Cours 8 - conceptions autochtone de la santé Flashcards
Quels sont les déterminants distaux ?
Causes profondes, racines de plusieurs des problèmes sociaux et de santé chez les peuples autochtones
Colonialisme, Loi sur les Indiens, pensionnats, etc.
Quels sont les déterminants intermédiaires ?
Conditions de vie actuelles qui nuisent à la santé
Racisme, logements inadéquats, etc.
Quels sont les déterminants proximaux ?
Conséquences sur la santé et le bien-être
Diabètes, violences, VIH/Sida, etc.
Pourquoi les gens des Betsiamites ne veulent-ils pas consulter à Baie-Comeau ?
Les gens de Betsiamites ne veulent pas consulter à Baie-Comeau parce qu’ils
- ont peur du racisme, de se faire traiter d’Autochtones, d’alcooliques, de drogués et il y a des interactions très, très négatives.
Les gens viennent très tardivement lors de complications du diabète ou d’autres maladies parce qu’ils ont peur d’y aller. Ils vont venir à la dernière minute. Mais si le contexte global permettait de diminuer ce racisme, ils viendraient avant et on éviterait plusieurs complications.
Donner des exemples de l’effet des préjugés sur les soins de santé
Ne pas prescrire d’analgésiques…
… car on assume que la personne a ou développera une dépendance
Attribuer des symptômes de coma diabétique…
… à une intoxication à l’alcool
Retarder le congé d’une mère et de son nouveau-né à l’hôpital…
… pour évaluer sa capacité d’en prendre soin
Quelles sont les mesures pour lutter contre les inégalités raciales au Québec et Canada ? (4)
-> Mesures plurielles et prises à plusieurs niveaux
- Condamnation individuelle de toute conduite ou parole raciste dont on est témoin
- Lois, dispositifs du pouvoir public chargés de punir les traitements racistes, positionnement des ordres professionnels
- Éducation, sensibilisation, formation (histoire et culture autochtone)
- Projets ou nouvelles approches visant le changement, notamment dans le domaine de la santé, des soins infirmiers
Donner des exemples de stratégies mises en place en soins infirmiers
- Rôle élargi de l’infirmière au sein de communautés autochtones: actes délégués aux infirmières pour travailler en région éloignées leur donnant par exemple le droit de délivrer certains médicaments, sans prescription préalable, en se basant sur un guide thérapeutique «Rôle élargi» est reconnu par OIIIQ); «formation de 140 heures « en rôle élargi » (Benoît, J. 2013).
- Approche de sécurisation culturelle (formation)
Quelle est l’approche préconisée ?
sécurité culturelle
Quelle est la sécurité culturelle ? (2)
- C’est un changement de paradigme en repensant les relations de pouvoir et les droits des personnes soignées.
- La sécurité culturelle reconnait les causes profondes (déterminants distaux), soit de la colonisation et du racisme systémique sur l’état de santé et Mieux-Être des PPI, ainsi que les conséquences directes des iniquités en santé et des traumatismes transgénérationnelles.
Quels sont les 3 principes de base de la sécurisation culturelle ?
1) Des soins qui sont prodigués dans le respect de l’identité culturelle de la personne soignée.
2) Des soins qui visent l’équité.
3) Des soins qui sont exempts de relations de pouvoir nocives entretenues par le système de santé dominant.
Quelle est l’opérationnalisation ?
La sécurisation culturelle en santé :
«[…] allie l’importance d’acquérir des connaissances spécifiques et la nécessité d’entreprendre un processus de réflexion sur l’impact de notre propre identité culturelle sur celle des autres.»
V ou F la sécurisation culturelle est une stratégie concrète de soin
F, La Sécurisation culturelle n’est pas une stratégie concrète de soin ou une intervention en santé.
Quand faut-il utiliser la sécurisation culturelle ?
C’est une approche que vous vous devez d’adopter lorsque vous êtes en relation avec un.e patient.e autochtone afin de vous assurer en amont, avant de choisir une stratégie de soin efficace, que vous allez prodiguer des soins «culturellement sécuritaire».
Quelles sont les caractéristiques de la culture dans sécurité culturelle ? (4)
-> La sécurité culturelle reconnaît la légitimité des différences culturelles et expérientielles et l’impératif d’en tenir compte dans nos soins.
-> Différences culturelles ou différences de pouvoir ?
