Comment aimes-tu ? Flashcards
Présentez les deux modèles théoriques à partir desquels le fonctionnement affectif et relationnel est actuellement évalué en psychologie clinique.
> La psychanalyse (le plus développé et le plus ancien) présuppose l’existence d’un appareil psychique évaluable par les méthodes dites “projectives” - d’après la “projection”, soit le mécanisme de défense inconscient principal moe dans le Rorschach, le TAT, les Aventures de Patte Noire, le Dessin de la Famille, de Bonhomme, etc.
> la psychologie des émotions, issue de la psychologie cognitive, qui théorise un fonctionnement cognitif et émotionnel d’origine cérébrale et neurologique, fondée sur la perception, mécanisme psychologique conscient. La FACES et l’IPPPA relèvent de ce modèle là.
Quels étaient, selon Rorschach lui-même, les fondements théoriques du test du même nom ? (à l’origine)
Rorschach travaillait sur la perception et l’approche différentielle de la schizophrénie. Son but : dégager les données objectives, empiriques pour identifier les différents styles de personnalité.
Bien qu’étant intéressé par la psychanalyse, il considérait donc son test comme un outil perceptif, athéorique et expérimental.
Quels sont les deux référentiels théoriques à partir desquels on peut coter et interpréter des réponses au test de Rorshach ?
> En reprenant les travaux de Rorschach, l’Ecole de Paris (à partir des 70s avec Chabert, Azoulay, Debray, Rausch de Traubenberg etc.) choisit de se baser sur les concepts théoriques de la métapsychologie freudienne.
> En même temps, un auteur américain, Exner (Andronikoff en français) propose une deuxième approche théorique fondée sur la psychologie cognitive.
Ces deux approches ont été largement développées par les auteurs principaux, celle d’Exner ayant nécessité des recherches supplémentaires de validation de la méthodologie de cotation et d’analyse en langue française.
Restituez les 3 propositions théoriques qui fondent la méthode projective psychanalytique.
Les auteurs de l’École Française des méthodes projectives font l’hypothèse que les opérations mentales mises en œuvre au cours de la passation du test sont susceptibles de rendre compte des modalités du fonctionnement psychique propre à chaque sujet, et ce dans la continuité allant du normal et du pathologique (1). Le test des tâches d’encre devient alors, plus qu’un tests de perception, comme Rorschach l’avait imaginé, un test projectif (fondé sur le concept de projection).
Pour Chabert (1994), le test des tâches d’encre implique une double sollicitation :
> des données sensorielles perceptives, soutenues par des conduites cognitives et adaptatives : les sollicitations manifestes du test ;
> et des données subjectives projectives soutenue par des conduites projectives : les sollicitations latentes du test.
Selon l’auteur, l’approche psychanalytique permettrait de repérer les sollicitations latentes et manifestes du test, ainsi que la réactivation par le stimulus des problématiques psychiques spécifiques du sujet (2).
Chabert (1994) dégage deux aspects dans ce stimulus non-figuratif :
> une organisation perceptive, qui se met en forme à partir de la dimension structurale de la forme de la tâche - compacte, fermée, bilatérale, ouverte ;
> d’autre part, la présence d’éléments chromatiques qui soutient une dimension sensorielle liée à la couleur, les tâches étant noires, grises, noir/rouge, pastel.
Ces deux dimensions vont servir de base à la méthode d’analyse : l’appréhension de l’organisation formelle est considérée comme relevant d’une approche perceptivo-cognitive, sous-jacente aux processus de pensée. La sensibilité aux couleurs est empiriquement associée aux sensations, aux affects (3).
Restituez les propositions cognitivo-perceptives d’Exner. Pour cela évoquez d’abord les points communs et différences entre Exner et l’Ecole de Paris, puis présentez les 4 opérations cognitives recouvertes par la notion de “système Intégré” appliquée à la perspective pragmatique d’Exner.
Tout comme la cotation de l’École de Paris, Exner considère qu’il existe deux éléments dans une réponse : les qualités perceptives et la dimension projective. Par ailleurs, le système de cotation est fondé, comme pour l’École de Paris, sur des données empiriques reproductibles et vérifiables, validées par des critères théoriques externes au test.
En revanche, les fondements théoriques sont radicalement différents. Exner interprète les données du test dans une perspective pragmatique, au sein d’une théorie de la personnalité qui définit des styles défensifs (plutôt que des mécanismes psychiques de défense), des conduites mentales (plutôt que des conduites psychiques), et des perceptions de soi et d’autrui, d’affects et des processus cognitifs (plutôt que conflits psychiques, internes et externes à l’appareil psychique). On estime aujourd’hui que ces concepts renvoient à un modèle théorique cognitivo-perceptif.
En effet, la notion de « Système Intégré » appliquée à sa perspective pragmatique recouvrirait quatre opérations cognitives, qu’il définit ainsi :
> un processus d’encodage, concernant la réception et la médiation des qualités du stimulus, et nécessitant de reconnaître et d’évoquer mentalement toutes les catégories d’objets auxquelles tout ou partie de la tâche peut ressembler :
> un processus de classification du stimulus : la hiérarchisation organisée des possibilités évoquées est déterminée par des facteurs psychologiques liés aux besoins et aux désirs du sujet, ainsi qu’à la nécessité d’adéquation à la réalité extérieure ;
> un processus de rejet par la censure, dépendant de la « désirabilité sociale » du sujet ;
> un processus de formulation de la réponse, qui indique des éléments dominants de la structure de la personnalité du sujet, et qui intègre la situation environnementale.
