Chapitre 11 - représentations de la structure sociale Flashcards
Stratification sociale
Description d’une société en groupes non seulement différents mais aussi hiérarchisé
Deux approches de la stratification sociale
- Réaliste / nominaliste
- Continuiste / discontinuiste
Théorie des classes sociales
Groupes sociaux différenciés et qui peuvent entrainer des rapports de domination et des conflits
Analyse stratificationniste
Davantage une représentation de la société dans laquelle les différentes strates ne sont séparées que par les écarts gradués
Groupes sociaux
Ensemble d’individus possédant des caractéristiques communes liés par des relations, des activités, des intérêts plus ou moins consciemment partagés
Première façon d’appréhender les positions sociales
- Approche réaliste = partir d’un groupe social visible par lui même et par les autres
- Approche nominaliste = construction d’un regroupement d’individus selon un certain nombre de critères pour faciliter la compréhension de la structure sociale
Critère objectif puis subjectif de stratification chez Marx
- Objectif : la place dans le processus de production
- Subjectif : la conscience de classe (classe pour soi)
Analyse des classes sociales selon Weber
Approche nominaliste et multidimensionnelle. A retenir :
- Les classes sociales ne sont qu’une dimension de la stratification sociale (+ groupes de statuts et partis)
- Les classes n’ont pas nécessairement conscience d’elles-mêmes
- L’analyse ne débouche pas sur la polarisation
Classe sociale
Concept utilisé pour caractériser toutes les formes de hiérarchie à l’œuvre dans les sociétés pour lesquelles il n’existe pas de stratification de droit
+ Def alt «l’analyse suivant laquelle la société est structurée en groupes sociaux occupant des positions inégales, mais aussi liés par des rapports de domination» Y.Siblot
Théorie du feu de camp, qui et quoi ?
M.Halbwachs, les classes dans le foyer central sont les plus intégrées, les plus riches, plus on s’écartes, plus le degré d’intégration s’effrite
Date début d’un salariat vaste et hétérogène
1930
Objectif des ingénieurs statisticiens de l’INSEE
“classer l’ensemble de la population en un nombre restreint de catégories présentant chacun une certaine homogénéité sociale”
Principe de construction de la nomenclature (citation)
«décrire à la fois des comportements assez typés liés à des milieux sociaux, et des groupes d’emplois cohérents quant à la formation qu’ils requirent» (Desrosières et Thèvenot)
Dates des diff codes PCS
- 1954 : code CSP
- 1982 : code PCS
- 2003 : 486 professions
- 2020 : 316 professions
Limites PCS
- La notion de profession est parfois ambiguë
- Le principe d’homogénéité sociale ? Cf 3. Cadre et PIS (professions libérales / professeurs = oui pour la formation… mais patrimoine et revenu)
- Certains aspects de la différenciation sociale ne sont pas pris en compte par les professions : appartenance minorité ethnique (interdit), classe d’âge (cf Bourdieu)
Groupes sociaux traditionnels (Ancien régime)
- Aristocratie foncière = position clef dans la société
- Paysannerie = intégration progressive avec suffrage universel, scolarité primaire (oeuvre de la 3ème rep)
- Petite bourgeoisie = artisans et commerçants qui s’accommodent bien de la monté de l’industrie
Avantages PCS
Boltanski et Chiapello qualifient les PCS comme “un puissant instrument unificateur” car celles-ci ont pour objectif d’aller plus loin qu’une simple approche nominaliste : il faut refléter le plus possible des groupes réels.
