MPOC Flashcards
Qu’est-ce que la MPOC?
Maladie respiratoire imputable en grande partie au tabagisme qui se caractérise par une obstruction évolutive et partiellement réversible des voies respiratoires, par des manifestations systémiques et par une fréquence et une gravité croissante des exacerbations
Quelles sont les deux principales entités reconnues de la MPOC?
Bronchite chronique
Emphysème
Qu’est-ce que la bronchite chronique?
Elle est définie en termes cliniques. Il s’agit d’une maladie caractérisée par une toux productive d’expectorations la plupart des jours pour au moins 3 mois de l’année durant au moins 2 années consécutives.
Qu’est-ce que l’emphysème?
L’emphysème est défini en termes pathologiques. Il s’agit d’une anomalie morphologique pulmonaire caractérisée par l’augmentation du volume des espaces aériens distaux secondairement à la destruction des parois alvéolaires avec perte du tissu de soutien.
Vrai ou faux : il est possible de retrouver à la fois de l’emphysème et une bronchite chronique chez les patients MPOC
Vrai
Quelle est la différence entre la bronchite chronique obstructive et la bronchite chronique simple?
La bronchite chronique simple se caractérise par l’absence d’obstruction bronchique à la spiromètre.
Vrai ou faux : l’emphysème est toujours accompagné d’obstruction bronchique
Faux, l’emphysème associé à une obstruction bronchique constitue une MPOC.
Vrai ou faux : la prévalence de la maladie serait plus important chez les hommes que chez les femmes et augmente avec l’âge.
Faux, elle est plus fréquente chez les femmes.
Chez les plus de 75 ans, la maladie est plus fréquente chez les hommes.
En 2015, quelle place occupait la MPOC dans les causes de mortalité?
4e après cancers, maladies cardiovasculaires et maladies cérébrovasculaires
Quelle est la cause principale de la MPOC?
Tabagisme
Le risque de développer la MPOC augmente avec l’indice tabagique.
Vrai ou faux : la MPOC se développe chez la majorité des fumeurs.
Faux, elle se développe chez environ 15% des fumeurs, en raison d’une interaction complexe entre des facteurs de l’hôte (génétiques) et des facteurs environnementaux.
Quels facteurs de l’hôte influencent le développement de la MPOC?
- Déficit en alpha-1 antitrypine
- Histoire d’infections respiratoires virales en bas âge
- Présence d’hyperréactivité bronchique
En plus du tabagisme, quels sont les facteurs environnementaux ayant une influence sur le développement de la MPOC?
- Pollution atmosphérique
- Expositions professionnelles
Par quoi se caractérise la MPOC (pathologie)?
Présence d’une inflammation persistante des petites et des grosses voies aériennes, du parenchyme pulmonaire et de son système vasculaire.
Cette inflammation est très hétérogène et varie selon le patient. Les macrophages, les lymphocytes et les neutrophiles sont observés en grande quantité dans le poumon et les voies aériennes.
À quoi conduit l’inflammation dans l’emphysème?
À l’augmentation du volume des espaces aériens distaux secondairement à la destruction des parois alvéolaires et la perte du tissu de soutien.
Quelle est la constituante physiopathologique la plus importante de la MPOC?
Réduction du débit expiratoire
Elle découle de facteurs intrinsèques au niveau des voies aériennes qui accroissent la résistance (inflammation, oedème et sécrétions) et de facteurs extrinsèques aux voies aériennes (diminution de la traction radiale des voies aériennes par l’emphysème et compression extra-luminale régionale par des unités alvéolaires dilatées).
La présence de l’emphysème réduit aussi la rétraction élastique du poumon et, par conséquent, la pression de rétraction, ce qui aggrave la limitation de du débit.
Quels changements dus à l’hyperinflation pulmonaire surviennent au fil des années?
- Cage thoracique se reconfigure
- Muscles respiratoires (et surtout diaphragme) s’adaptent pour pouvoir générer les pressions nécessaires malgré ce désavantage mécanique
Que causent les inégalités régionales de la ventilation et de la perfusion dans le poumon?
La consommation en O2 et l’élimination du CO2 sont compromises.
La destruction du lit vasculaire causée par l’emphysème de même que l’effet vasoconstricteur de l’hypoxémie chronique entraînent tardivement une hypertension pulmonaire et une insuffisance cardiaque droite.
Par quoi débute l’évaluation clinique de la MPOC?