Pour quoi le test de Rorschach est-il un outil particulièrement utile ?
Quelles que soient les approches théoriques, elles rendent compte toutes les deux de tous les éléments constitutifs du « discours Rorschach » (les faits cliniques obtenus grâce aux tâches d’encre), à savoir les qualités perceptives et la dimension projective des tâches elles-mêmes, c’est-à-dire du stimulus non-figuratif. Le test de Rorschach ainsi conçu est un outil particulièrement utile pour l’évaluation psychologique, le diagnostic, les indications thérapeutiques et le pronostic.
Dans le cadre d’un bilan psychologique, il est essentiel d’évaluer tant le fonctionnement intellectuel que le fonctionnement relationnel et affectif. Quel sont les outils les plus pertinents pour évaluer le fonctionnement psychique d’un sujet ?
Les épreuves projectives, Rorschach (et TAT), fondées sur la métapsychologie freudienne, validées et étalonnées, sont les épreuves les plus pertinentes pour évaluer le fonctionnement psychique du sujet.
Restituez la méthode clinique relative à l’évaluation projective.
La perspective clinique présuppose que la prise de contact avec le sujet, sa mobilisation lors de la passation et la restitution des résultats de l’investigation se déroulent lors d’entretiens cliniques. Comme pour toute passation de tests en psychologie clinique, le psychologue clinicien doit donc être formé aux différentes méthodologies de l’entretien clinique, qui inscrivent les entretiens dans un cadre et des procédures définies.
L’évaluation projective s’inscrit dans deux contextes : lesquels ?
> Dans le contexte de troubles psychopathologiques, l’évaluation projective est choisie en tant que procédure d’investigation, avec un objectif essentiellement diagnostique. Les tests projectifs permettent en effet d’apprécier l’ensemble des processus psychiques du sujet, afin de proposer une prise en charge thérapeutique adéquate et spécifique. L’anamnèse (type de troubles, âge, situation familiale, sociale et professionnelle, l’histoire du sujet) est à prendre en compte.
> Dans le contexte de la recherche, les situations les plus fréquemment rencontrées associent demande d’aide et collaboration à la recherche.
Le test du Rorschach est souvent associé au test thématique du TAT. Pourquoi ? (1 raison, 2 modalités)
La confrontation des deux épreuves permet une finesse accrue de l’évaluation diagnostique :
> d’une part en étayant le diagnostic à partir d’une double argumentation,
> et d’autre part, en recueillant un matériel spécifique pour chacune des deux.
Si la congruence des deux tests est généralement bonne pour des organisations psychiques stables et clairement définies (en termes de psychoses ou de névroses), en revanche, l’association des deux tests permet une plus grande précision des diagnostics différentiels (selon Chabert, 2007, en particulier pour les fonctionnements limites et narcissiques ).
Dans le cadre d’un bilan psychologique, les épreuves projectives sont souvent associées à des tests cognitifs évaluant le fonctionnement intellectuel. Pourquoi ?
L’articulation et la synthèse des données cliniques permettent de montrer que les modalités d’investissement et de fonctionnement cognitif sont fortement intriquées avec l’ensemble de l’organisation psychique du sujet.
Des écarts ou des convergences peuvent apparaître entre l’évaluation cognitive de l’intelligence et les potentialités intellectuelles susceptibles d’être repérées dans l’épreuve projective.
Pourquoi la restitution de l’évaluation projective est-elle indispensable (3 raisons) ? Comment doit-elle se dérouler ?
La restitution de l’évaluation projective est indispensable, afin de soumettre au sujet :
> les apports du test projectif,
> des éclaircissements
> et les nouvelles questions que les résultats du test permettent de formuler.
Le psychologue doit s’adapter aux capacités psychiques et cognitives du patient à entendre certaines propositions sur son fonctionnement et à proposer des projets d’orientation. La relation clinique entre le psychologue clinicien et le patient est au coeur de l’entretien clinique, et les facteurs subjectifs doivent être pris en compte dans le discours.
Quels sont les deux types d’interprétations sur lesquelles se fonde la méthode d’interprétation du “discours Rorschach” ?
L’interprétation des réponses au test de Rorschach se fonde, comme tout test ou échelle en psychologie clinique, sur :
> l’interprétation quantitative, à partir des données cliniques transformées en données quantitatives (Psychogramme de l’École de Paris / Résumé formel d’Exner) ;
> l’interprétation qualitative, qui dépend des fondements théoriques de chacun des deux modèles, psychanalytique et cognivo-comportemental.
Comment sont évalués, dans le cadre de l’interprétation du test de Rorschach, les différentes catégories de critères de cotation de la synthèse quantitative ? Donnez un exemple et détaillez-le.
Chaque catégorie de critères de cotation de la synthèse quantitative est évaluée en fonction des tables normatives statistiques.
