Examen synthèse | Session 3 Flashcards
Éclatement des mouvements littéraires
Division très large entre modernité et postmodernité (1960 à aujourd’hui)
Au 19e siècle, les mouvements littéraires correspondent aux ruptures historiques et la littérature est un miroir de la société. Elle s’intéresse à comment l’homme s’identifie par rapport à Lui-même, Son milieu et L’Univers
Les révolutions industrielle, politique et scientifique entraînent une succession de mouvements au 19e siècle, contrairement aux siècles suivants.
Comme il est impossible de généraliser la littérature entre 1960 et aujourd’hui, l’étude de l’histoire littéraire est impossible.
Modernité
La modernité porte ce nom en raison de l’avènement des technologies et dure jusqu’en 1960. Elle est une continuité du 19e siècle en ce qui a trait à l’enchaînement de courants littéraires:
Fin du 19e siècle à 1914: la belle époque.
Il s’ensuit une désillusion face à l’utilisation des technologies pour tuer.
Modernité - mouvements
De 1914 à 1920: dada
De 1920 à 1940: surréalisme
De 1940 à 1960: existentialisme et absurde (réponse à la 2e guerre mondiale)
Postmodernité
La postmodernité est marquée par une grande désillusion et du cynisme.
Perte des codes référentiels - modernité
Nous avons désormais de la difficulté à avoir des références communes.
Auparavant, on devait se baser sur des références pour comprendre les œuvres. L’Antiquité était étudiée et connue par tous. Ces connaissances (gréco-latines et judéo-chrétiennes) sont prises pour acquis chez les lecteurs.
Il devient difficile de trouver des références que l’ensemble des lecteurs est capable de comprendre.
Désacralisation de la société: perte de la culture religieuse et sacrée
« Offre » incommensurable qui dilue la culture commune
Les modèles mythiques reflètent les peurs de la société.
Le zombie incarne l’apocalypse, la décrépitude des corps et de l’intelligence
Noirceur du monde romanesque
Les romans d’aujourd’hui correspondent à des structures nihilistes et désespérées, tout comme la posture contemporaine.
Littérature postmoderne (après la 2e guerre mondiale) met essentiellement de l’avant des thèmes noirs
Littérature postmoderne (après la 2e guerre mondiale) met essentiellement de l’avant
L’intuition du caractère mauvais de l’homme (double nature): L’homme est régi par un inconscient (Freud), L’homme ne peut être sauvé par Dieu & On ne peut plus trouver de sens consolateur au mal.
Désillusion sur la nature de l’homme
Les monstres sont en fait des hommes ordinaires
Perte de foi dans la capacité de l’homme de s’émanciper du mal
Dissonance cognitive: dédoublement entre nos savoirs et nos actions
Remise en question de la représentation de la réalité
On remet en question le diktat de la représentation de la réalité auparavant omniprésente dans les romans
Les personnages sont la représentation du réel
Image du miroir, de la photographie
Les postmodernes veulent s’émanciper de la représentation fidèle de la réalité
Désir de transgresser cette obligation de réalisme et ces conventions, ces codes.
Le maître mot du début du XXe siècle: RUPTURE
XXe siècle: RUPTURE
Rupture esthétique
Amorcée par les peintres (fauvisme, cubisme, dada, surréalisme)
Désir de faire éclater le réalisme
Suggérer plus que décrire
Apparition d’un esthétisme fondé sur la fragmentation (visuelle et technique, de la forme et du fond), l’éclatement
Modernité de la belle époque
Optimisme ambiant
Dynamisme artistique exceptionnel
renouveau poétique
Optimisme ambiant - belle époque
Fin XIXe siècle - 1914 (ou 1912 pour le Titanic)
Impression irrépressible qu’il y aura une amélioration des conditions de vie jusqu’à la fin des temps, optimisme ambiant.
Prospérité économique et amélioration des conditions de vie
Impression d’équilibre politique (pas de conflit majeur depuis la Révolution, stabilisation suite à l’avènement de la 3e république)
Amélioration de la vie quotidienne
Nouveautés technologiques: Transports, Électricité
On remplace les valeurs de l’ancien monde par les technologies
Dynamisme artistique exceptionnel - belle époque
Cinéma, art très proche de la littérature
Musique: début du jazz, tango
Peinture: cubisme
Univers romanesque (peu différent du 19e) et poétique (plus novateur)
renouveau poétique - belle époque
Poètes de l’esprit nouveau
Nouveaux thèmes d’inspiration
Une écriture novatrice au plan de la forme
Nouveaux thèmes d’inspiration - poésie belle époque
L’univers des échanges et des communications
Le monde industriel (acier, verre, fer) et les progrès technologiques
Les nouvelles inventions
Une écriture novatrice au plan de la forme - poésie belle époque
Les perceptions nouvelles d’un monde en évolution passent par des techniques d’expressions nouvelles
Un nouveau monde exige un nouveau langage
Fragmentation
Écriture discontinue: sens de lecture pas forcément clair
Images insolites: associations surprenantes, provocantes, pas liées à la raison
Suppression de la ponctuation
Calligrammes (forme représente une image)
Blaise Cendrars
Grand voyageur
Aux yeux de ses contemporains, il deviendra peu à peu le poète du monde moderne et du progrès
Guillaume Apollinaire
Héritier des poètes du XIXe siècle et précurseur des surréalistes
Survit à une balle dans la tête durant la guerre, mais meurt de la grippe espagnole
Chef de file
Poètes de l’esprit nouveau
On est passés à autre chose, la nouveauté correspond à la modernité
Nom qui représente la rupture avec le 19e siècle
Héritiers du symbolisme
L’intelligibilité du sens n’est plus une obligation, ce qui crée un réseau d’images intéressantes
Ils rejettent l’idée de la représentation
Ils cherchent de nouvelles expériences et de nouvelles esthétique
Renouvellement de l’ensemble de la conception de la poésie (textes et formes du texte poétique)
Poètes de l’esprit nouveau - nouvelles expériences et esthétique
Abandon des exigences de la logique, création d’œuvres insignifiantes
Les hommes ont tendance à rejeter ce que la raison ne comprend pas
La raison nous empêche d’expérimenter, d’être surpris et d’accéder à d’autres réalités.
