Cours 9 - Cadre et frontières, conflit de rôle, inconduite à caractère sexuel Flashcards
Cadre
- Définition
Ensemble des règles à suivre, des responsabilités du professionnel et du client qui sont établis dans l’intervention.
• Vise le bon fonctionnement de l’intervention
Ensemble de règles placées sur un continuum (Chadda and Slonim,
1998)
Règles simples, subtiles —————- Règles plus évidentes
Pas de définition universelle
• Dépend du client, du traitement et du lien de confiance (alliance thérapeutique) (Simon, 1992).
Avantages liés au cadre et aux frontières
Favorise une structure sécuritaire dans la relation professionnelle
– Diminue les risques de bris / transgression des frontières
Favorise la coopération, le lien de confiance, l’alliance thérapeutique
Respecte les principes éthiques suivants :
• Autonomie et autodétermination
• Éviter de nuire
• Équité et fidelité (caring)
Enjeux liés au cadre et frontières
La manière d’établir le cadre dépend du sexologue
Le cadre lui-même dépend de vous, de l’institution, du lieu de travail, des règlements
Le consentement éclairé permet d’établir le cadre
C’est la responsabilité du sexologue d’établir le cadre / frontières et de le-les maintenir
– Le sexologue ne peut prendre pour acquis que le client connaît le cadre, les frontières
Exemples d’éléments du cadre en intervention individuelle :
Ponctualité et présence (pour les deux)
Pas de contact physique
Respect du temps alloué (pour les deux)
Ne pose pas de questions personnelles au sexologue
Répond aux questions du sexologue et collabore à l’intervention
Malgré que la thématique porte sur la sexualité, certains gestes ou paroles sont proscrites
Exemples d’éléments du cadre en intervention de groupe
Respect des interventions de chacun (ne pas dénigrer, ne pas juger, ne pas interrompre, lever la main pour parler)
Respect des tours de parole
Respect des règles de l’institution (EX. ne pas être intoxiqué)
Respect du temps, ponctualité, pause
Respect des thèmes apportés
Respect de la confidentialité des échanges
Éléments qui peuvent rendre le cadre plus difficile à respecter
- Clientèle ayant des difficultés à respecter les limites (EX. veut une attention spéciale, souffrants, délinquance, etc.);
- Enjeux du sexologue (veut plaire, difficulté à imposer des limites, trop impliqué émotionnellement, peur des conséquences, de perdre le mandat, etc.);
- Interaction entre le milieu et le contexte de l’intervention (EX. règles trop ou pas assez rigides ou incompatibles avec les objectifs du sexologue (EX. porte barrée si arrive trop tard, peu importe les raisons); désir de la direction de tout savoir ce qui se passe, etc.).
- Philosophie du milieu
Rupture du cadre
Mauvaise perception des exigences attendues d’un sexologue dans certaines circonstances.
EX. Le professionnel est incapable d’objectiver ce qui se passe. (Le prend personnel)
Amène le professionnel à répondre à la demande d’un client, à poser des actions qu’il juge correcte car le client y a consenti.
Risque de glissement, de transgression des frontières
Peut mener à des conflits de rôle, conflits d’intérêt
Vu comme un processus, pas seulement une finalité
Transgression des frontières
Continuum (Smitz et Fitzpatrick, 1995)
Bris des frontières ou passage des frontières (Fay, 2002; Zur, 2006)
– Écart par rapport à la pratique habituelle
– Risques minimum
à
Violation / transgression des frontières
– Écart important par rapport à la pratique habituelle
– Risques sérieux
– Passage des frontières non désiré, non éthique, illégal.
– Visée d’exploitation, d’abus.
En définition :
Indépendance professionnelle
Exercer sa profession avec objectivité
Faire abstraction de toute interventions d’un tiers qui pourrait influencer son jugement professionnel ET causer préjudice.
Conflit d’intérêt
- Définition
Intervention du sexologue qui vise à favoriser ses intérêts à lui ou ceux d’un tiers au détriment de ceux de son client.
Situation où le jugement du sexologue et sa loyauté envers le client peuvent en être défavorablement affectés.
Type de conflits d’intérêt
– Conflit réel
– Conflit apparent ou apparence de conflit
– Conflit potentiel
Nature des conflits d’intérêt
– En rapport avec l’argent
– En rapport avec l’information
– En rapport avec l’influence
Conflit de rôle
Dualité de rôle joué auprès du client.
