AMM Flashcards
Décrit le cas de Sue Rodrigez.
- Atteinte de la SLA
- Confrontée à l’évolution inexorable de la maladie, elle souhaite décider du moment de sa mort
- Incapable de se donner la mort elle-même, elle souhaite recevoir légalement l’aide d’un médecin
Contexte juridique de l’affaire Sue Rodrigez?
- Suicide assisté illégal (passible de 14 ans
de prison) - Argument de Sue Rodriguez: le suicide étant décriminalisé depuis 1972, l’interdiction du suicide assisté est une discrimination injuste
Jugement de la cour suprême sur l’affaire Sue Rodrigez et argument évoqué ?
- 5 votes contre 4 en défaveur de Sue Rodriguez
- Argument de la pente glissante : Crainte que cela ouvre la porte à des abus mettant en péril la vie de gens vulnérables
- Argument est en lien avec de l’utilitarisme de la règle, car on ne veut pas faire du cas par cas
Initialement, comment le Code criminel du Canada jugeait le suicide (et AMM) ?
- Aider et encourager quelqu’un à se donner la mort = criminel
- Le consentement individuel ne suffisait pas pour obtenir un suicide assisté
Comment pourrions-nous décrire l’évolution du débat philosophique entourant l’AMM ?
Questionnement sur la portée de la TCLE :
* Initialement, TCLE permet le droit négatif à ne pas consentir à la mort/au traitement (selon les critères d’aptitudes)
* Permettre un droit négatif de refus soulève la question à savoir s’il n’est pas possible de permettre du droit positif : Exiger de recevoir la mort pour éviter de continuer de subir de grandes souffrances ou mettre un terme à une vie sans qualité
* Parallèle avec l’utilitarisme: agir ou ne pas agir revient à faire un choix…. donc ne pas donner (inaction) ou donner (action) la mort est-il nécessairement différent ?
Qu’entendons-nous par euthanasie directe vs indirecte ?
- Euthanasie basée sur le critère de l’intention et de la doctrine du double effet (DDE)
- Directe : La mort est voulue et est l’objectif
- Indirecte : La mort n’est pas voulue mais tolérée comme un effet secondaire inévitable - La DDE s’applique ici
- Euthanasie indirecte avait une meilleure acceptation sociale initialement
Qu’entendons-nous par euthanasie active vs passive ?
- Euthanasie basée sur le critère de moyen, c’est-à-dire l’action ou l’omission
- Active : Injecter
- Passif : Cesser traitement
- Euthanasie passive avait une meileure acceptation sociale
Point de vue conséquentialisme sur action vs omission?
Conséquence (la mort) est la même, donc pas de différence moralement significative
Qu’entendons-nous par soins palliatifs et le questionnement sous-entendus ?
Soins palliatifs = Cessation de traitements (soins de confort)
* Il est à se demander si cela est de l’euthanasie ou non ?
* Met en évidence que la question entourant l’euthanasie devient de plus en plus un jargon médicalisé
Qu’entendons-nous par consentement volontaire, non volontaire et involontaire ?
- Volontaire : Ce qui est conforme aux voeux d’une personne compétente
- Non volontaire : Ce qui est fait sans que soit connu les voeux de la personne
- Involontaire : On ne respecte pas les voeux de la personne
Nomme les 4 principes de la doctrine du double effet.
1. L’intention qui préside à l’acte est bonne ou moralement neutre
* Ex.: vouloir soulager la douleur en soins palliatifs
* On regarde l’intention première pour se disculper des conséquences
2. Le mauvais effet ne doit pas être un moyen direct de produire le bon effet
* Ex.: Ne pas viser l’effet négatif (mort) comme le moyen direct - Le mauvais effet (raccourcir la vie) n’est pas utilisé comme moyen pour produire le bon effet (soulagement de la douleur).
3. L’effet négatif s’avère une conséquence prévisible mais non voulue
* Ex.: La mort est prévisible, mais pas souhaitée
4. Règle de proportionnalité: l’effet positif est plus grand que l’effet négatif
* Ex.: L’agonie souffrante est pire que la mort
Est-ce que la doctrine du double effet est pour l’euthanasie directe et active ?
Non
Nomme deux critiques de la doctrine du double effet.
D’un point de vue conséquentialisme, la distinction entre un effet prévu et non voulu est la même chose:
* Les conséquences prévisibles sont supposées être de la responsabilité de la personne effectuant l’action
* Critique le fait qu’on met l’accent sur l’intention plutôt que les conséquences de l’action
* Si on permet euthanasie passive, pourquoi condamner l’euthanasie active alors que le résultat est le même ?