Transformations contemporaines de la structure sociale
Evolution de la population active car concentration des entreprises, progression de l’administration et des services publics + progression tertiaire
Critères PCS (6)
Multidimensionnelle au regard de ces critères :
- Profession individuelle
- Statut juridique
- Qualification
- Position hiérarchique
- Taille de l’entreprise
- Secteur d’activité
=> 2003 : 486 professions
=> 2020 : 316 professions (3 chiffres et 1 lettre)
Paysans parcellaires selon Marx
Classe en soi, font tous le même travail mais pas classe pour soi car pas de conscience de classe
Caractéristiques agriculteurs exploitants
- Effectif en déclin, fin d’une société paysanne (H.Mendras : la fin des paysans en 1968)
- 50s-60s : exode rural au moment des successions
- Reste un acteur social (FNSEA)
Trentre glorieuses : professionnalisation, rationalisation, PAC - Fractures qui apparaissent avec les difficultés dans les 90s
Caractéristiques cadres
1944 : création de la CGC
Trente glorieuses “salariat d’excellence”
Effectif en forte croissance, en particulier dans les années 80
Caractéristiques employés
- Forte hétérogénéité des situations de travail
- 70% de femmes
- Groupe sans dénominateur commun, pas d’image propre : 8% ont le sentiment de constituer une catégorie à part
Caractéristiques ouvriers XIXème siècle
Le groupe est éclaté et en concurrence (campagne / ville) et trop misérable (Rapport Villermé en 1840, loi d’étain des salaires) = contestation impossible à organiser
Émergence d’une classe ouvrière
XIXème : intégration par la lutte qui permet la représentation collective et de forger l’identité ouvrière
Apogée de la classe ouvrière (date + caractéristiques)
1930s-1970s : la dynamique économique et sociale des Trente glorieuses profite à la classe ouvrière, c’est le groupe dominante sur cette période.
- La q ouvrière occupe une place majeure sur la scène politique,
- valorisation de l’image ouvrière sur cette période qui se construit dans la capacité à se mobiliser, forme de fierté et de solidarité.
- A atténuer : taux de syndicalisation faible en France, en comparaison des autres grands pays + nuancer la cohésion de ce groupe ouvrier, de son homogénétié, tensions fortes, xénophobie
Mutation du groupe ouvrier aujourd’hui
Mutation ou disparition du groupe ? Thème de la société postindustrielle (Belle, Touraine) depuis le début des années 70. Nécessité d’avoir une vision plus large que la catégorie ouvrier des PCS. Conflit social, économique, bipolarisation, enjeux naturels
Les élites
«L’élite est une minorité de personnes qui détient le pouvoir, du fait de la supériorité de leurs compétences dans l’organisation» G.Mosca
Bourgeoisie, caractéristiques
Signes de distinction, signe d’appartenance, de reconnaissance
Ses caractéristiques sont des vêtements, des manières de se tenir, de parler, un entre-soi. Pour décrire cela, on utilise l’habitus
Classe mobilisée
Mobilisation que cette classe manifeste dans son existence quotidienne en vue de préserver et de transmettre sa position dominante => Pinçon et Pinçon-Charlot
Classes moyennes
«Un entre deux à géométrie variable ente les classes poulardes et les classes supérieures» Serge Bosc
Critères classe moyenne
Critère sociologique, critère économique, subjectif (autoévaluation) et accès à l’automobile (Uri dadush)
Critères sociologiques classe moyenne
Profession (professions intermédiaires, une partie des cadres et des employés)
Groupe caractérisé par une aspiration à une forte mobilité ascendante (école), mode de vie spécifique : biens culturels, propriété résidence
Critère économique classe moyenne
Par les revenus : niveau de vie entre les 20% les plus aisés et les 30% les plus modestes + revenu proche du revenu médian (mais que veut-dire proche ? L.Chauvel : entre 50 et 200% / OCDE : 75-125%)
Montée des classes moyennes
XVII : LA classe moyenne selon Colbert : petite bourgeoisie
XIX (1) : petite bourgeoisie industrielle et commerciale
XIX (2) la classe moyenne se développe avec l’industrialisation
-> Marx et Tocqueville : deux regards sur les classes moyennes (doit disparaitre / va s’étendre)
La classe moyenne ancienne au lendemain de la WWII va perdre de sa «centralité», va essayer de résister (poujadisme)
Poujadisme
Robert Poujade, petit imprimeur qui monte un mouvement politique à l’époque où l’on voit apparaître les grandes surfaces, le petit commerce sombre, poujadisme qui envoie des députés, dont JM Lepen
Deux approches sociologiques contemporaines des classes moyennes
Bourdieu et Mendras
Approche sociologique de Mendras sur les classes moyennes
La “constellation centrale” est au coeur du processus de moyennisation dans La Seconde Révolution française en 1988.
