnelles)
Étiologies lésionnelles :
- Tumorales
- Vasculaires (accidents ischémiques/hémorragiques, artériels/veineux, malformations vasculaires, phase aiguë/à distance)
- Traumatiques (précoces/tardives)
- Infectieuses (infections parenchymateuses ++, neurocysticercose)
- Anomalies du développement cortical (dysplasie corticale focale ++)
Étiologies non lésionnelles :
- Toxiques (OH, cocaïne, amphétamines, Pb, Mn, organophosphorés)
- Médicamenteuses (psychotropes, théophilline, ciclosporine, isoniazide, méfloquine, avec/sans surdosage ou par sevrage)
- Métaboliques (hypo/hyperglycémie, hypocalcémie, hyponatrémie, IR, déficits en vitamines B)
Citer 3 exemples d’épilepsies généralisées idiopathiques
- Épilepsie-absences de l’enfant ou de l’adolescence
- Épilepsie myoclonique juvénile bénigne
- Épilepsie avec crise généralisée tonicoclonique du réveil
Quelle est la plus fréquente des épilepsies partielles idiopathiques ?
Épilepsie à paroxysmes rolandiques ou à pointes centrotemporales
Quels sont les critères de gravité des convulsions fébriles «compliquées» ?
- Survenue avant l’âge de 1 an (souvent ATCD familiaux d’épilepsie)
- Convulsions asymétriques ou unilatérales, durée > 15 min
- Salves au cours d’un même épisode
- Déficit post-critique d’intensité variable
Quelle est la conduite à tenir en cas de première crise épileptique d’apparence isolée ?
- Interrogatoire du malade et des témoins (autres types de crises, ATCD ?)
- Examen clinique (focalisation, Sd méningé, affection médicale non patente ?)
- Bio si suspicion de trouble métabolique ou d’origine toxique (glycémie, électrolytes, FR, BH, OH)
- Imagerie cérébrale devant toute crise ne s’intégrant pas d’emblée de façon évidente dans un Sd épileptique non lésionnel (TDM +/- IRM ou IRM d’emblée)
- PL si céphalée aiguë avec TDM normale ou contexte fébrile
- EEG (en l’absence de médicament antiépileptique de préférence, dans les 24-48h suivant la crise)
Quelles sont les principales contre-indications à un traitement par valproate de sodium ?
- Hépatite active ou ATCD d’hépatite
- Troubles préexistants de la coagulation
- Grossesse
Quel est le principal effet indésirable de la lamotrigine et son risque évolutif ?
Éruption cutanée avec risque de nécrolyse épidermique toxique (Syndrome de Lyell, rare mais grave)
Quels sont les principaux effets indésirables du valproate de sodium ?
- Hépatite
- Thrombopénie
- Teratogénicité
- Prise de poids
Quelle est la conduite à tenir chez un patient épileptique si les crises disparaissent et que le traitement est bien supporté ?
- Contrôle régulier de l’EEG
- Arrêt très progressif du TTT proposé après 2-3 ans sans crise si EEG normal et absence de lésion cérébrale potentiellement épileptogène (sauf syndromes pharmacodépendants)
Quels sont les différents moyens thérapeutiques non médicamenteux dans l’épilepsie ?
- Chirurgie : lésionectomie ou cortectomie
- Stimulation chronique du nerf vague
- Régime cétogène
Quelle est la définition d’une épilepsie pharmaco-résistante ?
Résistance à un TTT médical bien conduit incluant deux lignes de TTT à posologie efficace durant les deux premières années
Quels sont les éléments de la prise en charge d’un état de mal convulsif ?
- Perméabilité des VA + O2 +/- assistance respiratoire
- Recherche et TTT d’une hypoglycémie
- Mise en place de 2 abords veineux dont l’un est réservé aux TTT antiépileptiques
- Surveillance HD continue
- T0 : 1 ampoule de diazépam 10 mg ou clonazépam 1 mg en 3 min à répéter immédiatement si échec
- Puis : fosphénytoïne (jusqu’à 150 mg/min) ou phénytoïne (jusqu’à 50 mg/min) + 20 mg/kg d’équivalent phénytoïne
- Si persistance après 20 min : phénobarbital 20 mg/kg sans dépasser 100 mg/min
- Si persistance après 40 min : thiopental 5 mg/kg en bolus puis 5 mg/kg par heure
Dans quel cas est indiquée la lésionectomie ou cortectomie dans l’épilepsie ?
Épilepsie partielle pharmaco-résistante, unifocale, correspondant à une aire corticale non fonctionnelle (ou ablation sans conséquence fonctionnelle grave) et accessible chirurgicalement