Le DDE permet des abus de langage - risque de redécrire indéfiniment les contextes d’action de sorte qu’ils se conforment à la DDE
Comment l’argument de l’abus de langage pourrait sous-tendre que la DDE est un sophisme ?
Possibilité de manipuler l’interprétation des intentions pour justifier des actes moralement discutables tout en prétendant respecter la doctrine
Exemple avec l’AMM :
1. Un médecin administre une injection létale à un patient en souffrance terminale (non justifiable par la doctrine du double effet)
* Intention réelle : Provoquer la mort pour mettre fin aux souffrances.
* Effet direct : La mort du patient.
* Injustifiable par la doctrine, car la mort est un moyen direct pour obtenir le soulagement.
- Le médecin administre une très forte dose de sédatif, en affirmant que son seul but est de soulager la douleur, tout en sachant que cela entraînera la mort (cas redéfini pour être conforme à la doctrine (argument sophistique))
* Nouvelle intention affichée : Soulager la souffrance.
* Effet secondaire “toléré” : La mort du patient.
Problème : L’action reste fondamentalement la même, mais elle est reformulée pour paraître conforme à la doctrine.
Décrit la position de l’utilitariste de l’acte quant à l’euthanasie.
En faveur de l’AMM:
* Considère qu’il s’agit de maximiser le bien-être et de minimiser les souffrances dans ce cas particulier
Décrit la position de l’utilitariste de la règle quant à l’euthanasie.
Contre la légalisation de l’AMM :
* Conséquences générales d’une telle règle générale au sein de la société pourraient s’avérer plus néfastes que positives
* Il y a crainte d’abus sur les personnes vulnérables
Pour la légalisation de l’AMM :
* S’il y a un encadrement juridique strict assurant qu’il n’y aurait pas d’abus et de clandestinité
Décrit la position de la déontologie stricte quant à l’euthanasie.
- Contre l’euthanasie en vertu du caractère sacré de la vie et du respect inviolable de la dignité humaine.
- Le respect de la dignité de la personne signifie protéger le caractère sacré de la vie, peu importe de quelle vie il s’agit.
- Légalisation de l’euthanasie risque d’envoyer le message social que certaines vies valent moins que d’autres
Décrit la position de la déontologie libérale quant à l’euthanasie.
- Un déontologue libéral peut être pour l’euthanasie en vertu du respect de l’autonomie et de la liberté de choix des individus.
- Le respect de la dignité de la personne s’accomplit par le respect de son consentement libre et éclairé
Qu’est-ce que l’argument de la pente glissante et à quel courant de pensée se rattache-t-il le plus?
- Argument s’approchant de la thèse conséquentialiste
- Argument stipulant que si l’on permet une chose, cela entrainera inévitablement une cascade de conséquences désastreuses menant en dernière instance vers un résultat catastrophique
« En permettant X nous arriverons inévitablement au résultat moralement catastrophique Y. »
Nomme les deux formes de la pente glissante de Williams.
- Horrible résultat
- Résultat arbitraire
Décrit l’argument de l’horrible résultat.
- Consiste à s’opposer radicalement à ce qui se trouve au bas de la pente, donc au résultat Y.
- Suppose que le résultat en bas de la pente (Y) est manifestement horrible pour tout le monde
- Forme la plus faible de cet argument, car joue sur l’appel à l’émotion de répulsion face à l’horrible résultat.
Ex.: Opposition catégorique contre toutes formes de manipulation génétique puisque cela conduira à la conséquence désastreuse de l’eugénisme
Décrit l’argument du résultat arbitraire.
S’oppose au processus de la pente glissante elle-même:
* Si vous acceptez l’action X, il n’y aura aucune bonne raison de ne pas accepter Y
* Mise en place d’une progression naturelle et inévitable rendant impossible une démarcation non-arbitraire
* Toute démarcation entre X et Y sera forcément arbitraire, injustifiée, moralement contingente et hasardeuse.
Ex.: Si on ouvre la porte à l’avortement thérapeutique pour jusqu’à 3 mois, aucune bonne raison d’empêcher l’avortement à un autre moment comme 8 mois et 3 semaines
Nomme les deux interprétations de la pente glissante.
- Interprétation plus forte : version logique
- Interprétation plus faible : version psychologique
Décrit l’interprétation plus forte (logique) en lien avec la pente glissante
- Si on accepte X, nous sommes logiquement obligé d’accepter Y.
