Concept Flashcards
Loi des citations
La Loi des Citations, promulguée en 426 après J.-C. sous Valentinien III (empereur d’Occident) et Théodose II (empereur d’Orient), impose l’argument d’autorité comme base de l’interprétation juridique. Elle fixe une liste de cinq juristes classiques dont les écrits doivent être suivis par les juges.
- 426 : promulgation sous Valentinien III et Théodose II.
- Cinq juristes de référence pour trancher les litiges.
- Principe de majorité et primauté de Papinien en cas d’égalité.
- 529 : abolition avec le Code de Justinien.
Bataille de la Nedao
La bataille de la Nedao, qui a eu lieu en 454 en Pannonie, oppose les Huns, dirigés par les fils d’Attila, à une coalition menée par les Gépides sous le commandement d’Ardaric, avec le soutien d’autres peuples germaniques comme les Ostrogoths, les Skires, les Hérules et les Ruges.
Après la mort d’Attila en 453, ses fils se disputent le pouvoir, affaiblissant l’Empire hunnique. Profitant de cette crise, plusieurs peuples vassaux rompent leur allégeance et se soulèvent, notamment les Gépides.
Le combat se solde par une victoire d’Ardaric, qui triomphe sur le champ de bataille et confirme son succès l’année suivante en battant Ellac, fils aîné d’Attila. Les Huns, affaiblis, battent en retraite vers la mer Noire. En 469, Dengitzic, un des fils d’Attila, est tué au combat, marquant la disparition définitive de la puissance hunnique en Europe.
Cette bataille est un tournant dans l’histoire des Huns, entraînant la dissolution de leur empire et la montée en puissance des royaumes germaniques en Europe centrale.
Chrysargyre
Le chrysargyre était un impôt instauré par Constantin dans l’Empire romain d’Orient, touchant les commerçants, artisans et métiers manuels. Il excluait les paysans, propriétaires terriens, clercs, médecins et certains artistes. Même les prostituées et mendiants pouvaient être taxés.
L’impôt était prélevé tous les quatre ans en or ou en argent et pesait lourdement sur les populations urbaines. Sa perception se faisait via les collèges corporatifs des métiers. Jugé oppressif, il aurait conduit certains à vendre ou prostituer leurs enfants pour payer.
En 498, Anastase Ier abolit le chrysargyre pour stimuler l’économie urbaine. Il aurait toutefois perduré en Italie sous les Ostrogoths et Visigoths, avant d’être brièvement réintroduit par Héraclius.
La Légende dorée
Le chrysargyre
Le chrysargyre, également appelé aurum lustrale, est un impôt monétaire imposé dans l’Empire romain tardif et l’Empire byzantin, touchant toutes les personnes vivant de la vente ou du travail manuel : commerçants, artisans, préteurs sur gages, prostituées, voire mendiants, à l’exception notable des agriculteurs vendant leurs produits, des vétérans, des clercs, et de certains artistes.
Son nom vient du grec chrysos (or) et argyros (argent), en référence à la forme du paiement. Il était aussi nommé aurum negotiatorium dans les textes latins. Il s’agit d’un impôt sur les profits commerciaux, particulièrement pesant pour les cités et populations urbaines.
Institué sous le règne de Constantin Ier (début IVe siècle), bien qu’il existe peut-être des formes antérieures, il s’inscrit dans un contexte de centralisation impériale et de fiscalité plus stricte visant les revenus non fonciers.
Il semble avoir été perçu initialement tous les quatre ans (d’où le nom aurum lustrale), bien que des documents égyptiens laissent penser à une perception annuelle. Au Ve siècle, on constate une perception par fractions annuelles, ce qui confirme son caractère régulier et pesant.
Le chrysargyre est extrêmement impopulaire, dénoncé par des auteurs comme Libanios ou Zosime, ce dernier affirmant que certains contribuables en venaient à vendre ou prostituer leurs enfants pour échapper aux châtiments liés au non-paiement. Néanmoins, ces témoignages sont marqués par une forte hostilité au christianisme et à Constantin.
Ce prélèvement, associé à d’autres impôts comme l’or coronaire (taxe symbolique due à l’empereur) ou l’or oblatice (contribution offerte par les sénateurs), repose sur l’organisation en collèges professionnels, renforçant le contrôle étatique sur les métiers urbains.
La suppression du chrysargyre en 498 par l’empereur Anastase Ier est une réforme majeure du Ve siècle : elle marque un tournant fiscal, visant à relancer les activités économiques urbaines tout en recentrant les recettes fiscales sur les grands domaines ruraux et le commerce international. Cette décision s’insère dans une politique monétaire cohérente qui consolide l’or comme base de la stabilité byzantine.