Le poème devient davantage un objet qu’un texte
Intégration d’éléments graphiques dans les poèmes
Résultat d’associations libres
Modernité: objectif
s’approprier la plus grande liberté possible
Dada origine
1915-1922: ère post-révolution industrielle, remise en question de la guerre qui en est née, plutôt que quelque chose de bien comme on le pensait lors de la Belle époque
Tristan Tzara, dandy marginal
Idéologie extrémiste, absurde et contradictoire
Nom qui ne veut rien dire
Dada définition
Mouvement intellectuel, littéraire et artistique
Rejet profond de la société bourgeoise et des traditions littéraires et artistiques
Nihilisme radical
Étymologie: néant
Il n’y a pas de sens à la vie
Perte d’espoir en l’humanité
Montrer à quel point tout est vain
Approche minimaliste et idéologie provocatrice
Dada caractéristiques
Volonté de ridiculiser les conventions
Goût pour la provocation
Abolition du sens
Recherche de l’incohérence: explique son manque de longévité
Surréalisme origine
1922-1940
Cynisme ambiant suite à la Belle époque en raison de l’absurdité de la guerre
Dans la continuité du dadaïsme, suite à un schisme avec celui-ci.
Le radicalisme de Tzara entraîne une rupture et la création du surréalisme
Les surréalistes n’inventent rien, mais poursuivent de manière systématique le travail amorcé par le dadaïsme
André Breton en est le fondateur et se nommait le pape du surréalisme
Marque d’irrespect envers la religion
Surréalisme
Ce mouvement, contrairement au dadaïsme, a un but, un objectif, mais conserve le rejet de la raison du dadaïsme
Désir d’exploration du langage
Importance du rêve et de l’inconscient (influence de la psychanalyse): désir d’accéder à l’inconscient par l’art
La rationalité est un processus imposé dont il faut se libérer sans arrière-pensée esthétique ou morale.
Provocation à des fins esthétiques
Caractéristiques surréalisme
Privilégie le pouvoir de l’imagination et des associations libres: Y accéder parfois par la folie, Défaire la manière dont on a appris à penser
Rejet de la logique et de l’intelligence rationnelle: Désir de trouver une nouvelle manière d’agir et de penser, car celle qui régnait auparavant a mené à la guerre
Retour à la thématique amoureuse
Cadavres exquis
Les surréalistes prennent des mots au hasard en leur donnant un ordre syntaxique pour, à la fin, découvrir un sens final et nouveau.
Chacun écrit une section de la phrase sans savoir ce que l’autre a écrit: caractère aléatoire
Nom-adjectif-verbe-COD-adjectif
Ils se distinguent du dadaïsme en ce qu’ils ne veulent que le poème n’ait pas de sens syntaxique en explorant l’aléatoire plus que le non-sens
Écriture automatique
Surréalisme
Laisser place à l’inconscient pour repousser le rationnel et la logique
Aller vers l’impulsion plutôt que le raisonnement
Laisser libre-cours à l’inconscient en écrivant sans réfléchir
Poèmes surréalistes
Associations bizarres, surprenantes, insolites au milieu d’une certaine logique, structure
Certains vers résistent à la compréhension et ne peuvent être décodés
Désir de créer une impression
Certaines structures de phrase sont plus obscures
Peu de ponctuation donc possibilité d’interprétation lors de la lecture
Présence de thématiques malgré une liberté dans l’interprétation
Les caractéristiques générales ne sont pas une loi universelle: les artistes se donnent le choix de ne pas se contraindre (dans la ponctuation notamment)
Mythe - personnage
s’intéresse généralement à un personnage qui incarne une manière symbolique de réagir à une situation fondamentale (dilemme, conflit de valeurs).
Personnage qui a passé l’épreuve de l’historicité
Idée de permanence de l’histoire
Transgénéricité (contamine la peinture, le cinéma, la musique, etc.)
Posture existentielle du mythe
le personnage se transforme un peu, mais l’histoire demeure la même. Un mythe n’est jamais figé, mais repris, car il incarne une valeur humaine.
Issus des cultures gréco-romaine et judéo-chrétienne
Mythe nouveau-né
après l’Antiquité, marque les nouveaux rapports de l’Homme avec lui-même et la société (Don Juan)
Mythe Créon
Il représente l’éternel second (roi intérimaire)
Celui qui doit reprendre le pouvoir temporairement après chaque coup du sort
Il est responsable
Il aime les privilèges associés à la royauté, mais ne veut pas les responsabilités associées au pouvoir
Il rétablit l’ordre après le chaos
Il sait qu’il doit désormais conserver le pouvoir: intransigeance et peur nées d’une insécurité: il sera aussi grand que les autres rois de Thèbes.