- Pas de distinction raisonnable entre X et Y possible
- Le critère utilisé pour autorisé X s’applique nécessairement à Y
Décrit l’interprétation plus faible (psychologique) en lien avec la pente glissante
Même si on pouvait logiquement distinguer X de Y, dans les faits (et dans nos mœurs), nous serons psychologiquement enclins à admettre Y une fois que nous permettons X :
* Si nous faisons exception une fois pour un cas, nous irons d’exception en exception (cas de jurisprudence en cas de jurisprudence…)
Ex.: Si on permet l’AMM une fois, nous irons d’exception en exception pour la mettre en oeuvre
Quel exemple pourrait illustrer un problème pour certaines personnes vulnérables de positionner l’AMM comme «solution logique» ?
- Possibilité de mettre un fardeau de «justification pour vouloir rester en vie» chez les personnes vulnérables qui sont considérées maintenant un fardeau/une dépense aux yeux de la société/du corps médical
Nomme les 2 réfutations de Williams.
- Faux de prétendre qu’une société ne peut fixer des règles exceptionnelles pour les cas limites sous prétexte qu’on irait d’exception en exception jusqu’à détruire la règle
- Il existe des distinctions significatives qui nous permettent de distinguer entre 2 points d’un continuum indiscernable.
Qu’entendons-nous par la réfutation de Williams stipulant qu’on peut fixer des règles exceptionnelles ?
- La société a la capacité de distinguer les cas acceptables et les cas inacceptables
Ex.: La société est capable de fixer une limite à l’avortement à 12 semaines sans tomber automatiquement dans une pente glissante
Qu’entendons-nous par la réfutation de Williams stipulant qu’il existe des distinctions significatives qui nous permettent de distinguer entre 2 points d’un continuum indiscernable ?
- Toute distinction implique une ligne de démarcation précise supposant qu’il faut trancher
- Si A ne peut être distinct de B et que B ne peut être distinct de C, on ne peut pas conclure que A et C sont la même chose (il y a donc distinction)
Ex.: La TCLE permet une démarcation au niveau de l’AMM
Quelle est la position de la Société Royale du Canada quant à l’AMM ?
- Se demande pourquoi on n’accepterait pas l’euthanasie volontaire si l’involotaire est déjà accepté
- Évocation du principe de «sans discrimination pour tous» stipulant donc que si une personne ne peut pas se «suicider» elle-même, quelqu’un devrait pouvoir l’aider à le faire pour mourir dignement
- Mise de l’avant de l’autonomie et des choix individuels (TCLE) et invalidant l’argument de la pente glissante
- Une personne a droit à la vie ce qui inclut notamment un droit de mourir de façon digne et d’éviter la souffrance
Qu’est-il devenu le statut de l’AMM en 2015 au Canada ?
Légalisation de l’AMM par un médecin pour tout adulte en pleine possession de ses facultés intellectuelles qui :
* Consent clairement à l’acte qui provoquera sa mort (TCLE)
* Souffre d’un état médical grave et irréversible
Qu’est-il devenu le statut de l’AMM en 2016 au Canada ?
Mise en place de la Loi sur l’aide médicale à mourir :
* Établissement des garanties procédurales et critères d’admissibilité
* Avoir 18 ans
* Atteinte d’un problème de santé grave et irréversible - présence d’un déclin grave des capacités
* Subit une grande souffrance physique ou psychologique
* La mort naturelle est devenue raisonnablement prévisible
Est-ce que cette législation canadienne suscite des critiques/réactions/questionnements ?
- Possiblement plus sévères que la décision de la cour suprême de 2015
- Questionnement au niveau des directives anticipés à savoir quoi faire si la personne n’est pas en mesure de consentir le moment venu ou encore sur la clarté des dispositions établies préalablement
- Questions sur l’exclusion actuelle des personnes souffrant de maladies mentales
Au Québec, comment l’AMM est intégrée/encadrée au plan légal ?
Loi concernant les soins en fin de vie :
* Constamment en modification selon différentes avancées et/ou questionnements
* Les questionnements concernant les Directives anticipées et le statut des personnes souffrant de maladies mentales sont notamment des grands débats
* Stipulation, par exemple, que les soins palliatifs ne sont pas nécessairement suffisant pour les personnes qui souffrent énormément
Quels sont les présupposés derrière la législation canadienne en matière d’AMM ?
- Respect de l’autonomie individuelle des personnes demandant l’AMM et protection de l’égalité des individus
- Protection des personnes vulnérables