Dans les territoires sous domination des Ostrogoths et Wisigoths (notamment l’Italie et l’Hispanie), le chrysargyre semble avoir été maintenu après la chute de l’Empire romain d’Occident, jusqu’à la reconquête byzantine menée par Bélisaire au VIe siècle.
Il pourrait avoir été réintroduit plus tard par Héraclius, empereur byzantin du VIIe siècle, ce qui montre la résilience des dispositifs fiscaux impériaux même après des périodes de réforme.
La suppression du chrysargyre constitue ainsi l’un des exemples les plus significatifs de réformes fiscales du Ve siècle, illustrant à la fois les tensions entre État et société urbaine, et l’émergence d’une fiscalité plus ciblée sur les grands propriétaires fonciers dans l’évolution de l’Empire romain vers sa forme byzantine.
Code de Théodose
Le Code de Théodose, ou Codex Theodosianus, est une compilation officielle de lois impériales romaines promulguée à Constantinople en 438 par l’empereur d’Orient Théodose II. Il s’agit du premier recueil de lois impériales de portée générale, couvrant la période de Constantin Ier (à partir de 312) à Théodose II.
Le Code rassemble les constitutions impériales (lois générales) en vigueur, en les organisant par thèmes dans 16 livres. Ces lois régissent tous les aspects de la vie au Bas-Empire : droit privé, fiscalité, religion, administration, statut des personnes, condition des femmes, etc.
Sur le plan religieux, le Code de Théodose reflète la domination croissante du christianisme, en particulier du christianisme nicéen. Il restreint les droits des Juifs, leur interdisant par exemple d’exercer des charges publiques, d’avoir autorité sur des chrétiens ou de construire de nouvelles synagogues.
Le Code fut précédé par les codes Grégorien et Hermogénien, compilations privées de rescrits impériaux du IIIe siècle. Théodose II veut les remplacer par un corpus officiel, et annonce en 429 la création d’une commission de juristes chargée de rassembler les constitutions postérieures à Constantin.
En 435, une deuxième phase du projet modifie l’approche : les lois devront être classées par titres et matières, résumées à leur dispositif juridique, épurées de toute formulation inutile, et rendues compréhensibles et pratiques à l’usage.
Le Code est promulgué le 15 février 438 et entre en vigueur le 1er janvier 439. Une novelle impériale (De Theodosiani codicis auctoritate) stipule que seules les lois contenues dans le Code feront désormais autorité, les autres étant réputées abolies sauf exception (domaines militaires, fiscaux, administratifs).
Le Code fut adopté également en Occident par l’empereur Valentinien III, et présenté devant le Sénat de Rome le 25 décembre 438, lors d’une séance exceptionnelle dont le procès-verbal est conservé.
Le Code théodosien sert de base à d’autres codes ultérieurs, notamment la Lex Romana Wisigothorum (ou Bréviaire d’Alaric), et précède la grande codification justinienne du VIe siècle (Corpus Iuris Civilis). Il marque une étape majeure dans la formation du droit médiéval romain.
Il reflète aussi la volonté de l’État impérial de réaffirmer son autorité juridique, dans un Empire fragmenté entre Orient et Occident, en crise politique, religieuse et sociale profonde, notamment dans la première moitié du Ve siècle.
La transmission du Code est partielle : seuls environ 60 % du texte d’origine sont conservés, certains livres ayant disparu, en particulier ceux sur les institutions civiles et administratives (livres II à V). On connaît certains passages grâce à des citations dans des sources ultérieures.
Les Quinquennalia
Les Quinquennalia sont des jeux quinquennaux (célébrés tous les cinq ans selon le comput inclusif romain) institués par l’empereur Néron en 60 après J.-C., sur le modèle des jeux olympiques grecs. Ils incluaient des concours de musique, gymnastique et sports équestres, et portaient aussi le nom de Neronia.
Le nom quinquennalia vient de la manière romaine de compter les années : on compte la première et la dernière, ce qui rend le cycle « quinquennal » même s’il se tient en réalité tous les quatre ans selon notre mode de calcul moderne.
Les Quinquennalia de Néron étaient donc des festivals artistiques et athlétiques impériaux, affirmant à la fois la culture hellénique de l’empereur et son rôle de mécène et d’initié aux arts, notamment à la musique et au théâtre, auxquels Néron participait lui-même.
Ces fêtes, bien qu’initialement centrées sur la personne de Néron, s’inscrivaient dans une tradition plus ancienne de jeux institués en l’honneur de Jules César et Auguste, mais elles avaient un caractère plus spectaculaire et personnel.
Après la mort de Néron, les Quinquennalia disparurent, mais furent rétablis par Domitien en 90 après J.-C., cette fois en l’honneur de Jupiter Capitolin, ce qui marque une tentative de les rattacher à une tradition plus religieuse et officielle.