Il a peur des complots et des remises en question
Il n’est pas certain du soutien des citoyens: paranoïa
Pratique tyrannique de la politique inattendue
Le pouvoir corrompt la nature des individus (comme chez Polynice et Étéocle)
Mythe Antigone
Représentante du modèle des vertus familiales
Elle sacrifie sa vie d’enfant pour Œdipe: notion de sacrifice inhérente au personnage
Piété envers les lois sacrées de la familleCette vertu va se combiner à une autre qui va désormais la définir
Personnage qui résiste au pouvoir et préfère mourir plutôt que d’obéir à un ordre injuste
À partir du XIXe siècle, Antigone incarne la figure de l’opposition et de la résistance.
Elle passe de la vertu familiale d’accompagnement à des valeurs plus radicales
Antigone - Interprétations
Hegel: les deux antagonistes revendiquent chacun un droit égal: ils sont coupables de réclamer l’exclusivité de leur droit, les positions extrémistes sont toujours déplorables
Heidegger: Antigone représente la transgression, Elle s’exclut de la société (posture n’est pas positive), être instable, toujours au bord de l’exclusion et susceptible de créer le chaos: la transgression est faite pour montrer les limites, même si elle paraît juste et noble
20e siècle: « Récupération » politique et idéologique du personnage face à des systèmes précis
Cocteau (1922): anarchisme
Anouilh (1942): résistance
Brecht (1948): marxisme
Désir de rétablir une justice déficiente
Personnage faible qui s’oppose à un système tout-puissant qui va le broyer: ni l’un ni l’autre a tout à fait tort ou tout à fait raison
Tragédie - caractéristiques
Mettre en scène les transgressions au sein de la famille
Objectif: rétablir l’ordre
Mettre en scène les transgressions au sein de la famille - Antigone
Antigone représente la vertu familiale et la piété
Un frère ne peut plus être remplacé, alors qu’un fils ou un mari oui
Crainte de la confrontation de la famille après la mort
Il faut donner l’exemple en respectant les lois au sein de la famille
Familles de transgressions: divin, social (lois politiques), naturel (contre nature)
Une femme ne peut transgresser le pouvoir dans la Grèce ancienne: Antigone transgresse son sexe (nature) et son rang
Objectif: rétablir l’ordre - tragédie
Ordre - rupture/transgression - rétablissement de l’ordre
Mort (catharsis): tous ont transgressé (mort physique ou psychologique)
Mécanisme tragique
Rétablir l’ordre en broyant les hommes
Dans un moment de crise, un personnage vit une chute de hiérarchie
Structure tragique
Structure tragique - Sophocle
Fondée sur une série d’antithèses/affrontements entre deux personnages (agôn), dont Créon est le centre: joute verbale qui suit une structure répétitive
Tirade(s) qui place(nt) la position du personnage, chacun prend la parole longuement, puis duels (stichomythie, les deux personnages se répondent en phrases courtes qui s’enchaînent, se succèdent et mettent en valeur les caractéristiques de chaque personnage) qui Permettent aux personnages de devenir démesurés et de s’injurier entre eux
Cette série d’affrontements a pour objectif de définir ce qui est « juste » (les dieux décident qui a tort)
Créon a tort et est puni par l’anéantissement de toute sa famille.
La série d’oppositions durcit Créon: il est de plus en plus en colère et déraisonnable (paranoïa politique). Il cherche des raisons pour lesquelles les autres s’opposeraient à lui plutôt que de se remettre en question.
Processus d’accumulation: Créon est de plus en plus sourd et cela l’amène à sa perte
Argument humain
Argument social (Hémon)
Argument divin (Tirésias)
Prologue - Sophocle
Mise en place complète de l’ensemble de la tragédie
Passé: fatalité des Labdacides
Présent: édit de Créon
Avenir: mort d’Antigone (on le sait dès le début: Antigone est un personnage tragique)
Antigone et Ismène (personnage qui joue un rôle de faire-valoir): on définit Antigone selon son opposition avec sa sœur
Un héros tragique doit être vertueux, mais avoir une faille: celle de Créon et d’Antigone est l’hubris.
L’excès et la déraison doivent être évités dans une tragédie dans le but de rétablir l’ordre
Prologue - Sophocle: Scène d’exposition et premier affrontement
Ismène représente la raison (p.46)
Cette scène a pour objectif de faire valoir qui a raison parmi les positions polarisées et antithétiques des personnages
Caractère antithétique des sœurs amplifié chez Anouilh (apparence physique)
Cette opposition met en relief le caractère d’Antigone (et la cruauté de Créon):
L’héroïsme d’Antigone
L’acceptation de la mort
Refus de compromis
Hubris
Orgueil d’Antigone
Prologue - Sophocle: Scène d’exposition et premier affrontement - Orgueil d’Antigone
elle cherche la gloire (p.47: gloire de commettre la transgression) et c’est ce qui fait qu’on n’a pas trop pitié d’elle
Poursuite de l’impossible pour mourir avec gloire (p.48)
Le geste héroïque d’Antigone est de se tuer soi-même
Pas de chute chez Antigone, mais plutôt chez Créon
Elle n’est pas écrasée par la fatalité, ne déroge pas à sa « volonté » de mourir, même si elle s’approprie sa mort: sa destinée à la mort dès le début de la pièce.