Le nombre total de réponses d’un protocole de Rorschach permet, par exemple, de situer le sujet par rapport à une norme issue d’un échantillon statistiquement valide. Exner constate que le nombre de réponses (R) est souvent en baisse chez des sujets déprimés qui fournissent en moyenne 14 réponses par protocole. De même, pour l’École de Paris R=17 est une production verbale plutôt faible qui contraste avec le temps total de la passation lorsque celui-ci est relativement long (33 mn). Ainsi un critère de cotation n’est jamais interprété seul, mais mis en relation avec d’autres critères de cotation.
A quoi renvoie chaque catégorie de critères de cotation ? (2 possibilités)
Chaque catégorie de critères de cotation renvoie :
> soit à des caractéristiques cognitives et comportementales de la personnalité ;
> soit à un fonctionnement psychique spécifique en termes de mécanismes de défense préférentiels et de conflits psychiques entre réalité externe et réalité interne.
Dans le cadre de la méthode d’interprétation du “Discours Rorschach”, chaque catégorie ainsi analysée, et…
… fait l’objet, dans le cadre d’un bilan psychologique, d’un compte-rendu écrit et oral résumant les forces et les faiblesses du sujet, en termes de fonctionnement psychique et/ou de processus cognitifs, et les propositions éventuelles de prise en charge thérapeutique.
Quels sont les fondements théoriques du TAT (Thematic Apperception Test)(Murray, 1943) ? Présentez-les briévement.
Pourquoi cette théorisation a-t-elle été abandonnées dans les années 60 ?
Le TAT est issu des travaux de Murray entre 1935 et 1943. L’auteur avait créé 31 planches, sélectionnées en demandant au sujet d’imaginer une histoire en rapport avec la situation représentée. L’hypothèse théorique de Murray était que :
> le sujet s’identifiait au personnage central;
> et cette identification lui permettait d’exprimer ses « besoins ».
Dès les années 60, la cotation et l’analyse du TAT a été l’objet des recherches de l’Ecole de Paris, comme le test de Rorschach, et la théorisation des besoins de Murray a été abandonnée car jugée peu élaborée par les cliniciens français au regard du fonctionnement de l’appareil psychique.
Développez le modèle la théorie des “besoins-pressions” développée par Murray dans le cadre du TAT.
Pour Murray, les besoins du héros sont cotés en rapport avec les « pressions » issues de l’environnement (représentées par le contenu de l’histoire). Le modèle de Murray est donc fondé sur la théorie des “besoins-pressions” : les histoires racontées par le sujet pour chaque planche mettent en scène un héros qui exprimerait ses besoins ; les personnages autour de ce héros, en interaction avec lui représenteraient les forces du milieu familial et social dont il ressentirait la pression ; le heurt entre les deux entraînerait un conflit, dit “inconscient” par Murray. Le TAT permettrait d’étudier la nature et le modèle de résolution de ce conflit inconscient. Murray, en étudiant les comportements du héros et des personnages de l’entourage, a établi une liste des besoins supposée exhaustive, qui rendrait compte de tous les comportements humains.
Cette interprétation en termes de besoins individuels, de pression de l’environnement et de comportements réduit le contenu manifeste des histoires TAT à l’analyse du vécu individuel. La fantaisie imaginative produite témoignerait de la réalité du sujet, sans tenir compte de l’existence des tensions intérieurs, de libido et de pulsions tels que les postule la psychanalyse. La théorie de Murray est en accord avec l’évolution de la société américaine, qui s’est longtemps répugnée à accorder une valeur à l’existence de pulsions de nature éminemment sexuelles.
Que suggère Bellak (1954) par rapport au TAT ?
Bellak (1954), psychanalyste américain, suggère que l’interprétation du contenu d’une histoire devrait se faire « comme on interprète un rêve », c’est-à-dire qu’il faudrait découvrir le contenu latent caché derrière le contenu manifeste, en prenant en compte de l’analyse des mécanismes de défense psychiques. Bellak et al. redéfinissent, en fait, le modèle théorique de Murray en fonction de la théorie psychanalytique, en mettant l’accent, non plus sur le contenu des histoires, mais sur l’aspect formel du discours. Pour ces auteurs, l’analyse de la nature du conflit est importante, mais resterait secondaire. Il faudrait évaluer la façon dont le psychisme du sujet s’est structuré avec le conflit psychogénétique – entre réalité externe et réalité interne, au cours du développement psycho-affectif.
L’Ecole Française du TAT, à l’Université Paris V, reprend les travaux de Bellak. Qu’en fait-elle ?
Précisez les fondements théoriques de cette approche du TAT.
Les principaux auteurs, Shentoub et Debray, font l’hypothèse théorico-clinique que les « récits TAT » sont des formations de discours qui témoignent des relations intra-psychiques avec les exigences de la réalité externe (représenté par le stimulus des gravures). Elles construisent et étalonnent donc une méthode de cotation et d’analyse des différents types de mécanismes de défense repérables dans ces histoires. Cela permet ainsi de déterminer :
> la structure psychique du sujet ;
la qualité des défenses du Moi;
le type de défenses préférentielles du sujet.
Le discours témoignerait alors, selon ces auteurs, d’un mode de résolution du conflit psychique entre fantasme et réalité, tout en restant une fantaisie consciente induite (par les images). Les fondements théoriques de l’Ecole Française du TAT s’inscrivent donc dans la perspective de la métapsychologie freudienne.