Constellation centrale = ensemble de groupes socio-pro (ingénieurs, professeurs, cadres admin moyens) = revenu moyen,, qualif élevées, forte mobilité sociale
=> homogénéisation des comportements et des styles de vie (barbecue), innovatrice et porteuse de changement
CM pour Bourdieu
Classe subordonnée mais un rôle central dans la structuration de l’espace social
Classe moyenne pour Simmel
(soc allemand, début XX) : entre la bourgeoisie et le prolétariat, classe essentielle pour amoindrir les conflits de classe, on sort de la bipolarisation dans la vision de marx (antagonisme entre bourgeoisie et prolétaires), offre des perspectives pour entrer dans la classe moyenne
Classes moyennes fragilisées
Trente glorieuses vues comme une promesse d’un paradis social mais 80s = éclatement dur monde salarial. Si ce modèle tombe, les classes moyennes tombent car elles sont étroitement associées à ce qui fait son homogénéité
= risque accru de déclassement
Dérive des classes moyennes à nuancer
Les classes moyennes conservent leur centralisé. Dominique Goux et Eric Maurin (les nouvelles classes moyennes, 2012, à connaitre). Prennent le contre-pieds de Maurin :
Centralité sociale : elles n’ont pas perdu leur place dans la hiérarchie sociale
Dynamisme : constituent toujours un tremplin pour la promotion sociale
Position d’arbitre et de stabilité
Les CM incarnent une France «qui tient» et une France «qui monte»
Les chances d’ascensions sont plus importantes pour ce groupe, position d’arbitre et de stabilité, conservent un rôle esesentiel dans la stabilité du système politique (déjà présent chez Tocqueville)
=> L’écart avec les classes populaires persiste. Nécessité de relativiser la notion de déclassement, cette vision :
La fragilisation des statuts n’est pas réservée aux catégories populaires mais ce sont elles qui demeurent les plus touchées : chômage, précarité, inégalités,….
… et la situation matérielle des CM demeure bien meilleure que celle des CP (accès à la propriété, à la consommation, aux loisirs,…)
Mobilité sociale
«Phénomène de déplacement d’individus dans l’espace social» P.Sorokin, social Mobility, 1927
Typologies mobilité sociale
Mobilité intergénérationnelle étudiée selon deux axes : recrutement et destinée
Mobilité nette
Mobilité nette
Part de la mobilité qui n’est pas structurelle cad pas liée à l’évolution des structures d’emploi
Table de mobilité brute
Reproduction sociale sur la diagonale, on ne change pas de catégorie d’origine
Table d’origine ou de recrutement
D’où viennent-ils ?
Table de destinée
Que deviennent-ils ?
Proportion fils d’ouvriers devenant cadres à travers le temps
22% en 1979
32% en 1993
33% en 2003
Part des enfants de cadre qui exercent un emploi d’encadrement aujourd’hui
70%
Mobilité sociale des femmes
La plupart des enquêtes ne portent que sur les hommes
Mobilité descendante des filles par rapport à leur père, question de l’homogamie sociale, moins marquée que dans les années 60 (hausse de l’activité féminine)
Facteur de la mobilité sociale
L’école car ouverte à tous, on parle de “pur produit de l’école Républicaine” pour Pompidou
Mais réalité diff : sur 100 étudiants de classe prépa, 6 sont fils d’ouvrier
Inégalité scolaire (auteurs)
Bourdieu : il montre que l’institution scolaire reproduit et légitime les inégalités sociales. L’école en effet valorise, implicitement, la culture des milieux bourgeois, et transforme ainsi en mérite personnel ce qui n’est que le privilège de certaines classes sociales cultivées
Boudon.R : l’inégalité des chances, 1974. Les stratégies des acteurs (famille, élèves) sont la cause des inégalités de réussite. Dans ces stratégies, les familles disposent de ressources inégales selon le milieu social. Les enfants d’ouvriers par exemple sont moins incités à investir dans des formations longues que les enfants de milieux socioculturels plus élevés.
Courbe de Gatsby
Alan Kruger en 2012, relation entre les inégalités (coefficients de Gini) et l’immobilité intergénérationelle
Mobilité sociale et croissance
«une mobilité sociale limitée peut saper les bases de la croissance». OCDE 2018, deux coûts pour la croissance associés à une faible mobilité :
Ne pas exploiter suffisamment les talents en bas de l’échelle = souligné par Krugman et Stiglitz
Maintenir en haut de l’échelle des personnes aux compétences médiocres
Cappellari : la croyance que les gens, qu’importe leur origine sociale, peuvent accroitre leur niveau de vie est une incitation puissante à accumuler du capital humain.