La véritable catharsis est la mort d’Hémon et le désespoir de Créon (qui illustre la véritable mécanique tragique)
Épisode 1 - Sophocle
Créon, antagoniste d’Antigone: mise en place de sa psychologie
Antigone est une pièce politique
Créon, épisode 1 - Sophocle
Insistance sur son statut de « nouveau chef » (p.52): nouvelle lignée
Sa première décision l’amène à sa perte
Créon doit faire ses preuves (enjeu politique).
Il veut imposer son autorité et faire sa marque.
Il cherche à prouver son patriotisme suite à la guerre (il réécrit l’Histoire de la guerre: l’histoire est écrite par les vainqueurs)
Il veut distinguer le bien du mal
Son dévouement à la cité est vertueux
Toutefois, il y a des doutes amenés par le coryphée hésitant (p.54)
On découvre la crainte de Créon d’être remis en question ou victime d’un complot (p.58), ce qui explique son totalitarisme et qui est confirmé par les doutes du coryphée.
Créon apparaît vieux, fou, excessif et impie (peur de la corruption, p.58)
Il ne remet pas en question sa décision de mortel face à celle des dieux
Dissonance cognitive: il utilise la corruption comme argument dans chacun de ses affrontements
Caractère colérique, entêté et intransigeant de Créon
Transgressions - tragédies
Conséquence des transgressions (divines, naturelles ou sociales - politiques et juridiques) sur la famille et les relations interindividuelles de génération en génération. Que se passe-t-il si les plus grands, les plus vertueux, commettent des transgressions inconcevables. La fatalité, le fatum tragique: l’être humain est soumis aux Dieux.
La famille devient exemplaire au niveau des transgressions, les intensifie par son caractère atroce. Le choix de familles royales montre que tous, sans exception, sont soumis aux lois divines.
Sentiments créés par les tragédies: la catharsis démontre que l’homme est impuissant et aveugle. L’Homme ne sait pas pourquoi il agit.
Catharsis
La catharsis suscite la terreur (face au sort des héros) et la pitié (pour les héros): purgation des passions.
Les héros sont coupables d’une certaine manière, mais pas totalement antipathiques non plus.
Cela permet de créer ce contraste entre ces deux sentiments.
Dénouement: mort physique ou psychologique du personnage
Épisode 2 - Sophocle
Troisième affrontement: Antigone, Créon (et Ismène)
Nœud de la tragédie
Antigone présente sa position
Le coryphée et Créon mettent en valeur l’orgueil d’Antigone, sa faille
Cet affrontement révèle la tyrannie de Créon (abus de pouvoir)
La loi interne de la tragédie sera fondée sur le caractère excessif des deux antagonistes
Le chœur n’arrive pas à prendre position: ambiguïté (premier et deuxième stasimon: dénonciation de la démesure… de qui?)
Antigone - épisode 2 - Sophocle
Lois de l’état, des hommes (Créon) vs « Justice », « lois non écrites et immuables des dieux »
Il y a pire que la mort physique et que les châtiments humains (châtiments divins)
Elle sait qu’elle va mourir de toute façon et préfère la mort à une vie pleine de malheurs (à cause de sa destinée tragique et de la fatalité familiale: obligation d’anéantir la lignée contre-nature des Labdacides)
Le principe défendu par Antigone est noble également: les deux ont raison (tragédie complexe)
Antigone est imbue de sa vertu et la proclame
Elle cherche la gloire dans la mort et dépasse la mesure à laquelle elle devrait être maintenue.
Créon - Épisode 2 - Sophocle
Outré de se faire remettre à sa place par une femme (p.68-71): deuxième argument pour Créon (défie l’autorité du roi et de son sexe).