Restituez l’interprétation psychanalytique du matériel TAT (image ? planches ? totalité protocole ?) selon les auteurs de l’Ecole Française du TAT.
> Chaque image représenterait une situation se rapportant aux conflits psychiques universels (la problématique œdipienne, la différence des sexes et des générations, sur fond de maniement de la libido et des pulsions de mort).
> Les auteurs identifient pour chaque planche (à ce jour, 16 seulement sur les 31 de Murray), un contenu manifeste (éléments de la réalité) & un contenu latent (spécifique à chaque planche et susceptible de réactiver telle ou telle problématique psychique).
> La totalité d’un protocole TAT permettrait de dégager une ou des problématiques psychiques rendant compte des mécanismes de défense et du fonctionnement psychique individuel d’un sujet. En effet, en élaborant une « histoire TAT », le sujet montre sa capacité à appréhender l’objet perçu dans sa double appartenance objective/perceptive et subjective/projective ; autrement dit, sa capacité à élaborer un espace psychique interne qui permet une activité de rêverie sans être désorganisé ; autrement dit encore, la délimitation possiblement formulable entre un espace interne et un espace externe, entre le « dedans » et le « dehors » de l’appareil psychique.
Que dire, en conclusion, sur ce qu’est le TAT et sur ce qu’il permet de faire ? Avec quoi doivent être articulées les données cliniques ainsi recueillies ?
Le TAT est donc une méthode d’évaluation du fonctionnement psychique d’un sujet, permettant de faire des hypothèses cliniques sur son organisation psychique, ses mécanismes de défenses, la qualité de ses identifications, ses relations d’objet et le type d’angoisse spécifique.
L’analyse dynamique permet également de repérer les mouvements
d’investissement et de désinvestissement de l’objet.
L’ensemble des données cliniques du test doit être synthétisé et articulé, dans le cadre d’un bilan psychologique, à une évaluation du fonctionnement cognitif.
A partir de quel élément se fait l’interprétation du TAT ? Détaillez les trois composantes de cet élément.
Au terme de la cotation et de l’analyse du protocole TAT, on obtient deux types de données : des donnée quantitatives (nombre de procédés de discours utilisés suivant les sollicitations latentes des planches), et des données qualitatives. Comme toujours, l’interprétation se fait à ces deux niveaux, à partir de la synthèse des deux types de données, quantitatives et qualitatives.
Cette synthèse doit :
> permettre d’apprécier la qualité du processus associatif en prenant en compte les relations entre les affects, les représentations et les mécanismes de défense ;
> rendre compte de la diversité des problématiques psychiques, des aménagements défensifs;
> poser des hypothèses cliniques quant à l’organisation psychique du sujet.
A quelles questions doit permettre de répondre la cotation du TAT ?
La cotation du TAT doit permettre de répondre à des questions portant sur la stabilité de l’identité, la différenciation des personnes, la clarté des identifications, la sexuation des repères identificatoires, et leur inscription dans la succession des générations.
Que permet de faire l’interprétation théorico-clinique des références aux contenus latents du TAT ?
L’interprétation théorico-clinique du matériel TAT est ensuite fondée sur la présence d’un conflit entre .
> principe de plaisir et principe de réalité ;
> représentations de choses et représentations de mots ;
> désirs et interdits.
On confronte la problématique psychique abordée par le sujet en fonction du contenu latent sollicité par les planches, et on étudie la manière dont ces contenus sont formulés.
La référence aux contenus latents du matériel permet de situer le sujet en appréciant les différents registres conflictuels qu’il peut se permettre d’aborder et de traiter.
Pourquoi pour les données cliniques exposées par le TAT sont-elles décisives dans le cadre d’une évaluation diagnostique ?
L’évaluation du TAT est décisive pour l’évaluation diagnostique, puisque la psychanalyse considère qu’à chaque organisation psychopathologique correspond une problématique psychique dominante :
> névroses (avatars du conflit œdipien, angoisse de castration, troubles des identifications secondaires) ;
> états-limites (problématiques de perte d’objet, angoisse dépressive, fragilité narcissique mobilisant des aménagements défensifs spécifiques) ;
> psychoses (angoisse de morcellement, problèmes identitaires, perte des liens du sujet avec l’autre et avec lui-même).
Qu’est-ce que le Cat (Children Apperception Test) ?
Bellak, ayant constaté cliniquement que les enfants, confrontés à l’épreuve du Rorschach, privilégiaient le recours à des figures animales comme support palliatif des mouvements identificatoires, créé 10 nouvelles planches, présentées à tous les enfants, fille ou garçon, de 4 à 11 ans, représentant des animaux en posture d’humains, dans des positions de relations plus ou moins ambiguës. Le CAT est donc la version pour enfant du TAT à partir de formes animales (la plus couramment utilisée), tandis que le CAT-H (de Bellak et Hurvich, 1966), inclut des formes animales et humaines.
A partir de quels fondements théoriques le CAT peut-il se coter et s’analyser ?
Les travaux de l’École Française du TAT montrent que le CAT peut se coter et s’analyser à partir des mêmes fondements théoriques – le fonctionnement psychique.
Quels contenus latents le CAT mobilise-t-il ?