Conflit entre deux fonctions professionnelles.
Double mandat réalisé simultanément ou successivement auprès d’un client. EX. sexologue et expert.
Comporte un risque potentiel de conflit d’intérêt.
Implique la perte de l’indépendance professionnelle.
Cause et impacts de conflit de rôle et d’intérêt
Confusion chez le client dans sa perception du professionnel.
Bris de confiance dans la relation professionnelle.
Perte de l’indépendance professionnelle.
Ne signifie pas que le sexologue impliqué est malhonnête.
Dans la déontologie : Immiscer dans affaires personnelles
Article 9 du Code de déontologie
Le sexologue s’abstient de s’immiscer dans les affaires personnelles de son client sur des sujets qui ne relèvent pas de l’exercice de sa profession.
Dans la déontologie : Objectivité
Le sexologue fait preuve d’objectivité et subordonne son intérêt personnel ou, le cas échéant, celui de son employeur, de ses collègues de travail ou d’un tiers qui paie les honoraires à celui de son client.
Dans la déontologie : indépendance professionnelle
Article 33 du Code de déontologie
Le sexologue sauvegarde en tout temps son indépendance professionnelle, notamment :
1° en ignorant l’intervention d’un tiers qui pourrait influer sur l’exercice de son jugement professionnel ou de ses activités professionnelle au préjudice de son client;
2° en évitant d’utiliser sa relation professionnelle afin d’obtenir pour lui ou pour un tiers des avantages de toute nature;
3° en évitant toute situation de conflit d’intérêts réel ou apparent, notamment lorsque les intérêts en présence sont tels qu’il pourrait être porté à préférer certains d’entre eux à ceux de son client ou lorsque son intégrité et sa loyauté envers celui-ci pourraient être affectées.
Dans la déontologie : activités non-liées a la profession
Article 34 du Code de déontologie
Lorsque le sexologue exerce des activités qui ne sont pas liées à la profession de sexologue, notamment dans le cadre d’un emploi, d’une fonction, d’une charge ou de l’exploitation d’une entreprise:
1° il s’assure que l’exercice de ces activités ne compromette pas le respect du présent code;
2° il évite de créer ou de laisser perdurer toute ambiguïté sur la qualité en vertu de laquelle il agit.
Dans la déontologie : Lors d’un conflit d’intérêt
Article 35 du Code de déontologie
Le sexologue qui constate qu’il se trouve en conflit d’intérêts, réel ou apparent, en avise son client et prend les moyens nécessaires afin de s’assurer que ce dernier ne subisse pas de préjudice.
Dans la déontologie : Expertise
Article 36 du Code de déontologie
Le sexologue agissant comme expert ne peut devenir le sexologue traitant d’une personne ayant fait l’objet de son expertise, à moins qu’il n’y ait une demande expresse de cette personne à ce sujet et qu’il n’ait obtenu une autorisation explicite des personnes concernées par ce changement de rôles, le cas échéant.
Dans la déontologie : Inciter ses services
Article 37 du Code de déontologie
Le sexologue n’incite pas de façon insidieuse, pressante ou répétée une personne à recourir à ses services professionnels, à ceux des personnes qui collaborent avec lui ou à ceux de la société au sein de laquelle il exerce ses activités professionnelles ou à participer à une recherche.
Dans la déontologie : Effectuer actes professionnels
Article 38 du Code de déontologie
Le sexologue évite d’effectuer ou de multiplier des actes professionnels sans raison suffisante et s’abstient d’effectuer un acte inapproprié ou disproportionné au besoin de son client.
Dans la déontologie : reçus
Article 39 du Code de déontologie
Le sexologue ne peut, par complaisance ou pour tout autre motif, émettre des reçus inexacts, falsifier ou détruire un rapport ou un dossier, en partie ou en totalité.
Dans la déontologie : cadeaux et $
Article 40 du Code de déontologie
À l’exception de la rémunération à laquelle il a droit, le sexologue s’abstient de recevoir, de verser ou de s’engager à verser tout avantage, ristourne ou commission relié à l’exercice de sa profession à l’exception de remerciements d’usage et de cadeaux de valeur modeste.