Anamnèse approfondie
(indice tabagique, exposition à d’autres irritants pulmonaires en milieu de travail, ATCD familiaux de MPOC, présence d’une autre maladie respiratoire chronique)
Comment se calcule l’indice tabagique?
nb de ciragettes fumées en moyene par jour/20 x nb d’années de tabagisme
Pourquoi les patients modifient peu à peu leur mode de vie et leurs activités quotidiennes?
Pour éviter l’essoufflement
Quels sont les symptômes cardinaux de la MPOC?
Dyspnée et intolérance à l’effort
Quels sont les 5 grades de MPOC?
Grade 1
Le patient est essoufflé à l’effort vigoureux.
Grade 2
Le patient est essoufflé lorsqu’il marche rapidement sur une surface plane ou s’il monte une pente légère.
Grade 3
Le patient marche plus lentement que les individus du même âge sur une surface plane ou arrête pour reprendre son souffle lorsqu’il marche à son rythme sur une surface plane.
Grade 4
Le patient arrête pour reprendre son souffle après avoir marché 100 mètres.
Grade 5
Le patient est trop essoufflé pour quitter la maison ou s’essouffle lorsqu’il s’habille.
Qu’est-ce que permet l’échelle de classification de la dyspnée?
- Repérer les patients à risque de MPOC
- Identifier les patient dont la qualité de vie est mauvaise
- Procurer de l’information utile à établir le pronostic de la maladie
À quelles autres pathologies s’associe fréquemment la MPOC?
- Ostéoporose
- Glaucome/cataractes
- Cachexie/malnutrition
- Dysfonction musculaire périphérique
- Cancer du poumon
- Dépression
Certaines de ces associations s’expliquent par le fait que la MPOC partage son facteur de risque principal (le tabagisme) avec d’autres maladies (maladies cardiovasculaires, cancer du poumon). D’autres sont la conséquence du manque d’entraînement physique ou représentent des effets secondaires de la médication.
Vrai ou faux : l’examen physique des patients MPOC permet généralement d’établir un diagnostic
Faux, il est important, mais ne permet généralement pas de poser un diagnostic.
Lors de la maladie avancée, comment est caractérisé l’emphysémateux?
- Pink puffer
- Maigre en raison d’une fonte musculaire sévère (cachexie respiratoire)
- Dyspnéique à l’effort léger
- Sécrétions bronchiques rares
- Patient n’est pas cyanosé
- Action des muscles respiratoires accessoires (SCM et scalènes) visible
- Respiration à lèvres pincées
- Légèrement penché vers l’avant lorsqu’assis pour favoriser la contraction du diaphragme
- Thorax en tonneau
- Amplitude thoracique faible
Lors de la maladie avancée, comment est caractérisé le bronchitique chronique?
- Blue bloater
- Surcharge pondérale
- Tousse et expectore de façon régulière
- Souvent cyanosé
- Épisodes d’exacerbations souvent accompagnés d’une aggravation de l’essoufflement et oedème des MI (IC droite reliée à HTP sévère)
Vrai ou faux : l’hippocratisme digital est une manifestation de la MPOC
Faux, c’est une manifestation d’un cancer du poumon.
Vrai ou faux : il est possible de faire un diagnostic de MPOC sans spirométrie
Faux
Quels sont les sévérités de la MPOC et leurs caractéristiques?
Légère
VEMS ≥ 80 % de la prédite, et VEMS/CVF < 0.7
Modérée
50 % ≤ VEMS < 80 % de la prédite, et VEMS/CVF < 0.7
Sévère
30 % ≤ VEMS < 50 % de la prédite, et VEMS/CVF < 0.7
Très sévère
VEMS < 30% de la prédite, et VEMS/CVF < 0.7
Vrai ou faux : la mesure des volumes pulmonaires et de la diffusion du monoxyde de carbone est nécessaire afin d’établir un diagnostic de MPOC.
Faux
Vrai ou faux : la Rx pulmonaire et les autres modalités d’imagerie permettent de diagnostiquer la MPOC
Faux, elle permet d’exclure d’autres maladies pulmonaires.
Quelles sont les différences cliniques entre l’asthme et la MPOC?
Voir tableau 4 p.9 des notes de cours
Pourquoi le diagnostic de MPOC doit être évoqué chez tout individu fumeur ou ex-fumeur qui consulte pour dyspnée?
La prévalence de la MPOC est très élevée.
La prise en charge de la MPOC vise à :
- Prévenir la progression de la maladie (abandon du tabac)
- Soulage la dyspnée et les autres symptômes respiratoires
- Améliorer la tolérance à l’exercice
- Prévenir et traiter les exacerbations
- Améliorer la qualité de vie
- Réduire le taux de mortalité
Tous les efforts devraient être mis en oeuvre pour que les patients atteints de la MPOC cessent de _________.