Ces jeux, malgré leur origine julio-claudienne, ont eu une certaine postérité dans l’idéologie impériale : ils préfigurent la volonté des empereurs d’intégrer les arts et les jeux dans le culte impérial et dans l’organisation du temps public.
Pour le Ve siècle spécifiquement, les quinquennalia ne semblent plus célébrés en tant que tels, mais ils restent un modèle de temporalité impériale cyclique ; des expressions juridiques ou administratives romaines, comme les recensements ou des pratiques fiscales, gardent parfois une structure quinquennale en souvenir de ce rythme festif et rituel.
Le terme peut aussi désigner dans certains textes une période de cinq ans marquant une fonction publique ou une cérémonie de renouvellement du pouvoir. Ce type de cycle rituel est hérité de ces pratiques impériales et peut réapparaître dans le cadre d’administrations tardo-antiques.
Les Lupercales
Les Lupercales (Lupercalia) étaient une fête romaine célébrée du 13 au 15 février, en lien avec la fin de l’année religieuse romaine (le 1er mars marquant alors le début de l’année). C’était une cérémonie de purification et de fertilité, tenue dans la grotte du Lupercal au pied du mont Palatin, lieu mythique où la louve aurait allaité Romulus et Rémus.
La fête honorait Faunus, dieu sylvestre et protecteur des troupeaux, mais elle semble également liée à des figures plus anciennes et complexes de la religiosité romaine. Elle intégrait un rituel archaïque mêlant sacrifice, contact symbolique avec le sang, lait et flagellation.
Le rituel principal impliquait deux jeunes hommes (les luperques) sacrifiant un bouc et courant nus dans les rues, armés de lanières taillées dans la peau de l’animal, pour frapper symboliquement les femmes qui espéraient concevoir un enfant — un geste de transfert magique de fécondité.
Le rite comporte des éléments de mort symbolique et de renaissance initiatique, notamment dans le marquage des jeunes hommes au front avec du sang, puis le nettoyage au lait et les rires rituels. Cette scène pourrait être l’initiation de nouveaux membres dans un collège élitaire de jeunes hommes, une sodalitas à caractère rituel, guerrier et aristocratique.
Le collège des luperques aurait des origines remontant à la préhistoire indo-européenne, liés aux Männerbünde, ces compagnonnages de jeunes guerriers qui imitaient le comportement de prédateurs (comme le loup), et qu’on retrouve sous des formes analogues dans d’autres cultures indo-européennes (Inde védique, monde germanique).
Bien que les Lupercales aient été une fête archaïque, elles ont continué à être célébrées jusqu’à la fin du Ve siècle, y compris sous l’empereur chrétien Anastase Ier. Leur caractère païen fut toléré, car elles avaient été vidées de leur charge sacrificielle.
En 494, le pape Gélase Ier critique publiquement les Lupercales, non pas pour leur caractère religieux, mais pour leur valeur politique ambiguë et leur maintien par l’aristocratie. Sa lettre célèbre ridiculise la pratique, sans l’abolir réellement.
Ce n’est qu’avec la conquête byzantine de Rome au VIe siècle, sous Justinien, que la tradition semble cesser définitivement.
Les Lupercales sont parfois mises en lien avec la Saint-Valentin, mais cette association est tardive (XIVe siècle) et issue de la littérature courtoise anglaise (notamment chez Chaucer), sans rapport direct avec les rites antiques.
Au Ve siècle, les Lupercales constituent un bon exemple de résilience des traditions païennes dans un Empire désormais officiellement chrétien, notamment à Rome, où la romanité aristocratique restait attachée à certaines formes symboliques anciennes. Elles témoignent des tensions religieuses et culturelles entre clergé, sénat et pouvoir impérial à cette époque charnière.
Aurum coronarium
L’or coronaire (aurum coronarium) désignait à l’origine une couronne d’or offerte par les cités alliées ou vaincues aux généraux romains victorieux. Ce geste symbolique manifestait l’hommage, la reconnaissance ou la soumission.
Sous le Haut-Empire, cette pratique évolua pour devenir un don cérémoniel effectué par les communautés urbaines à l’occasion de certains événements impériaux, notamment l’accession d’un nouvel empereur ou une victoire militaire.
À partir du règne de Constantin (début IVe siècle), l’or coronaire perdit son caractère volontaire et symbolique pour se transformer en impôt régulier. Il fut imposé aux décurions, c’est-à-dire aux membres des conseils municipaux des cités, qui constituaient alors l’ossature de l’administration locale.
Ce glissement d’un hommage libre à une obligation fiscale témoigne du processus de centralisation fiscale et de la mise à contribution systématique des élites urbaines, dans un contexte d’instabilité politique et de pression financière croissante au Bas-Empire.