- C’est la différence de pouvoirs et privilèges qui nuisent à la santé et l’accès aux soins de qualité.
- La culture fait partie de la solution, pas du problème.
-> Il n’est pas nécessaire d’en connaître beaucoup sur la culture pour faire preuve de sécurité culturelle (mais s’y intéresser dans le respect reste important).
- Au contraire, vouloir «tout connaître» peut parfois être reçu comme une nouvelle forme de colonialisme.
- Évaluer ses intentions : besoin de contrôler et maîtriser la situation, ou intérêt sincère pour la perspective de la personne soignée, pas pour changer celle-ci mais pour aller à sa rencontre ?
-> À la suite des tentatives de génocide culturel, certaines personnes autochtones connaissent peu leur propre culture, ou ne parle pas la langue.
- Ne pas assumer, et faire preuve de délicatesse.
Donner des exemples d’interventions possibles de sécurité culturelle au niveau micro
Par exemple, explorer et se distancier de ses biais inconscients ou se sensibiliser aux défis rencontrés par les personnes autochtones dans son milieu de pratique. Apprendre quelques mots dans la langue.
Donner des exemples d’interventions possibles de sécurité culturelle au niveau méso
Par exemple, entrer en contact avec les autorités autochtones locales pour collaborer. Offrir des dépliants traduits dans la langue.
Donner des exemples d’interventions possibles de sécurité culturelle au niveau macro
Par exemple, l’OIIQ et le Collègue des médecins reconnaissent l’existence du racisme systémique.
Quels sont les concepts associés à la sécurité culturelle ? (6)
- conscience culturelle
- compétence culturelle
- sensibilité culturelle
- anti-racisme
- humilité culturelle
- soins tenant compte des traumatismes et de la violence
Quelles sont les caractéristiques de la conscience culturelle ? (2)
- reconnaissance des différences
- centrée sur l’Autre et sur la culture de l’Autre
Quelles sont les caractéristiques de la compétence culturelle ? (3)
- habiletés et comportements qui permettent au professionnel de fournir des soins de qualité à des populations diversifiées
- peut s’appuyer sur la connaissance de soi
- limitée par la réduction de la culture à un ensemble de compétences que les professionnels peuvent maitriser et une suraccentuation de la différence culturelle
Quelles sont les caractéristiques de la sensibilité culturelle ? (2)
- reconnait la nécessité de respecter les différences culturelles
- centrée sur l’autre et sur la culture de l’Autre
Quelles sont les caractéristiques de l’anti-racisme ?
réduire le déséquilibre des pouvoirs entre les groupes minoritaires et les groupes dominants
Quelles sont les caractéristiques de l’humilité culturelle ?
processus d’autoréflexion visant à comprendre ses préjugés et partis pris systémiques et ses privilèges personnels
Quelles sont les caractéristiques des soins tenant compte des traumatismes et de la violence
reconnait les répercussions négatives et les causes profondes des traumatismes historiques intergénérationnels
Quels sont les stades vers la sécurité culturelle ?
- Destructivité culturelle, incapacité culturelle, inconscience culturelle
- Pratiques intentionnelles ou non qui diminuent, dégradent ou dévalorisent l’identité culturelle et le bien-être des Premières Nations et des Inuit - Conscience culturelle, sensibilité culturelle, compétence culturelle
- Pratiques qui tiennent compte de la dimension culturelle des Premières Nations et des Inuit dans les soins et les services - Sécurisation culturelle
- Les Premières Nations et les Inuit font l’expérience de soins et de services qu’ils considèrent culturellement sécurisants
- Pratiques qui promeuvent l’équité avec les Premières Nations et les Inuit dans les soins et les services, dans l’organisation et dans la gouvernance de ces derniers
Comment se diriger vers des soins culturellement sécuritaires ? (7)
- réfléchir à nos croyances et à nos pratiques à l’égard des Premières Nations et des Inuit
- reconnaitre les traumas passés et actuels ainsi que leurs répercussions sur la santé et le bien-être des Premières Nations et des Inuit
- agir avec les Premières Nations et les Inuit comme partenaires de leur santé et de leur bien-être
- respecter les cultures des Premières Nations et des Inuit
- environnement : travailler de manière concrète avec les organismes concernés pat les soins et services aux Premières Nations et aux Inuit
- organisation : mettre en place les conditions organisationnelles favorisant des soins et des services culturellement sécurisants pour les Premières Nations et les Inuit
- soins et services aux Premières Nations et aux Inuit : favoriser des rencontres culturellement sécurisantes pour les Premières Nations et les Inuit avec les acteurs de la santé et des services sociaux
Quelles sont les caractéristiques du savoir occidental ? (4)
- Savoir accumulé par des expériences contrôlées et reproductibles
- Savoir théorique – lois immuables expliquant LA réalité
- Désincarné du contexte et du regard
- Se veut résolument objectif ; toute émotion ou subjectivité est suspecte
Quelles sont les caractéristiques du savoir autochtone ? (4)
- Savoir empirique (tiré de l’expérience) et accumulé pendant des siècles
- Savoir pratique – qui s’applique à une situation donnée
- Contextuel, assume sa subjectivité
- Reconnaît et accepte que la subjectivité et les émotions sont toujours présentes
Quelles sont les caractéristiques de la double-perspective ou two-eyed seeing ? (4)
- On utilise nos “deux yeux” pour voir, soit la perspective autochtone et la perspective occidentale en même temps.