Fumer
Quels sont les éléments d’un programme d’éducation structuré sur la MPOC?
- Abandon du tabagisme
- Renseignements de base : anatomie et physiopathologie
- Justification des traitements médicaux
- Technique efficace d’usage des médicaments inhalés
- Stratégies pour soulager la dyspnée
- Prise de décision au sujet des exacerbations de la MPOC
- Discussions sur la fin de vie
- Identification des autres ressources d’éducation
L’administration du vaccin contre __________ est recommandé tous les ____ à tous les patients atteints de MPOC qui ne présentent pas de contre-indication.
L’influenza
Ans
Vrai ou faux : les bénéfices du vaccin anti-pneumococcique sont bien établis.
Faux, mais recommandé que les patients atteints de MPOC reçoivent le vaccin au moins une fois au cours de leur vie (administré de nouveau tous les 5-10 ans).
Quels sont les piliers du traitement pharmacologique de la MPOC?
Bronchodilatateurs
Ils réduisent le tonus des muscles lisses des voies aériennes et améliorent ainsi le débit expiratoire.
De quelle manière devraient être administrés les bronchodilatateurs?
Le traitement en inhalation est favorable, car il cible directement les voies aériennes et est moins susceptible de provoquer des effets secondaires systémiques.
Combien existe-t-il de classes importantes de bronchodilatateurs et quelles sont leurs caractéristiques?
2
Bêta-2 agonistes
Anti-cholinergique
Comment agissent les bêta-2 agonistes?
Les agonistes des récepteurs β utilisés dans le traitement de la MPOC se lient aux récepteurs adrénergiques de type β2 présents sur la muqueuse bronchique. La stimulation de ces récepteurs induit une élévation des concentrations de l’adénosine monophosphate cyclique (AMPc). Cette hausse des concentrations de l’AMPc stimule les kinases qui inhibent la phosphorylation de la myosine et abaissent les concentrations intra-cellulaires de calcium. Ces actions sont associées à la relaxation du muscle lisse des voies respiratoires (Figure 3).
Stimulation de la voie sympathique et crée bronchodilatation.
De quelle manière agissent les anti-cholinergiques?
Les anti-cholinergiques se lient aux récepteurs cholinergiques de type muscarinique du muscle lisse bronchique. Cette liaison entraîne la baisse de la concentration de la guanosine monophosphate cyclique (GMPc), ce qui produit une bronchodilatation locale (Figure 4).
Vrai ou faux : les stéroïdes inhalés sont considérés comme un traitement de première intention dans la MPOC
Faux
Quels sont les différents types d’anti-inflammatoires?
- Stéroïdes inhalés
- Stéroïdes systémiques
- Inhibiteur de la phophodiesterase 4 (PDE4)
Quels sont les deux types de bronchodilatateurs utilisés dans la MPOC?
Courte action (4-6 heures)
Longue action (12 heures)
Que permettent les antibiotiques chez les patients MPOC?
Réduire la fréquence des exacerbations de la maladie dans un sous-groupe de patients à risque élevée de tels épisodes (azythromycine - zythromax, classe des macrolides)
Quels sont les deux éléments qui guident habituellement la prescription de la médication inhalée?
Sévérité de la dyspnée et fréquence des exacerbations
Quelles sont les recommandations relatives à une pharmacothérapie optimale selon la gravité de la MPOC?
Léger (patient peu symptomatique) : bronchodilatateur à courte action, si prise régulière de cette médication, bronchodilatateur à longue action devrait être introduit
Modéré (EAMPOC non fréquent) : 2 bronchodilatateurs à longue action de classes différentes (bêta-2 agoniste et anti-cholinergique) ou seul inhalateur combinant les deux (simplifier thérapie et limiter les coûts)
Introduction stéroïde inhalé quand patient commence à présenter des exacerbations fréquentes ou si suspision de asthme-MPOC
Sévère (EAMPOC sévère ou fréquente) : LAMA/LABA –> LAMA + ICS/LABA –> + inhibiteur PDE4
Asthme/MPOC : ICS/LABA (dose faible/modérée) –> ajout LAMA ET/OU augmenter la dose ICS/LABA
Vrai ou faux : la réadaptation respiratoire est centrée sur l’éducation/l’enseignement.
Faux, sur l’entraînement physique.
Quels sont les composantes d’une programme de réadaptation respiratoire complet et combien de temps dure-t-il?