Le matériel figuratif des planches est marqué par la prégnance de la dynamique conflictuelle, en particulier dans le registre du conflit œdipien, qui s’organise à partir de l’évocation de personnages en relation. Ces relations sont soient avérées, soit suggérées, et elles renvoient à ce qu’on appelle généralement « l’universalité des conflits psychiques ».
Le CAT mobilise donc les différentes figures des fantasmes originaires (scène primitive, séduction, castration), autour de mises en scène qui s’appuient sur la figuration de la différence des sexes et des générations.
La dimension de la temporalité est centrale dans la dynamique psychique de l’enfant, dans la mesure où sa capacité à se construire dans son rapport au temps et dans son rapport à son propre engagement historique est formulée dans les “histoires” CAT. Le récit se trouve ainsi porteur, à la fois de la charge fantasmatique de la vie psychique de l’enfant, en fonction du contenu latent de chaque planche et des stratégies défensives qui s’y déploient.
Sur quoi se fondent le Dessin du Bonhomme (Goodenough, 1926, Royer, 1984), le Dessin de la Famille (Corman, 1964) et les Aventures de Patte Noire (Corman, 1972) ? Pourquoi ?
Ces trois tests se fondent à la fois sur les qualités perceptives et sur la dimension projective du matériel clinique. En effet, la projection est parmi l’un des concepts essentiels de la psychanalyse, et le plus important opérant dans les tests « projectifs », puisque ce concept présuppose, chez le sujet, l’existence d’un appareil interne permettant de projeter à l’extérieur du matériel interne (fantasmes, élaborations, associations libres, etc.) : l’appareil psychique.
Que cherche-t-on a évaluer dans le Dessin du Bonhomme (Goodenough, 1926, Royer, 1984), le Dessin de la Famille (Corman, 1964) et les Aventures de Patte Noire (Corman, 1972) ?
Dans ce type de tests, indiqués pour les enfants, on cherche à évaluer le fonctionnement psychique du sujet. Les résultats obtenus, qui ne sont ici pas des scores (ce qui n’est pas le cas de tous les tests projectifs, puisqu’au Rorschach, les données cliniques issues de la passation sont transformées en pourcentages) mais du matériel figuratif (dessins et récits imaginaires), sont néanmoins évalués en fonction des normes établies pour chacun des trois tests.
Comment est évalué le test du Dessin du Bonhomme (Goodenough, 1926, Royer, 1984) ?
Le Dessin du Bonhomme est évalué selon deux méthodes : une Échelle de maturité créée et étalonnée par J. Royer (1984) concernant les détails évolutifs du dessin par rapport à l’âge de l’enfant, et une évaluation de la dimension affective projetée dans le dessin.
L’auteur fait l’hypothèse théorico-clinique que le test du Dessin du Bonhomme est un test d’évaluation de la personnalité, se fondant sur la psychogenèse élaborée par la psychanalyse. Ainsi, le versant affectif est évalué en fonction de la représentation des conflits psychiques et des mécanismes de défense que l’enfant projette dans son dessin d’une part, et de la dimension perceptive (caractéristiques proprement psychologiques) d’autre part.
Comment est évalué le test du Dessin de la Famille (Corman, 1964) ?
Le test du Dessin de la Famille, étalonné par Corman (1964), est également un test projectif d’évaluation de la personnalité, dans lequel l’interprétation des résultats se fonde sur les mécanismes associés à la projection, donc au fonctionnement de l’appareil psychique. La méthode d’évaluation associe à la production visuelle (le dessin) un deuxième matériel clinique, de type verbal (le récit que l’enfant fait sur son propre dessin).
L’interprétation s’opère à trois niveaux, au niveau graphique, au niveau des structures formelles représentées et au niveau du contenu, ce qui permet de synthétiser les données cliniques en termes d’identification des mécanismes de défense (identification, repli narcissique, mise à distance, etc.) et des conflits psychiques spécifiques (par exemple présence ou non de manifestations œdipiennes) de la situation réelle de l’enfant telle qu’il la perçoit et qu’il l’imagine.
Comment est évalué le test des Aventures de Patte Noire (Corman, 1972) ?
Le test des Aventures de Patte Noire (Corman, 1972) produit des données cliniques élaborées sous forme de récits (à chaque planche), qui seront ensuite transformées en fonction des sollicitations projectives et des qualités perceptives de chaque planche, c’est-à-dire en fonction de la problématique latente et manifeste de chaque planche.
Chaque planche du test produit un récit, qui, en effet, évoque l’un des aspects de la dynamique conflictuelle du fonctionnement psychique inconscient de l’enfant. Ainsi l’enfant va exprimer, dans ses différents récits, ses conflits inconscients, son type de relation d’objet privilégié, les manifestations du conflit œdipien et ses mécanismes de défense spécifiques
Pourquoi, de manière générale, les tests dit « projectifs » sont-ils particulièrement adaptés à l’évaluation du fonctionnement psychique ?
On constate que la distinction habituelle qui est faite entre tests dits « projectifs » d’une part, et tests dit « perceptifs » d’autre part, est exagérée, tant par rapport au contenu des tests eux-mêmes, qu’aux différentes méthodologies de recueil, de cotation et d’analyse des données cliniques.
En effet, la psychanalyse, en produisant la théorie la plus élaborée sur la personnalité humaine, a inclut, dans le fonctionnement de l’appareil psychique, des mécanismes tant internes (la projection) qu’externes (la perception).