Il veut aussi mettre à mort Ismène: démesure
Antigone vs Créon - épisode 2 - Sophocle
Les deux sont convaincus de leur bon droit s’entêteront à le défendre
En fait, ils se ressemblent: tous deux représentent l’hubris
Épisode 3 - Sophocle
Créon et Hémon
Créon se justifie auprès d’Hémon, son fils et futur souverain et se confie de manière plus humaine
La famille doit représenter l’État
Obéissance peu importe la cause (même si injustice) pour éviter l’anarchie
Insiste sur le caractère inacceptable d’une opposition féminine: effondrement de la structure sociale
Discours conciliateur de la tirade d’Hémon: il lui parle comme un père et comme un roi (affect quand il parle de la tyrannie)
Jusqu’alors, Créon représentait une forme de raison, que le coryphée jugeait pertinent (p.81): rupture à partir de laquelle Créon sort du domaine de la raison
Famille représente l’état - épisode 3 - Sophocles
Rapport de force et de pouvoir respecté dans la famille pour qu’il soit respecté dans l’ordre social
Le fils obéit au père comme le citoyen obéit au roi
Recherche de l’ordre de la justice
Plutôt que d’être reconnaissant des avertissements de son fils, il s’insurge de l’opposition de son propre fils (qui confirme sa plus grande crainte)
La famille royale est un modèle: il n’y a plus d’ordre dans la famille (donc pas dans la cité non plus)
On doit le suivre aveuglément, adhésion aveugle qui le fait basculer vers la tyrannie
Il veut qu’Hémon crache sur Antigone (solidarité virile)
Approche patriotique et tyrannique
Hémon - épisode 3 - Sophocle
Amer à la raison en évitant la confrontation (il utilise la confiance de Créon)
Domaine politique: le peuple n’est pas de son côté
Hémon essaie de l’avertir, Créon est en train de construire sa propre perte par peur de perdre le pouvoir
Raidissement de Créon: opposition violente du père et du fils
Son durcissement, cran par cran, suit une structure qui respecte la hiérarchie
Sauf à l’épisode 1, Créon a une confrontation avec un personnage par épisode
Épisode 4 - Sophocle
Antigone et Créon
En italique avec le chœur: Antigone devient sacrée et c’est ce qui lui rend son humanité
La mort amène la grandeur humaine qui font des humains presque des dieux, ou du moins des êtres sacrés
Antigone est prise en pitié par le coryphée et le chœur (qui auparavant était incertain et ne s’opposait qu’à la démesure… de qui?): ils prennent position pour créer la catharsis
Sa responsabilité est amenuisée par la fatalité qui accable sa famille: ce retour à la fatalité la déresponsabilise de ses actions (p.91)
Plainte d’Antigone
Plainte d’Antigone - Sophocle
Métaphore avec Antigone qui descend dans son tombeau/chambre nuptiale: noce avec les morts
Met en relief son rôle de martyr (sacrifice divin)
Catharsis? La pitié est présente, mais pas nécessairement la terreur.
Épisode 5 - Sophocle
Créon et Tirésias
Épisode de la révélation: Tirésias donne sens à la tragédie en révélant la volonté des dieux
Le chœur a déjà pris position en donnant un caractère sacré à Antigone
Tirésias oblige tout le monde à donner raison à Antigone
Alors qu’Œdipe était aveugle, Créon est sourd
Créon est responsable de la ruine de la lignée royale de Thèbes
Il est responsable de sa propre perte
Tirésias - Épisode 5 - Sophocle
Tirésias oblige tout le monde à donner raison à Antigone
Créon, en voulant protéger la cité, viole des valeurs sacrées (p.99-102)
Il a amené la souillure au cœur de la ville
Il s’oppose aux valeurs civilisées (dignité du corps)
Renier le droit à l’enterrement, c’est renier son humanité et céder à l’animalité
Transgression des lois divines, sociales et familiales
Il confond le bien et le mal
Exodos - Sophocle
Symétrique à l’épisode 4
Antigone allait vers la mort et devenait sacrée
Créon devient un personnage tragique: c’est lui qui provoque la véritable catharsis
Catharsis - Sophocle
La terreur tragique est comme celle d’un film d’horreur: on nous montre de l’insupportable qui provoque l’effroi
On lui décrit la mort d’Hémon (p.110) et avec la mort d’Eurydice, il devient la figure de l’effroi (p.114): peur hyperbolique (mort psychologique, punition épouvantable)
Créon supplie: plus d’autorité
Hémon crache sur son père plutôt que sur Antigone comme il le voulait
Eurydice est morte en maudissant son époux et en l’associant au meurtrier de sa propre famille
À la perte des vivants s’ajoute le poids des responsabilités (« moi »): de la souillure de sa cité et de l’anéantissement de sa propre famille
Créon ne se reconnaît plus aucune autorité et demande à ce qu’on lui retire son pouvoir politique (ce qu’il représentait)
Créon se met à parler en italiques
Auteurs contemporains reprennent les mythes - origine
Depuis Hugo, les tragiques grecs sont délaissés au profit de sujets plus modernes
Rupture d’une centaine d’années où les Grecs sont relégués en arrière-plan
Pourtant, entre les années 20 et le début des années 50, on assiste à un retour en force de la tragédie grecque (Cocteau, Giraudoux, Anouilh, Sartre, Camus)
Auteurs contemporains reprennent les mythes - causes
Période instable et changeante (guerre, pandémie) d’incompréhension collective: recherche de stabilité et de valeurs sûres
Recherche des valeurs fondamentales représentées par les mythes
Tragédies sont des critiques du système politique et présentent des morales didactiques
Comment se fait-il qu’on est encore au même stade que les tragédies antiques
Auteurs contemporains ont recours à la tragédie
décalage avec le monde moderne qui permet
Une réflexion formelle
Un discours sur le théâtre à l’intérieur même de celui-ci
Une réflexion thématique
Les auteurs prennent les mythes comme prétexte pour éviter la censure
Tragédie contemporaine - réflexion formelle
le théâtre est en questionnement depuis le début du 20e siècle (de boulevard)
Tragédie contemporaine - discours sur le théâtre
mise en abîme (une forme d’art est représentée à l’intérieur d’une même forme d’art: tout le monde joue un rôle sur scène)
Tragédie contemporaine - réflexion thématique
Les sources grecques permettent d’explorer les angoisses et les doutes
Situation historique de plus en plus menaçante: montée des fascismes, grande crise (échec du capitalisme), Seconde Guerre
Mettre en valeur ce qui a changé et montrer le cercle vicieux dont l’humanité est victime
Éclairer des questions universelles et atemporelles (actualisation): caractère circulaire dans la justice, la politique, la morale et la fatalité
Objectif Anouilh
Désacraliser et transgresser la tragédie tout en respectant de manière identique les caractéristiques des personnages et l’intrigue
De manière cohérente (les transgressions vont toutes dans ce sens)
Établir un discours sur le théâtre
Structure Anouilh différences
La séparation entre le domaine des hommes et domaine des Dieux de la tragédie n’est pas présente: Pas de division entre épisode et stasimon, se déroule de façon continue et fluide (sans interruption)
Présence du chœur et du prologue comme « personnages » uniques: clin d’œil au vocabulaire de la tragédie
Le prologue « sabote » le mécanisme tragique en racontant la fin de tous les personnages et l’ensemble de la tragédie y compris celle qui devait être révélée au fil de la pièce
Anouilh présente la tragédie comme une mise en scène (ne veut pas qu’on oublie qu’on est au théâtre: on nous le rappelle constamment): réflexion sur le théâtre
Intervention drame/tragédie - Anouilh
Définition de la tragédie dans la tragédie (engrenage va tous les broyer)
Réaction de Créon à la fin: tranquille, la tragédie a accompli son travail, il ne pouvait rien faire (fatalisme) (« enfin » se reposer)
Distinction avec le drame (mort épouvantable), alors que la tragédie est tranquille, reposante et sûre.