- On ne remplace pas une vision par l’autre ; les deux visions sont complémentaires. Ensemble, elles enrichissent notre compréhension des phénomènes.
- Invite au respect mutuel et à l’humilité culturelle.
- Permet de redonner la place qui leur revient aux savoirs que l’Occident s’approprie des autres cultures.
Quels sont les facteurs de protection reconnus au sein des communautés autochtones ? (5)
les liens familiaux;
la contribution des Aînés;
les programmes et services de santé communautaires culturellement pertinents;
la connaissance de la culture et les liens avec le territoire;
la résilience communautaire.
Quels sont les aspects importants dans la vision autochtone de la santé ? (3)
- importance du territoire
- importance de la communauté
- vision holistique
Quelles sont les caractéristiques de l’importance du territoire ? (4)
- Étroitement lié à la vision cosmocentrique du monde
- La santé des personnes et de la Terre sont indissociables
- Les Premiers Peuples n’ont jamais cessé de défendre le territoire pour une justice climatique et environnementale
- Importance de connaître son territoire (les plantes, le climat, etc.), ses racines, et de s’y ressourcer.
Donner des exemples de partenariats - relation, coconstruction
- Antiracisme, les principes de sécurité culturelle inspirée de l’infirmière Maori Ramsden et décolonisation bienveillante.
- Coconstruction pédagogique.
- Institut Kiuna (Odanak), unique cégep autochtone au Québec.
- Plusieurs travaux en cours : recherches participatives en lien avec le bureau du Ndakina.
Quelles sont les caractéristiques de l’importance de la communauté ? (3)
- Familles élargies, configurations familiales pouvant différer de celle de notre culture individualiste (par exemple, importance des grand-mères pour élever les enfants).
- Frontières plus perméables entre vie professionnelle et personnelle.
- Vision qui s’étend à 7 générations avant et 7 générations après :
Vision à long terme permet d’apprendre du passé et mieux planifier pour l’avenir
Quelles sont les caractéristiques de la vision holistique ? (3)
- Le corps, l’esprit, les autres, l’environnement et l’univers sont interreliés.
- Permet d’aborder la santé dans toute sa complexité.
- Réintégration des composantes souvent évacuées dans la médecine occidentale : importance de la culture, des croyances, des valeurs, de la communauté, du passé, etc., sur la santé physique et mentale
Que permet la roue de la médecine ?
- Symbole relativement récent mais qui permet d’illustrer plusieurs aspects importants de la médecine autochtone en Amérique du Nord.
- Les 4 dimensions représentent les 4 éléments et les 4 stades de la vie.
Que symbolisent les quatre points cardinaux et les quatre esprits-guides ?
les stades de la vie
Quel est le stade de la vie de chaque point cardinal ?
- L’est représente les premières années de vie
- Le sud représente la jeunesse et la croissance intellectuelle
- L’ouest symbolise l’âge adulte et l’introspection
- Le nord représente le quatrième âge, la sagesse et les aspects spirituels de la vie
- Le centre est l’axe de la Terre mère et du Créateur, joue un rôle du début à la fin de la vie
Que représentent les points cardinaux ?
L’équilibre entre les 4 aspects de la santé
Quels sont les aspects de la santé représenté par chaque point cardinal ?