Ce que la psychanalyse propose est non seulement une théorie de l’intériorité du sujet – le psychisme, mais également une théorie des relations que le sujet entretient (à l’intérieur de son propre psychisme, avec celui d’autrui). C’est pourquoi les tests dit « projectifs » sont particulièrement adaptés à l’évaluation du fonctionnement psychique, puisqu’ils font appel aussi bien à des mécanismes internes (psychiques) qu’à des mécanismes externes (psychologiques).
Présentez brièvement le FACES d’Olson (1985 - 2009), avec ses trois dimensions principales et son évolution actuelle.
Le FACES d’Olson (1985-2009) étudie le fonctionnement familial d’une famille ou de sujets, à partir de trois concepts théoriques :
> la cohésion ;
la flexibilité
et la communication.
Il constitue ainsi une évaluation ponctuelle de l’équilibre familial. Il peut être utilisé comme outil diagnostique et/ou thérapeutique.
Seule la version FACES III (Moret, 1990 et Tubiana-Rufi, 1991) a été validée pour une population française. La version IV fait l’objet de recherches pour valider sa fidélité et sa validité en langue française, et n’est donc pas encore disponible en pratique clinique.
Comment la cohésion familiale est-elle définie et évaluée dans le FACES ?
Olson (1985-2009) a défini la cohésion familiale comme un concept exprimant les liens, les attaches émotionnelles et les sentiments entre les différents membres de la famille, ainsi que le degré d’autonomie de chaque personne au sein du système familial.
L’évaluation de la cohésion est déterminée par plusieurs aspects du comportement, dont les caractéristiques diffèrent en fonction du type de structure familiale : l’indépendance, les limites familiales, la coalition, le temps, l’espace, les amis, la prise de décision, les intérêts et les loisirs.
Comment la flexibilité familiale est-elle définie et évaluée dans le FACES ?
La flexibilité familiale est définie par Olson comme la possibilité d’une famille à modifier ses règles de vie (discipline, rapports d’autorité, etc.) en situation particulière (événements de vie stressants, douloureux, etc.).
L’évaluation de la flexibilité est déterminée, elle aussi, par des aspects spécifiques du comportement, dont les caractéristiques sont différentes en fonction du type de structure familiale : l’assurance, l’autorité, la discipline, la négociation, les rôles, les règles et le feed-back.
Comment la communication est-elle définie et évaluée dans le FACES ?
La communication a un rôle particulier dans le FACES. Elle est considérée comme une dimension « facilitatrice » à travers laquelle la famille peut modifier son niveau de cohésion et de flexibilité. Une communication ouverte et positive permet à la famille de passer d’un niveau à l’autre, et surtout, de retourner à un niveau équilibré après un passage éventuel par un extrême en raison d’événements de vie.
La communication est évaluée selon les qualités d’expression, d’écoute, d’ouverture, de clarté, de continuité, de respect et de considération.
Qu’est-ce que le modèle Circumplex, d’où sont tirées les différentes caractéristiques psychologiques du fonctionnement familial exploitées dans le FACES ?
Les différentes caractéristiques psychologiques du fonctionnement familial sont issues du modèle Circumplex élaboré par Olson (2009), et par la combinaison des six dimensions proposées par ce modèle. Le modèle Circumplex est une grille d’analyse des scores des sujets en termes de cohésion et de flexibilité.
Quels sont les 6 types de caractéristiques du fonctionnement familial selon le FACES ?
> Les familles dites « équilibrées » obtiennent des scores élevés sur les deux dimensions équilibrées, et des scores bas sur les quatre dimensions déséquilibrées. Ce sont les familles « ordinaires » selon le modèle FACES, les moins susceptibles d’être rencontrées en psychothérapie.
> Les familles dites « cohésives-rigides » obtiennent des scores élevés de cohésion et de rigidité, et des scores bas sur toutes les autres dimensions. Ce sont des familles supposées avoir un fonctionnement satisfaisant en temps ordinaire, mais être démunies au cours des changements, ou quand elles rencontrent des événements de vie externes, peinant à s’adapter à de nouvelles conditions de vie.
> Les familles « moyennes » obtiennent des scores modérés sur toutes les échelles sauf sur l’échelle de rigidité qui peut être basse ou élevée. Ces familles sont supposées fonctionner adéquatement.
Les familles dites « déséquilibrées flexibles » obtiennent des scores élevés sur toutes les échelles sauf sur celle de cohésion. Ces familles ont une bonne capacité d’adaptation, malgré des scores élevés sur les dimensions déséquilibrées. Pour Olson, c’est une catégorie difficile à caractériser.
> Les familles « désengagées chaotiques » obtiennent des scores bas sur les deux dimensions équilibrées, et des scores bas sur les dimensions de fusion et de rigidité. Ce sont des familles supposément problématiques, avec peu de proximité émotionnelle et des changements très fréquents.
> Les familles « déséquilibrées » obtiennent des scores bas sur les deux dimensions équilibrées, et des scores élevés sur les deux dimensions déséquilibrées. Ce sont les familles les plus problématiques, typiques, selon Olson, des familles qui consultent en psychothérapie.
Détaillez les différentes hypothèses théorico-cliniques issues du FACES (4 hypothèses).
Un certain nombre d’hypothèses ont été formulées par les chercheurs à partir de ce modèle théorique.