Anouilh - Respect tragédie
Change le sens de certains éléments, mais ils demeurent: interactions entre les personnages, série d’affrontements
Toutefois, Antigone est au centre de tous les affrontements:
Ismène
Nourrice
Héon
Créon
Respect du dénouement tragique (tous se suicident violemment en laissant Créon à sa culpabilité), mais pas de la catharsis
Ton - Anouilh
Décalage anachronique
On a l’impression d’être dans un décor tragique
Tout à coup, au détour d’une réplique, Créon parle de voitures et de bars, la nourrice fait du café: vocabulaire familier qui n’est pas pertinent dans la tragédie
Anouilh sabote la tragédie quand on commence à croire en la tragédie et ne laisse pas le spectateur rentrer dans le pathos et ne plus voir la mise en scène
Mélange le tragique et le familier
Tonalité lyrique de la plainte d’Antigone coupée par le ton grossier du garde
Désacralisation de la tragédie: impossible d’avoir pitié d’Antigone quand le garde n’arrête pas de la couper
Il simule, puis sabote la tragédie
Personnages - différences Anouilh
Ajout de la nourrice
Souvent présent dans la tragédie du 19e siècle (interlocuteur du personnage féminin): mélange des codes
Place Antigone dans le domaine de l’enfance: regard maternel, innocence et naïveté d’Antigone, rapport d’intimité
Détruit le caractère héroïque d’Antigone et sabote l’image qu’on est censés avoir d’elle, elle est plutôt fragile
Elle est présentée de manière sympathique plutôt que sacrée
Elle se soucie des vivants et de la peine qu’elle leur fera en mourant (Ismène, Hémon, son chien)
Moins monolithique que chez Sophocle
Suppression de Tirésias
Disparition du côté sacré qui donne son sens à la tragédie de Sophocle
Tirésias donnait son sens à la tragédie
Respect intrigue - Anouilh
Conflit Créon/Antigone
Tourne autour de la question politique: qui représente la justice?
Chacun présente sa vision de l’État
Pas de paranoïa chez Créon, mais présence d’une vision de l’État
Opposition des valeurs défendues par chacun respectée dans les premiers affrontements
Justice dans l’intrigue - Anouilh
N’a plus aucun rapport avec la justice de la tragédie grecque
La justice est fausse: on ne croit pas aux rituels qu’Antigone défend
Pas de conviction
Désacralisation - Anouilh
Univers dramatique de la pièce est marqué par la désacralisation (du divin, de la justice, du pouvoir politique: institutions qui constituent la base de la société), la fausseté, l’apparence, l’hypocrisie
Créon
Raison d’état présente une morale de l’acceptation
Mise en scène, mensonge (cynisme, pas convaincu de son bon droit, pas de logique de l’autorité) qui amenuise sa position
Antigone
Intransigeance presqu’absurde du devoir et du refus de se conformer (refuser pour la posture du refus, sans raison valable
Sa mort perd son sens: elle n’est plus une héroïne, elle passe du pathétique au pitoyable
Intrigues secondaires - Anouilh
Dilution de l’unité d’action avec des intrigues secondaires
Importance du conflit amoureux (Hémon est plus qu’anecdotique)
Montre l’ampleur de ce qu’Antigone va perdre avec la mort (projection d’avenir constante)
L’intrigue amoureuse vient « affaiblir » l’importance de la piété filiale: Hémon est un frein à cette piété filiale
Ajout d’un thème suite à la suppression du sacré
Gardes
Longs passages où les gardes parlent d’argent et de divertissement: décalage de ton
On leur donne la parole comme individus, pas seulement pour faire évoluer l’intrigue ou pour faire ressortir l’intransigeance de Créon
Les personnages sont plus complexes et ne sont pas forcément des accessoires censés faire ressortir les caractères de Créon et Antigone
Créon - Anouilh
Plutôt que de vouloir absolument laisser sa marque, il voit son trône comme un métier banal qu’il doit accomplir (humilité, aveuglement, pas héroïque, indifférent au pouvoir: on ne s’attaque pas au plus puissant pour montrer sa chute)
Nécessité de maintenir l’ordre et l’apparence
Sens des responsabilités, compromis, paternaliste, collectivité
Menteur et manipulateur
Cynique sous ses airs bon enfant: bouc émissaire, agir au nom d’un ordre plutôt que la vertu
Perte des illusions, hypocrisie
Vision du bonheur limitée: vision terre à terre
Antigone - Anouilh
Description physique: voir son opposition avec Ismène, Petite, maigre, noire, laide, Marginale: s’exclut elle-même de la sphère publique et de la société (pas étonnant qu’elle ne respecte pas les règles)
Description psychologique
Devoir envers son frère (par amour nostalgique) et devoir sacré au-dessus de la loi
Elle veut le sauver en raison de la fatalité (p.24): notion conservée comme étant au centre de sa décision alors qu’Anouilh déconstruit la tragédie