(1) La santé spirituelle (l’est)
(2) la santé émotionnelle (le sud)
(3) la santé physique (l’ouest)
(4) la santé mentale (le nord)
Quelle est la vision pour les soins aux communautés ?
que les personnes, les familles et les communautés des Premières Nations soient en santé, aient un accès équitable à des soins et à des services de qualité et exercent leur autodétermination et leur autonomie culturelle
Quelle est la mission des soins aux communautés ?
les Premières Nations du Québec dans l’atteinte de leurs objectifs en matière de santé, de mieux-être, de culture et d’autodétermination
Quel est le but des soins aux communautés ?
adapter les services aux communautés ainsi que rattraper l’écart entre l’état de santé des Premières Nations et l’ensemble des populations québécoise et canadienne
Quelle est l’évolution des soins de santé axés sur l’autodétermination ? (4)
- En 1962, c’est la Direction générale des services médicaux de Santé Canada qui assume la responsabilité des soins de santé pour les Autochtones.
- En 1979, adoption d’une nouvelle politique sur la santé des Indiens.
- En 1994, création de la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador (CSSSPNQL).
- En 2000, les services médicaux adoptent le nouveau nom de Direction générale de la santé des Premières Nations et des Inuits.
Donner un exemple d’approche de la sécurisation culturelle
Centre d’amitié autochtone de La Tuque au Québec
- Ouverture d’une clinique au sein du centre d’amitié
- Agent et agente de liaison (informer les personnes intervenantes sur les réalités autochtones)
- Accès facilité à un ou une interprète Atikamekw
- Infirmier.ère clinicien.ne formé.e sur les réalités autochtones et ayant une bonne connaissance des réalités des communautés desservies.
Quelles peuvent être les différentes conceptions de la santé chez les Autochtones ? (3)
- Certains ont une conception de la santé très ancrée traditionnellement, inspiré de la roue de médecine autochtone (présentée en détail ci-après).
- D’autres ont une conception de la santé biomédicale, sans recourt à une approche traditionnelle autochtone.
- D’autres encore, selon les problèmes de santé ou les besoins de soins, s’identifient à la conception biomédicale ou à la roue de médecine autochtones, ou bien encore à d’autres approches alternatives venues d’ailleurs (ex. médiation de pleine conscience, acupuncture).
Nommer des organisations nationales
Fondation autochtone de guérison
Association des infirmiers(ières) autochtones du Canada (AIIC)
Cercle sportif autochtone
Réseau Canadien Autochtone du SIDA (RCAS)
Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières nations du Canada
Indigenous Physicians Association of Canada
National Aboriginal Diabetes Association (NADA)
Organisation nationale de la santé autochtone
Organisation nationale des représentants indiens et inuits en santé communuataire (ONRIISC)
Association des femmes autochtones du Canada
Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits Sant Canada (DGSPNI, SC)
Centre de la collaboration nationale de la santé autochtone (CCNSA)
Quelles sont les caractéristiques de la culture médicale autochtone traditionnelle ? (5)
- est une approche holistique qui tient compte d’un ensemble organique (spirituel, émotionnel, physique et mental);
- les liens familiaux et communautaires sont très importants;
- le savoir des aînés est valorisé dans le processus de guérison;
- prendre en compte l’environnement est capital;
- constitue une vision à long terme (sur 7 générations).
Quels sont les outils pour rétablir une relation de confiance ? (8)
- Parler quelques mots de la langue : au-delà de la langue, le défi est dans la compréhension de la signification attribuée à des problèmes de santé dans une culture autre.
- S’intéresser à la communauté particulière de la personne soignée, à son contexte géographique, à sa situation socio-économique, etc.
- S’intéresser à l’histoire familiale en lien avec la personne soignée (pensionnat, violence, etc.).
- Faire attention aux a priori, les traumatismes ne sont pas automatiques, tout comme le diabète ou les problèmes d’addictions et de violences.
- Démontrer une ouverture envers les approches autochtones liées aux soins et à la guérison.
- Connaître certains organismes ou ressources autochtones liés à différentes problématiques de santé.
- Bien communiquer son intention, faire preuve de flexibilité dans l’élaboration du projet de soins.
Au besoin, expliquer pourquoi certaines informations doivent être demandées. - Si possible, être à même de travailler en collaboration avec différents types de soignant.es autochtones: femme et homme-médecine, travailleurs sociaux, infirmier et infirmière, agent.e de liaison.