Poésie : vers Flashcards
Musset, Lettre à M. de Lamartine
Qui de nous, Lamartine, et de notre jeunesse
Ne sait par coeur ce chant, des amants adoré
Qu’un soit, au bord d’un lac, tu nous as soupiré ?
Yves Bonnefoy, “Eloge de l’arbre”
Passant,
regarde ce grand arbre
et à travers lui
il peut suffire
Mallarmé, “Prose”
Oui, dans une île que l’air charge
De vue et non de visions
Toute fleur s’étalait plus large
Sans que nous en devisions
Villon, “La ballade des dames des temps jadis”
Dites-moi où, n'en quel pays, Est Flora la belle Romaine, [...] Prince, n'enquerez de semaine Ou elles sont, ni de cet an Qu'à ce refrain ne vous remaine Mais où sont les neiges d'antan ?
Artaud, “Ti largar”
Le monde des sensat est un arbre basé sur qui dort morale morille
Rimbaud, “Cocher ivre” in Album zutique”
Pouacre Boit : Nacre Voit : Fiacre Choit !
Rimbaud, “Phrases” in Illuminations
J’ai tendu des cordes de clocher à clocher; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d’or d’étoile à étoile ; et je danse.
Verlaine, “Art poétique” in Jadis et Naguère
De la musique avant toute chose
Et pour cela préfère l’impair
Plus vague et plus soluble dans l’air
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose
Ronsard, Sonnets pour Hélène, I, 42
En choisissant l’esprit vous êtes malapprise
Qui refusez le corps à mon gré le meilleur,
De l’un en l’éprouvant on connaît la valeur,
L’autre n’est rien que vent, que songe et que feintise
Baudelaire, Les Fleurs du mal, “J’aime le souvenir de ces époques nues”
J’aime le souvenir des ces époques nues
Dont Phoebus se plaisant à dorer les statues [..]
Nous avons, il est vrai, nations corrompues,
Aux peuples anciens des beautés inconnues
Yves Bonnefoy, “L’imperfection est la cime”
Aimer la perfection parce qu’elle est le seuil
Mais la nier sitôt connue, l’oublier morte
Verlaine, “Colombine” in Fêtes galantes
Arlequin aussi Cet aigrefin si Fantasque Aux costumes fous Les yeux luisants sous Le masque
- Do, mi, sol, mi, fa - Tout ce monde va Rit chante Et danse devant Une belle enfant Méchante
“Boxe” de Tristan Tzara
Symboles, typographie, chiffres arabes, polices d’écriture = tableau ? poème ?
Eluard, recueil Poèmes politques
Car vous marchez sans but sans savoir que les hommes
Ont besoin d’être unis d’espérer de lutter
Nerval, “Vers dorés” Odelettes
Respecte dans la bête un esprit agissant :
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;
Un mystère d’amour dans le métal repose :
“Tout est sensible ! “ - Et tout sur ton être est puissant !
Nerval, ‘El Desdichado”
Je suis le Ténébreux, - le Veuf, - l’Inconsolé
Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Etoile (en italiques) est morte, - et mon Luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie (italiques).
Dans la nuit du Tombeau, Toi qui m’as consolé
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie
La fleur qui plaisant tant à mon coeur désolé
Et la treille où le Pampre à la Rose s’allie?
Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la sirène;
J’ai rêvé dans la Grotte où nage la sireine…
Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tout sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la Sainte et les cris de la Fée
T.Gautier, Emaux et Camées, 1852 “Symphonie en blanc majeur”
A-t-on pris la goutte lactée
Tâchant l’azur du ciel d’hiver,
Le lis à la pulpe argentée,
La blanche écume de la mer
Hugo, Les Châtiments, “Nox”
Muse Indignation, viens, dressons maintenant
Dressons sur cet empire heureux et rayonnant
Et sur cette victoire au tonnerre échappée
Assez de piloris pour faire une épopée !
Hugo, L Châtiments, “Napoléon III”
Cette gloire est ton trou, ta bauge, ta demeure
Toi qui n’as jamais pris la fortune qu’à l’heure
Te voilà presque assis sur ce hautain sommet !
Hugo, L.C, premier vers du livre VII
Sonnez, sonnez tjrs, clairons de la pensée….
Crois-tu donc renverser ma ville avec du vent ?
A la septième fois les murailles tombèrent
Apollinaire, Réponse des cosaques zaporogues au sultan de Constantinople
Poisson pourri de Salonique Long collier des sommeils affreux D'yeux arrachés à coups de pique Ta mère fit un pet foireux Et tu naquis de sa colique
Rimbaud, “Coeur volé”
Ton triste coeur bave à la poupe,
Mon coeur est plein de caporal
Jean-Claude Renard, ‘L’équilibre d’être”
Je meurs ici de n’être dans la mort que le malheur de celui que je suis, mourant ailleurs de n’être que le corps de celui-là que je suis dans l’esprit
Mais n’est en mal et ne mue en malheur, que celui-là qui est absent de lui, qui est ici ce qu’il n’est pas ailleurs, qui est ailleurs ce dont il meurt ici
Mallarmé, “Tombeau d’Edgar Poe”
Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief
Dont la tombe de Poe éblouissante s’orne
Paul Claudel, “La Muse qui est la Grâce” (Cinq grandes ôdes”
Laisse-moi chanter les oeuvres des hommes et que chacun retrouve en mes vers ces choses qui lui sont connues
Ponge, “L’orange” dans Le Parti pris des choses”
Comme dans l’orange il y a dans l’éponge l’aspiration à reprendre contenance après avoir subi l’épreuve de l’expression
Un dieu déchiré se repose quelques instants sur la route de l’éternel printemps ou rondeau d’après Charles d’Orléans - Jean-Paul Curtay dans La poésie lettriste
Ogan labessé son danbo
Séban déboidur et dobuie
Aragon, “Le paysan de Paris chante” dans Il ne m’est Paris que d’Elsa
Arrachez-moi le coeur vous y verrez Paris
Lamartine, “Le lac”
Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos :
Le flot fut attentif et la voix qui m’est chère
Laissa tomber ces mots :
“O temps, suspends ton vol”
Vigny “La mort du loup”
A voir ce que l’on fut sur terre et ce qu’on laisse
Seul le silence est franc; tout le reste est faiblesse.
[…]
Gémir, pleurer, prier est également lâche”
Eluard, Les mains libres, “Le Don”
Elle est noyau figue pensée
Baudelaire, “Recueillement”
Sois sage, ô ma DOuleur, et tiens-toi plus tranquille. [.]
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.
Verlaine, “Charleroi”
On sent de quoi ?
Des gares tonnent
Les yeux s’étonennt
Où Charleroi ?
Louise Labé, Sonnet VIII
Je vis, je meurs; je me brûle et me noie