Refus de compromis, entêtement, hubris, résistance (même quand le conflit change)
Se révolte contre l’injustice et l’arbitraire
Figure du refus
Enfant colérique
Refus d’entrer dans la vie adulte et d’accepter la notion de bonheur
Idéaliste: à priori pas négatif, mais idéalisme abstrait (pas pour une cause précise, mais pour ne pas adhérer au réalisme)
Sacrifice vide: « Je ne sais pourquoi je meurs » à trois reprises
Son idéalisme ne résiste pas à l’approche de la mort: pathétique, aurait été pitoyable sans le garde
Opposition Créon - Antigone - Anouilh
Opposition devoir sacré/devoir politique de Sophocle remplacé par le combat entre idéalisme et réalisme
Idéal de liberté contre devoir de compromis
Vision du bonheur
Ni l’un ni l’autre ne « gagne »: le monde n’est pas noir ou blance
Pas de rétablissement de l’ordre (absurdité): pas de catharsis comme dans la tragédie, le sentiment qui demeure est l’absurdité face à la mort inutile
Romans policiers apparition
Naissance au XIXe siècle
Edgar Allan Poe: personnage de Dupin dans Double assassinat dans la rue Morgue
Sherlock Holmes de Sir Conan Doyle dans Une étude en rouge
Développement des sciences et des connaissances des maladies mentales, de l’urbanité (anonymat)
Caractéristiques fixes et codes figés depuis Poe (et repris par Lemaître)
Romans policiers - caractéristiques
Sérialité: fondé sur un personnage d’enquêteur qui revient d’un roman à l’autre
Marginalité de l’enquêteur
Structure narrative simple
Marginalité de l’enquêteur
Dysfonction sociale
La résolution du crime réside dans le caractère exceptionnel de l’enquêteur (intuition, analyse, etc.)
L’enquêteur est le seul à pouvoir résoudre l’enquête
Variante du mythe du héros (rétablit un ordre en combattant un monstre/criminel/tueur en série) incarné par le personnage de l’enquêteur
Les enquêtes frisent l’échec quand elles les touchent personnellement
Traits distinctifs
Mythe du héros - policier
Le héros traverse le temps et peut prendre divers visages (justicier, élu, héros tragique, héros épique, superhéros, etc.)
Il défend la collectivité contre une nouvelle sorte de monstre qui naît dans les grandes villes: inquiétudes liées à l’anonymat urbain
Nouvelle sorte de monstre nécessite une nouvelle sorte de héros
Marginalité Verhoeven
Les capacités de Verhoeven lui permettent de savoir (malgré son retard, il a une intuition remarquable); il n’attrape pas Alex tout de suite parce que sa quête est noble. À la fin, fin de l’alternance: Verhoeven s’identifie à la quête d’Alex.
Son infaillibilité le condamne à demeurer en marge
Pas de dispositions sociales ou amoureuses
Excentriques
Manies étranges et tics
Ressemble aux criminels qu’il poursuit
Il est souvent doublé: sa dysfonctionnalité l’oblige à avoir un acolyte qui l’aide. Verhoeven est triplé (Louis + Armand = équipe, équilibre fonctionnel)
Traits distinctifs enquêteur
il rétablit l’ordre, mais entretient des rapports contradictoires et dysfonctionnels avec la société (en marge de la société qu’il essaie de sauver)
Personnage antithétique et ambigu qui ne fait pas partie de la société qu’il protège
Gardien de l’ordre social → personnage dysfonctionnel socialement (volonté de tuer le juge, problèmes avec l’autorité, isolement, irritabilité): frontière mince entre le héros et le monstre
Infaillibilité de l’enquêteur est une forme de fatalité: Verhoeven retourne à ses enquêtes d’origine en raison de ses capacités exceptionnelles
Structure narrative policiers
But: captiver le lecteur
Le héros doit nécessairement avoir le dessus à la fin: l’enquêteur est invincible et infaillible
Fin consolatrice nécessaire, comme pour les contes
Le méchant doit être neutralisé, l’enquête doit être résolue
Fondée essentiellement sur le rapport entretenu par deux versants du récit (crime et enquête)
Morale: il y a des méchants, mais aussi toujours des gentils pour nous sauver
Comme la tragédie, la structure repose sur le conflit lié à une transgression (il faut rétablir l’ordre social grâce à la neutralisation du méchant et sa mort psychologique ou physique)
Le dénouement est donc nécessairement la résolution du conflit
Situation initiale → désordre (crime) → rétablissement de l’ordre (enquête) → situation finale, comme Antigone (transgression familiale, bourreau, catharsis)
Structure narrative Alex
Trois enquêtes liées et presque indépendantes (trois parties)
On se sait plus toujours quel est le véritable crime que l’enquêteur doit résoudre
Confusion de la fonction des personnages
Fonctions des personnages - Alex
Héros (Camille) pas que vertueux, mais aussi dysfonctionnel, figure d’anti-héros, zones grises
Alex: victime ou monstre