Dans la déontologie : pression dans l’ordre
Article 41 du Code de déontologie
Le sexologue s’abstient de faire toute pression pour influencer le Conseil d’administration de l’Ordre, l’un de ses comités ou toute autre personne agissant pour le compte de l’Ordre.
L’inconduite à caractère sexuel
Suscite la réprobation générale (attentes élevées du public quant à l’intégrité des professionnels).
Le plus important manquement à la relation professionnel.
Implique un changement / confusion de rôle.
Implique un conflit d’intérêt.
Est un abus de pouvoir.
Privilège donné aux intérêts du professionnel au détriment du client.
Mauvaise gestion du contre-transfert.
Répercussions négatives sur le client.
Se caractérise par des propos, des gestes, une relation amoureuse, l’intimité sexuelle.
Transgression des frontières
N’a pas de but professionnel (même chose pour conflit de rôle)
Contamine la relation thérapeutique
Contrevient à la déontologie
– Position de l’OPSQ – TOLÉRANCE ZÉRO
Raisons pour interdire inconduite à caractère sexuel ?
Trois raisons pour l’interdire
– Vulnérabilité du client
– Intérêts du professionnel placés devant ceux du client
– Conséquences néfastes sur le client
Article 59.1 du Code des professions
Gestes à caractère sexuel
Constitue un acte dérogatoire à la dignité de sa profession le fait pour un professionnel, pendant la durée de la relation professionnelle qui s’établit avec la personne à qui il fournit des services, d’abuser de cette relation pour avoir avec elle des relations sexuelles, de poser des gestes abusifs à caractère sexuel ou de tenir des propos abusifs à caractère sexuel.
Article 10 du Code de déontologie
- Gestes à caractère sexuel ou amical
Pendant la durée de la relation professionnelle, le sexologue n’établit pas de liens susceptibles de compromettre la qualité de ses services professionnels, ni de liens amoureux ou sexuels avec un client, ne tient pas de propos abusifs à caractère sexuel et ne pose pas de gestes abusifs à caractère sexuel à l’égard d’un client.
La durée de la relation professionnelle est déterminée en tenant compte notamment de la nature de la problématique et de la durée des services professionnels rendus, de la vulnérabilité du client et de la probabilité d’avoir à rendre à nouveau des services professionnels à ce client.
Quelques données américaines (Pope et Vasquez, 2001)
- Inconduite à caractère sexuel
5% des patients étaient mineurs au moment de l’inconduite (âge variant de 3 à 17 ans).
32% avait vécu de l’inceste ou abus sexuel dans l’enfance.
14% ont tait une tentative de suicide suite à l’expérience.
Les thérapeutes engagés dans une inconduite à caractère sexuel l’ont fait avec plus d’un client.
Le plus souvent le thérapeute est un homme et le client est une femme.
Comment déterminer la fin d’une relation professionnelle ?
Éléments à considérer :
La nature de la problématique traitée
La durée des services
La vulnérabilité du client
La possibilité qu’il puisse recourir à nouveau à vos services
Malgré tout, le transfert ne se liquide jamais totalement.
Mesures préventives
- Inconduite à CS
Les 10 questions suivantes peuvent se poser (Pope et Vasquez, 2001) :
Est-ce que l’action envisagée respecte l’interdiction d’intimité sexuelle sexologue-patient?
Est-ce que l’action envisagée pourrait mener ou créer une intimité sexuelle (un conflit de rôle) avec le client?
Est-ce qu’il a été clairement évoqué que l’intimité sexuelle ne surviendrait pas entre le sexologue et le patient? ET Est-ce que vos actions sont cohérentes avec vos paroles?
Est-ce qu’il serait préférable de repousser certaines actions tant qu’il existe un risque de créer un conflit de rôle ou une intimité entre le sexologue et le patient?
Est-ce que l’action envisagée est cohérente avec le bien-être du patient?
Est-ce que l’action envisagée est cohérente avec le consentement initial?
Comment le patient recevra, comprendra et réagira à l’action envisagée? (Empathie)
Est-ce que j’ai la compétence pour mener à bien les interventions envisagées?
Est-ce que l’action envisagée est inhabituelle par rapport aux comportements normaux du sexologue?
Est-ce qu’il y a réticence à discuter des actions possiblement à risque d’inconduite sexuelle avec un collègue ou un superviseur?