Mobilité sociale et justice sociale (Deux auteurs)
- François Dubet : il y a deux manières de concevoir la justice sociale. La première, l’égalité des places, vise à réduire les inégalités entre les différentes positions sociales. La seconde, l’égalité des chances, chercher à permettre aux individus d’atteindre les meilleures positions au terme d’une compétition équitable.
- Camille Peugny : Sept enfants de cadre sur dix exercent un emploi d’encardrement. A l’inverse, sept enfants d’ouvriers sur dix occupent un emploi d’éxécution.
Def du changement social
G.Rocher : «toute transformation observable dans le temps qui affecte d’une manière qui ne soit pas que provisoire ou éphémère, la structure ou le fonctionnement de l’organisation sociale d’une collectivité donnée et modifie le cours de l’histoire»
Age
Durée écoulée entre la naissance d’un individu et une date donnée
H. Mendras sur l’âge
Depuis une petite cinquantaine d’années, deux catégories se sont structurées : jeunesse et troisième âge
Déf génération
Ensemble de personnes ayant environ le même age et ayant vécu des expériences historiques communes dont elles ont tiré des modes de pensée, d’analyse, une vision du monde commun
La famille
- A connu de profondes transformations au cours du temps
- A tel point que selon certains la famille serait fragilisée
- Mais elle reste malgré cela, elle demeure une institution fondamentale
La famille a connu des transformations au cours du temps
60s, on passe de la famille largement marquée par le patriarcat vers début de l’émancipation de la femme
Durkheim, sur la famille
La famille conjugale (1882) note que :
La démographie, l’urbanisation et la salarisation ont entraîné une loi de contraction cad une baisse de la taille des familles
Les membres sont moins dépendants de leur parenté élargie mais davantage de la collectivité (développement des droits sociaux)
Mariage d’amour plus que de raison qui s’imposent, les intérêts patrimoniaux s’effacent au profit du sentiment amoureux, de l’épanouissement personnel => revers c’est la préconisation de l’union
La famille en crise
Effritement des normes encadrant la famille (foyer d’inégalités homme/femme, éducation diff selon les foyers, familles monoparentales, homonymie sociale)
- Transformations de la famille qui peuvent accompagner ou amplifier la crise sociale
La famille demeure une institution fondamentale
=> la famille se recompose : redéfinition des rôles familiaux et de nouveaux rapports sociaux.
Individualisation des relations au sein de la famille (F. De Single) : liens plus librement choisi (moins de socialisation verticale), liens construits librement en interaction
=> Et les transformations de la famille s’accompagnent aussi de permanence.
Deuxième façon d’appréhender les positions sociales
- Approche discontinuiste : pas d’opposition mais une gradation
- Approche continuiste : opposition entre deux groupes sociaux
Théorie classique de la stratification
Les Révolutions entrainent des bouleversements sociaux importants => déstructuration de l’ordre ancien => nouvelles classes sociales + interprétation générale de la stratification
Classe pour soi
Développement de liens sociaux entre les membres, capacité de mobilisation, appartenance à une classe sociale
Classe en soi
Rapprochement objectif des positions
Limites Marx
- Classe sociale = uniquement sur un critère économique
- Conflit d’intérêt = nécessairement Révolution
- Néglige la classe moyenne
Louis Chauvel
Le retour des classes sociales ? article OFCE en 2011
Parle d’identité de classe, parmi lesquelles :
- identité temporelle (faible mobilité sociale, forte homogamie)
- Identité culturelle (mode de vie commun)
- Identité collective (conscience d’intérêts communs à défendre)
Approche diff de Marx et Weber
Celle de Lloyd Warner dans son étude “Welcome to Yankee City” (A Newburyport en Nll Angleterre). Croise deux approches :
- recours à des informateurs (voisins) à qui on demande de classer les individus = analyse réputationnelle peu objective
- Définition de critères : profession, revenu, quartier = objectifs pour contruire un indice statuaire
=> 6 groupes = analyse nominaliste en terme de strate et non de classe (pas de conflit)
P.Bourdieu
Espace social avec :
- Axe des ordonnées : volume de capitaux
- Axe des abscisses : structure des capitaux
=> S’inspire de Marx et Weber mais refuse les approches réaliste et nominaliste
+ capital culturel = enjeu crucial et habitus (par des pratiques distinctives les classes dominantes peuvent imposer leur vision du monde)
Hexis corporelle
Identité sociale est imprime dans nitre corps, dans notre langage, dans nos manières d’être