argument fabliaux Flashcards
Flou terminologique dans notre corpus de fabliaux
- BODEL parle tantôt de
- « fabliaus » (v. 1, v. 114 Du Vilain de Bailluel, v. 64 Brunain et la vache au prestre)
- « fablel » (v. 192 De Gombert et de deus clers, v. 380 Boivin de Provins)
* - Certains fabliaux ne sont jamais appelés comme tels : Baillet est appelé « chançon » (v. 167)
- Certains récits ont plusieurs appellations : De Gombert et de deus clers est tantôt appelé « fablel » (v. 192), tantôt « fable » (v. 1).
- Autodésignation du récit comme « example » (v. 1 de Du Prestre crucifié) : et pour cause le prêtre est triplement châtié : émasculé par le mari bafoué, frappé par des hommes de la rue, rançonné par le mari.
L’onomastique importante dans les fabliaux
Le nom d’auteur peut être un surnom
- RUTEBEUF (rude + bœuf) : renvoie au style mediocris qui caractérise ses productions.
- COURTEBARBE : pour pointer la fraîche sagesse de l’auteur dont la barbe n’égale pas encore celle des vieux sages
- Le nom des personnages de fabliaux peut en dire long
De Gombert et de deus clers, BODEL : l’épouse du paysan s’appelle GILLE qui se traduit par « ruse » en ancien français.
La véracité des fabliaux remise en question ironiquement par leurs auteurs
-
Du Vilain de Bailluel, BODEL, v. 1-3 :
« Si un fabliau peut être vrai, alors il arriva, dit mon maître, qu’un paysan vécût à Bailluel”
=> Mise en question de la véracité du fabliau par l’hypothèse limianire -
Du prestre crucifié, ANONYME, v. 1-2
« je veux commencer une histoire que j’ai apprise de monseigneur Roger”
=> Le fabliau se complaît dans l’invraisemblance : fiction littéraire où le héros du récit (le sculpteur) est censé avoir livré cette histoire à l’auteur anonyme, évoqué comme « mestre ».
L’instance narrative cherche à établir une connivence avec le lecteur/l’auditeur en se manifestant pour intéresser le public
Du Vilain de Bailluel, BODEL, v. 18 : « Si comme je le pense/ je le crois/je l’imagine. “
Emploi de « cuidier » assertif et interpellant.
D’estormi, Huon PIAUCELE, v. 1-3
« Parce que je vous aime bien, je veux commencer pour vous un fabliau à partir d’une authentique aventure. »
+ marques d’oralité, v. 135 :
«mais j’ai oublié un point. »
L’instance narrative prend soin de lever le voile sur la comédie qui se joue aux dépens du vilain
Du Vilain de Bailluel, BODEL, v. 77-78 :
Mais dame Erme joue si bien la comédie, que de ses yeux ne tombe pas une seule larme
Les différentes formes de fin de fabliaux
- Une morale formulée à la manière d’un proverbe
Du Vilain de Bailluel, BODEL, v. 115-116
« On doit por fol tenir celui/qui mieus croit sa fame que lui. »
De Gombert et de deus clers, BODEL, v. 191 – 192
à faire du bien à ces gens, on est souvent perdant : telle est la leçon du fabliau de Gombert
- * Téléscopage de plusieurs morales
De Brunain la vache au prestre, BODEL, v. 64-72
Ce fabliau nous montre par cet exemple qu’on est fou de ne pas avoir confiance. La richesse échoit à qui Dieu la donne, et non pas à celui qui la cache et l’enfouit. Personne ne peut faire fructifier son avoir sans beaucoup de chance, à tout le moins. C’est par une grande chance que le paysan eut deux vaches et le prêtre aucune. Tel croit avancer qui recule.
- Le fabliau se termine par une question ouverte
Du bouchier d’Abevile, Eustache d’AMIENS, v. 587-590
Que chacun donne son avis : qui doit de préférence avoir la peau ? Le prêtre, la prêtresse ou la friponne de servante ?
- Une réelle ambition morale
Du segretain moine, ANONYME, v. 511-512 :
Maudits soient le bien mal acquis, lq convoitise et la trahison.
Une écriture allégorique/qui a recours au symbole pour proposer plusieurs niveaux de lectures
Du Vilain de Bailluel, BODEL, v. 16-19
Le vin était déjà dans le baril, le chapon était cuit, et le gâteau, je crois était recouvert d’une serviette.