> En général, les familles équilibrées devraient être en général mieux adaptées, mieux fonctionner et mieux traverser les transitions du cycle de vie de la famille que les familles déséquilibrées ;
> toute famille équilibrée pourrait fonctionner dans l’extrême d’une des dimensions de façon transitoire, mais le retour à l’équilibre devrait se faire dans un temps relativement bref.
> des aptitudes communicatives positives devraient permettre à la famille d’adapter et de changer son niveau de cohésion et de flexibilité si nécessaire, puis de retourner à l’équilibre ;
> enfin, les familles devraient modifier leurs niveaux de cohésion et de flexibilité pour répondre à des situations de stress et franchir les étapes du cycle de vie. Ces changements dynamiques devraient être bénéfiques pour le système familial.
Restituez la définition initiale de l’attachement selon Bowlby.
L’attachement est l’une des composantes des interactions sociales très étudiées actuellement (Guedeney A. et N., 2002-2006 pour la validation française de l’IPPA). Elle est issue de la théorie de l’attachement élaborée par Bowlby et ses successeurs d’après-guerre, qui avaient proposé une compréhension théorique de la genèse du lien fondamental entre un bébé et ceux qui l’élèvent, comme un besoin primaire d’attachement.
Le moteur essentiel de cette genèse serait la satisfaction du besoin inné chez les bébés de proximité (envers les figures censées le protéger) et le sentiment de sécurité procuré par cette proximité. Pour Bowlby, l’attachement fait partie des besoins primaires : de même qu’il doit s’alimenter pour grandir, le bébé doit aussi, pour se développer et explorer le monde, pouvoir trouver sécurité et réconfort par un lien privilégié avec un adulte.
Quelle hypothèse Bowlby a-t-il fait - en s’appuyant sur les apports de l’éthologie et de la psychologie cognitive et comportementale - concernant le développement de stratégies d’adaptation chez les bébés ?
À partir de l’observation clinique de jeunes enfants et de familles, et avec les apports de l’éthologie et de la psychologie cognitive et comportementale, Bowlby avait fait l’hypothèse que les bébés développeraient des stratégies adaptatives différentes selon la manière dont on en prend soin.
Un attachement « sécure » engendrerait une meilleure régulation émotionnelle, et minimiserait par la suite les troubles de comportement chez l’enfant et l’adolescent.
Restituez les résultats de recherche de Ainsworth concernant les trois types d’attachement qu’elle évalue.
En 1963, Mary Ainsworth, invente une expérience qu’elle nomme la « situation étrange ». Il s’agit d’activer, auprès d’un enfant âgé d’un an, des comportements d’attachement, en induisant un léger stress par le départ et le retour à plusieurs reprises de son parent.
À partir de la « situation étrange », trois typologies d’attitude peuvent être définies :
> le premier type de comportement (A) décrit un attachement qui apparaît anxieux-évitant : l’enfant ne semble affecté ni par le départ du parent, ni par son retour ;
> le second type de comportement (B) est un attachement sécurisé (sécure) : l’enfant proteste au départ du parent et exprime un soulagement à son retour avec une recherche de proximité ;
> le troisième type de comportement (C) montre un attachement anxieux-résistant ou ambivalent : l’enfant montre des marques d’anxiété à la séparation et un comportement à la fois de rapprochement et de rejet au retour.
Quels types d’interactions sont à l’origine des différents comportements d’attachement ? Quels rôles ces types d’attachement seraient-ils amenés à jouer tout au long de la vie ?
Les proportions des trois catégories sont à peu près toujours les mêmes : 22 % d’enfants anxieux évitants (A), 66 % d’enfants sécurisés (B) et 12 % d’enfants anxieux résistants (C). Il est possible de repérer les facteurs prédisposant aux comportements plutôt sécurisés ou anxieux.
Le parent, capable de percevoir et d’interpréter de façon adéquate les signaux et les demandes implicites de l’enfant et d’y répondre de façon appropriée et synchrone, favoriserait l’attachement sécurisant. Par contre, celui qui rejette ou ne comprend pas les demandes de l’enfant, qui manifeste de l’aversion face au contact physique, qui n’exprime que peu d’émotions ou propose des réponses déphasées, favoriserait l’attachement anxieux.
Un enfant sécurisé se montrera sociable, empathique et manifestera une bonne estime de soi. Un enfant ayant bénéficié d’un attachement anxieux sera plus sujet au retrait social, aux plaintes somatiques, à l’agir, et aux comportements oppositionnels et agressifs.
Ces différents types d’attachement joueraient donc un rôle protecteur ou aggravant tout au long de la vie, notamment quand le sujet est confronté à des circonstances difficiles ou douloureuses.
Restituez la transposition des résultats de recherche d’Ainsworth dans une population d’adultes. Que peut-on en conclure ?
D’autres résultats de recherche sur l’attachement à l’âge adulte ont permis de catégoriser trois types de comportements se rapprochant étonnamment de ceux utilisées par Mary Ainsworth pour les bébés (y compris dans leurs proportions) : 27 % de personnes dites « détachées » indifférentes et désengagées émotionnellement, 56 % de personnes « autonomes », avec un accès aisé à leurs émotions et 17 % de personnes « préoccupées », confuses et incohérentes.