- Tx pharmacologique adéquat
- Programme d’exercices physiques adaptés
- Programme d’éducation
- Support psychosocial
12 semaines, 3 sessions de 3 heures/semaine
Quels sont les critères d’éligibilité à un programme de réadaptation respiratoire?
- MPOC symptomatique, cliniquement stable
- Capacité à l’exercice réduite
- Dyspnée augmentée malgré un traitement pharmacologique adéquat
- Absence de CI à l’exercice
Vrai ou faux : le stéroïde inhalé seul peut être utilisé dans le traitement de la MPOC stable
Faux
Vrai ou faux : plus l’exposition à une pO2 adéquate est grande, meilleurs sont les bénéfices sur la survie des patients?
Vrai
Quels sont les critères d’éligibilité à l’oxygénothérapie à domicile et quand doivent-ils être mesurés?
PaO2 < ou = 55 mm Hg ; OU
PaO2 < ou = 59 mm Hg, en présence de
- oedème périphérique, ET/OU
- une hématocrite ≥ 55 %, ET/OU
- des ondes « P » pulmonaires à l’ECG (3 mm en DII, DIII et AVF)
Mesurés lorsque le patient est stable
Quels sont les traitements chirurgicaux offerts chez les patients atteints de la MPOC?
- Chirurgie de l’emphysème
- Transplantation pulmonaire
(1) VEMS < 25 % de la prédite ; (2) PCO2 > 55 mm Hg et/ou (3) coeur pulmonaire (un des critères à remplir + cesser de fumer depuis plus de 6 mois) - transplantation pulmonaire
Qu’est-ce qu’une EAMPOC?
Une aggravation soutemue de la dyspnée, de la toux ou de la production des expectorations qui entraîne une augmentation de l’usage des médicaments d’entretien ou un apport de médicaments supplémentaires.
Modification de l’état d’une durée d’au moins 48 heures.
Quels sont les différents facteurs déclencheurs d’une EAMPOC?
- Infection (50%)
- Fumée de cigarette
- Exposition à des irritants non spécifiques
- Air froid
- Polluants
Combient d’exacerbations un MPOC sévère fait-il par année?
En moyenne 2 à 4 EAMPOC/année.
Les patients présentant un VEMS plus faible ont des exacerbations plus fréquentes.
Les EAMPOC constituent la cause principale de visites médicales non planifiées d’hospitalisation et de mortalité dans la MPOC.
Vrai ou faux : le RX pulmonaire permet de diagnostiquer une EAMPOC?
Faux, elle peut être utile pour distinguer une EAMPOC de d’autres conditions (pneumonie, embolie, pulmonaire, IC).
Vrai ou faux : les tests de fonction respiratoire sont utiles pour les EAMPOC chez une patient avec un diagnostic de MPOC.
Faux
Quels sont les traitements pour les EAMPOC?
- Bronchodilatateurs : courte action pris plus régulièrement pour améliorer rapidement la fonction respiratoire et soulager la dyspnée
- Corticothérapie : permet d’améliorer rapidement la fonction respiratoire VEMS et diminuer la récidive des exacerbations
- Antibiotiques : recommandés quand patient présente des expectorations purulentes
Le patient qui présente une EAMPOC devra être hospitalisé si :
- la dyspnée est sévère;
- il y a hypoxémie sévère nécessitant un supplément en oxygène temporaire;
- il y a acidose respiratoire aiguë (ph < 7,35).
- le niveau de conscience est altéré ou il y a état confusionnel (délirium);
- le support à domicile est inadéquat (par exemple, le patient vit seul) et le retour à domicile est périlleux.
Quelles sont les deux formes de support ventilatoire temporaire en cas d’insuffisance respiratoire et quelle forme est privilégiée?
- Non-invasie (privilégiée)
- Invasive
Quelle est la seule intervention qui ralentisse la chute du VEMS?
L’arrêt du tabac
Quels sont les éléments à considérer dans le contrôle des symptômes en soins de fin de vie?
- Thérapie bronchodilatatrice devrait être maximisée
- Rôle de l’oxygène dans les soins palliatifs chez les patients qui ne rencontrent pas les critères d’oxygénothérapie est incertain
- Narcotiques peuvent soulager patients MPOC qui souffrent de dyspnée au repos, mais risque d’effets respiratoires dépresseurs à considérer.
- Conséquences psychologiques de la MPOC sévère
Messages clés
- Maladie chronique très prévalente
- Impacts majeurs sur la qualité de vie
- Haut taux d’hospitalisations et de mortalité
- Dx repose sur le spirométrie
- Traitement préventif : cessation tabagique
- Tx pharmacologique et non pharmacologique