La description des mets contribue à annoncer les ébats sexuels des amants
o Le baril par sa rondeur renvoie au bas-ventre,
o Le chapon à un mâle émasculé et gras,
o Le gâteau couvert d’une serviette au corps bientôt dénudés.
Une passivité/impuissance/débilité du vilain qui se manifeste formellement dans le texte
- Du Vilain de Bailluel, BODEL,
o v. 36 « Couchiez vous tost » + v. 50 « Couchiez me donques »
« me » est COD de la phrase. C’est la femme qui porte la culotte. - De Gombert et de deus clers, BODEL
Messire Gombert, fit dame Gille, pour un vieux complètement usé comme vous êtes, vous voici, cette nuit, drôlement en chaleur. Je ne sais à quoi vous avez pensé. Il y a longtemps que ça nous était plus arrivé.
Mélange registraux : quand l’épopée se mêle aux fabliaux
De Gombert et de deus clers, BODEL, v. 160-168
Il l’attrapa par les hanches et le frappa du poing près de l’oreille, mais l’autre lui répliqua par une telle gifle, qu’il en vit cent mille chandelles et ils s’empoignèrent par les cheveux si fort (comment le dire autrement ?) qu’on aurait pu les porter sur une barre d’un bout à l’autre du village.
Hyperboles + champ lexical qui rappellent l’épopée.
Un écho biblique détourné ironiquement pour proposer une satire du clergé
De Brunain la vache au prestre, BODEL, v. 6-9
il dit qu’il faisait bon donner pour l’amour de Dieu, si l’on suivait la raison, car Dieu rendait le double à celui qui donnait de bon cœur.
En référence à l’évangile de Saint Matthieu [19, 29] : « Et quiconque abandonnera pour mon nom sa maison, ou ses frères, ou ses sœurs, ou son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, en recevra le centuple et aura pour héritage la vie éternelle. Mais plusieurs qui avaient été les derniers seront les premiers. »
Dans le fabliau le prêtre ne promet pas autant que dans l’évangile. On retrouve donc sur un mode mineur la parole évangélique qu’à dû citer le prêtre : l’annonce d’un renversement entre premier et derniers.
L’instance narrative peut avoir recours a des prolepses pour faire avancer le récit plus rapidement
De Haimet et de Barat, BODEL, v. 128-129
Il eût mieux valu pour lui l’avoir vendu ; ainsi aurait-il échappé à de gros ennuis.
Clin d’œil intertextuel entre les différents fabliaux de BODEL (circularité)
De Haimet et de Barat, BODEL, v. 252-253
= Dans l’étable il trouva sa vache : il en fut tout joyeux
// contrairement au prêtre de De Brunain et la vache au prestre, il a encore sa vache.
Ambition comique des fabliaux clairement assumée
- Baillet, ANONYME : « Mos sans vilennie » (v. 1) rime avec « afin que s’en rie » (v. 3)
Annonce liminaire antiphrastique - Le dit des perdrix, ANONYME : comique de situation du vilain croyant poursuivre un voleur qui croit être poursuivi par un fou sanguinaire, redoublé d’un comique de langue fondé sur le quiproquo entre les perdrix et les testicules du prêtre
o Vous n’allez pas les emporter ainsi !
o Vous les emportez toutes chaudes. Mais vous les laisserez ici si je vous attrape !
L’auteur à travers l’instance narrative montre clairement ses préférences pour tel ou tel personnage
Baillet, ANONYME :
- sut fort bien s’en tirer = PROLEPSE
- Baillet n’eut plus de doutes = PROPOS OMNISCIENTS
Du bouchier d’Abevile, Eustache d’AMIENS, v. 7-14 :
= Il y avait à Abbeville un boucher que ses voisins aimaient beaucoup. Loin d’être méchant et médisant, il était sage, courtois et valeureux, honnête dans son métier, il rendait souvent de grands services à ses voisins pauvres et nécessiteux ; il n’était ni avare ni cupide.
Les fabliaux, des productions littéraires ouvertement misogynes
o Morale misogyne d’allure parémiologique (= d’allure de proverbe)
Le dit des Perdrix, ANONYME, v. 151-153
la femme est faite pour tromper, transformant le mensonge en vérité et la vérité en mensonge
Phrase au présent gnomique dont le chiasme mime la confusion induite par la menteuse.
o La dame qui fit trois fois le tour de l’église, ANONYME, v. 5-7
= Si l’on veut maîtriser une femme, on a beau la rouer de coups chaque jour, le lendemain dlle se retrouve toute fraîche.