La qualité de ces premiers liens d’attachement semble donc d’une importance primordiale pour le développement psycho-affectif de l’enfant.
Un même enfant peut-il avoir plusieurs figures d’attachement ? Précisez l’évolution des résultats de recherche relatifs à l’attachement.
Bowlby avait émis l’hypothèse clinique qu’il n’existerait qu’une seule figure d’attachement possible, la mère. De nombreuses recherches réalisées depuis ces premiers travaux ont infirmé cette hypothèse. La qualité respective des différents lieux et des personnes que l’enfant rencontre semblerait le plus important. Loin d’être un risque, l’existence de plusieurs « lieux » et personnes d’attachement constitue un enrichissement et un facteur de résilience pour l’enfant. Qui plus est, un lien sécurisant établi avec une personne pourrait compenser la relation anxiogène développée avec une autre.
En conclusion, à partir de quelles méthodes peut être évalué le fonctionnement affectif et relationnel ?
Le fonctionnement affectif et relationnel peut donc être étudié à l’aide de différentes méthodes : on parlera
donc de méthodologies différentes, selon le référentiel théorique sur lequel elles se fondent.
On distingue généralement les tests « perceptifs » des tests « projectifs » (sur le plan des méthodes), distinction qui fait référence à la théorie sous-jacente, cognitivo-comportementale (fondée principalement sur la perception ) ou psychanalytique (fondée principalement sur la projection ).
En conclusion, les méthodes d’évaluation des comportements, des attitudes, voire des émotions dans les recherches les
plus récentes, sont le plus souvent fondées sur le concept de…
… perception. Et constituées d’échelles ou de
questionnaires psychométriques explorant une ou plusieurs dimensions psychologiques (par exemple, la
cohésion familiale, l’estime de soi, le sentiment d’abandon, l’attachement). C’est une exploration des
caractéristiques extérieures, donc explicites du fonctionnement de la personnalité.
En conclusion, les méthodes d’évaluation du fonctionnement des affects et des conflits psychiques sont fondées sur le concept de…
… projection. Et sont constituées de supports divers explorant une hypothèse interne du fonctionnement humain : l’appareil psychique, c’est-à dire des caractéristiques implicites du fonctionnement de la personnalité. Les tests projectifs proposent donc une évaluation des troubles psychopathologiques - en termes de psychoses, névroses et états-limites, classification spécifiquement psychanalytique.
Présentez brièvement l’IPPA-R (Armsden et Greenberg, 1978, version française 2006),
L’IPPA-R (Armsden et Greenberg, 1978, version française 2006), Inventory of Peer and Parents
Attachment, est un test d’évaluation du type d’attachement des adolescents vis-à-vis de leur père, leur
mère et leurs pairs.
Détaillez les observation éthologiques et psychologique qui ont menés Bowlby à créer le concept d’attachement.
Après guerre (1945-1950), les travaux de Spitz avaient permis, dans un premier temps, de décrire un
comportement nommé « hospitalisme » chez des nourrissons sans relation ni affection maternelles,
suite aux nombreux enfants orphelins et placés en institution. En éthologie, Harlow (1958) avait, quant
à lui, observé que les bébés macaques préféraient une « mère » de substitution composée de tissus
doux plutôt qu’une « mère » composée de treillis grossiers, même si celle-ci lui fournissait à manger.
Ces observations – éthologiques et psychologiques, ont permis le développement des recherches en
psychologie clinique concernant un nouveau concept : l’attachement.
Que propose d’évaluer l’IPPA ?
L’IPA est un auto-questionnaire qui évalue les perceptions de l’adolescent concernant les dimensions affectives et cognitives de ses relations avec ses parents et avec ses amis proches.
La version révisée
(2006) propose d’évaluer séparément, pour un même sujet, les différentes dimensions de
l’attachement en fonction des figures d’attachement (mère, père, pairs). La sensibilité de cette version a été jugée par leurs auteurs meilleure que l’IPPA. Trois dimensions sont évaluées, dans trois sous-échelles relatives à chaque figure d’attachement : le degré de confiance mutuelle et le respect de l’autre – dimension « confiance », la qualité de la communication – dimension « communication », et
les sentiments de colère et d’abandon - dimension « sentiment d’abandon ».
Selon les résultats de
recherche récents des différents auteurs (Johnson et al. 2003 en anglais, par exemple, Bouvard, 2006
en français), la dimension « communication » perd de son importance, à tel point que les auteurs
proposent d’abandonner cette dimension dans les deux sous-échelles (« père » et « mère »).
Détaillez les résultats des dernières recherches menées autour de la question de l’attachement.
Les études canadiennes (Lapointe et Legault, 2004) ont montré que les adolescents ayant un niveau
élevé d’attachement positif à leurs parents et à leurs pairs avaient une meilleure estime de soi, allaient
chercher plus de soutien chez les autres, et étaient moins susceptibles de réagir négativement aux
stress de la vie quotidienne.
Par ailleurs, les recherches actuelles ont montré que les premières figures
d’attachement peuvent être diverses et ne sont pas exclusives les unes des autres. Plusieurs « lieux »
et personnes d’attachement possibles constituent un enrichissement et un facteur de résilience pour
l’enfant, voire, pourrait compenser des relations anxiogènes développées au cours de l’enfance.