Réseaux d’antithèses entre les personnages (entre eux et avec eux-mêmes)
L’auteur nous oriente vers des zones grises: pas un univers manichéen
Met en valeur les deux caractéristiques principales de l’enquêteur (infaillibilité et marginalité)
Impression de réalisme malgré les invraisemblances
Partie 1 - Alex
enlèvement d’Alex (victime)
Cultiver un sentiment de pitié pour qu’on le garde en tête quand elle devient une tueuse en série
Permet de placer les personnages
Alex pas si innocente
Faille de l’enquêteur: lui rappelle trop sa propre épouse
Résolution du premier crime en deux temps
Verhoeven découvre l’identité du kidnappeur et le lieu de détention, mais arrive trop tard (Alex n’a jamais eu besoin de personne pour survivre)
Verhoeven doute de l’innocence d’Alex (instinct): si elle est victime, elle est aussi criminelle (p.125-127, 154), Verhoeven est conscient du rejet dû à son infaillibilité (vision d’ensemble pour trouver les incohérences)
Inférence: on déduit les rapports entre les personnages à partir de leurs relations
Partie 2 - Alex
découverte des meurtres d’Alex, tueuse en série
Meurtres avec les mêmes modus operandi
Impossibilité d’arrêter le meurtre des trois suivants, car son identité est inconnue
Raison pour laquelle elle aime les perruques: changement d’identité après les meurtres
Obéir pour survivre, rapport conflictuel avec sa beauté et le désir des hommes
Résolution de l’enquête
Résolution de l’enquête - Alex
Mort d’Alex et découverte de son identité: sa mort permet aux policiers d’en apprendre plus, elle avait toujours un pas d’avance jusqu’à la fin
Il manque un lien qui permettrait de relier toutes les victimes
Abus (journal d’Alex et autopsie): recours à Alex pour les découvrir
Alex est supérieure à l’enquêteur, chaque découverte est délibérée
Toutefois, sans résoudre cette enquête, Verhoeven sait que l’utilisation de l’acide est liée à un crime sexuel (intuition juste)
Partie 3 - Alex
Accélération de la narration et dénouement rapide
Alex redevient une victime
La monstruosité a une source qu’on peut cibler
Confrontation avec deux nouveaux acteurs qui avaient auparavant une valeur anecdotiques et deviennent des acteurs principaux: Carole Prévost (mère) et Thomas Vasseur (frère)
Coup monté, « faux » crime: meurtre d’Alex (valise, taxi, avion: mise en scène d’un désir de fuit; cheveu, coups évier, bouteille de pilules, chiffon qui efface: mise en scène d’un meurtre)
Vrais crimes: négligence, inceste, abus sexuels multiples, mutilation génitale, transgressions au sein de la famille
Déconnexion complète entre les gestes posés par Vasseur et leur gravité (il pense qu’elle l’a bien cherché en raison de sa réfraction face à l’autorité)
Verhoeven va finalement résoudre cette enquête
Tout le monde devient des justiciers à la fin (vérité < justice)
Ils savent qu’il est impossible de rendre justice à Alex par la voie légale
Rétablissement de l’équilibre, Thomas est le véritable monstre
Coupables - Alex
Abuseur principal: frère
Témoin passif: mère
Profiteurs: 6 victimes d’Alex qui paient Vasseur pour pouvoir abuser d’une petite fille
Culpabilité d’autres personnages durant l’enfance
Mlle Toubiana, prof: ignore les confidences d’Alex
Reinette: amie d’enfance d’Alex qui abuse d’elle
Culpabilité d’autres personnages au présent
Roseline Bruneau (ex-femme de Trarieux): laisse faire son mari
Même Verhoeven: parallèle entre les quêtes et les résolutions (recueillement dans l’atelier), lui a permis d’exorciser ses sentiments (p.377)
Cette absence de responsabilité (personne ne se sentait concerné) met en valeur l’ampleur du statut de victime d’Alex: quand on justifie, on est excusé
Enfant, jeune femme abandonnée et abusée par sa famille et par sa société
L’inceste est une « affaire de famille »
Cycle destructeur de la vengeance
Personnages adoptent des rôles de justiciers
Alex
Une criminelle sans pitié et sans empathie (qui crée malgré tout de l’empathie)
Manière dont elle tue est insupportable
Désir de faire souffrir et désir dans la souffrance des autres (p.252, 281): acide pas seulement symbolique, il permet d’accentuer les souffrances
p. 252: accumulation d’actions dans une même phrase: les met sur un pied d’égalité; puis deux phrases très courtes
p.281: surabondance de détails, petites remarques cyniques qui enlèvent une couche d’horreur. Après, elle donne son vrai prénom (fin de la série)
Manque d’empathie: effet de style (p.203, 230), énumérations de gestes quotidiens qui côtoient les actes cruels et les amenuise
Désordre mental avant son suicide (fantasme du meurtre du voisin, désir de tuer déborde)
« l’inquiétude est sa seconde nature, avec la cruauté » (p.292)