Au Ve siècle, l’or coronaire faisait partie d’un triptyque d’impôts pesant sur les notables, avec l’aurum oblaticium (offrande faite à l’empereur) et l’aurum lustrale (lié au commerce). Ces contributions participaient à l’effritement de l’autonomie municipale et au déclin du système des cités, pilier traditionnel de l’Empire romain.
Chandeleur
La fête de la Présentation de Jésus au Temple, célébrée le 2 février, a lieu 40 jours après Noël, conformément à la prescription du Lévitique pour la purification des mères juives après la naissance d’un garçon.
Cet épisode évangélique (Luc 2,22-38) associe plusieurs rites juifs : purification de Marie, présentation de l’enfant premier-né et offrande au Temple (pigeons ou tourterelles pour les familles modestes).
Jésus est présenté comme la lumière des nations, selon le cantique de Syméon (le Nunc dimittis), et Marie reçoit l’annonce prophétique d’une douleur à venir (« une épée te transpercera l’âme »).
Cette fête fut célébrée dès le IVe siècle à Jérusalem, comme en témoigne le récit de la pèlerine Égérie, et fut introduite à Constantinople par l’empereur Justinien en 542, en réponse à une épidémie de peste.
En Occident, elle s’implante vers la fin du Ve siècle, probablement sous le pape Gélase Ier, en remplacement de la fête païenne des Lupercales, toujours vivace dans Rome chrétienne malgré les édits impériaux.
Le pape Serge Ier instaure au VIIe siècle une procession pénitentielle avec des cierges bénis, d’où le nom populaire de Chandeleur (festa candelarum). Ce symbole lumineux souligne le rôle de Jésus comme lumière du monde.
Au VIIIe siècle, la fête prend un aspect marial sous le nom de Purification de la Vierge, mettant en valeur l’humilité de Marie qui, bien que pure selon la théologie chrétienne, se soumet à la Loi de Moïse.
Elle conserve au Ve siècle un rôle important dans la christianisation des pratiques païennes, en particulier dans le contexte de rivalité religieuse encore perceptible à Rome et dans les provinces. Elle marque aussi un effort d’unification liturgique dans un Empire en recomposition.
L’Hénotikon
L’Hénotikon est un édit impérial de compromis religieux rédigé en 482 par le patriarche Acace de Constantinople, à la demande de l’empereur Zénon, dans le but de réconcilier chalcédoniens (défenseurs des deux natures du Christ) et monophysites (partisans de l’unicité de la nature du Christ).
Le contexte est celui des querelles christologiques nées après les conciles d’Éphèse (431) et de Chalcédoine (451), au sein d’un Empire divisé religieusement, notamment entre l’Égypte, majoritairement monophysite, et la cour impériale.
Le texte condamne à la fois Nestorius et Eutychès, affirme la foi de Nicée-Constantinople, accepte les anathèmes de Cyrille d’Alexandrie, mais ne mentionne pas le concile de Chalcédoine, ce qui rend son langage volontairement ambigu pour ménager les deux camps.
Il impose une vision doctrinale neutre centrée sur l’unité de la personne du Christ, et interdit toute mention des deux natures, source du conflit. Il affirme : « Nous ne recevons point ceux qui le divisent, ou qui le confondent. »
Tous les évêques d’Orient furent contraints de signer l’édit sous peine d’exil, ce qui reflète l’immixtion croissante du pouvoir impérial dans les affaires religieuses au Ve siècle.
L’Hénotikon provoqua une grave crise avec l’Église de Rome. Le pape Félix III excommunia Acace en 484, marquant le début du schisme acacien, qui dura jusqu’en 519.
Ce schisme est le premier conflit ouvert entre Rome et Constantinople fondé sur des divergences doctrinales et des rivalités ecclésiologiques, prémices de ruptures plus durables.
L’empereur Anastase Ier, favorable aux monophysites, soutint l’Hénotikon, consolidant l’adhésion de nombreuses Églises d’Orient, malgré la rupture avec Rome.
La réconciliation n’eut lieu qu’en 518 sous le règne de Justin Ier, avec le pape Hormisdas, qui imposa la reconnaissance de l’excommunication d’Acace et affirma la primauté du siège romain, tout en admettant un rôle impérial dans les affaires religieuses.
L’Hénotikon est emblématique des tentatives impériales d’unification doctrinale dans un empire fragmenté, mais aussi des limites du pouvoir religieux de l’empereur face à la papauté montante. Il illustre parfaitement les tensions religieuses et politiques du Ve siècle entre Est et Ouest.
Lustration
La lustration (du latin lustratio) est une cérémonie de purification rituelle pratiquée dans l’Antiquité et réinvestie dans des contextes chrétiens. Elle repose sur l’usage symbolique de l’eau, parfois mêlée d’autres substances, pour purifier personnes, objets ou lieux.
Dans la Rome antique, la lustration servait à garantir la protection divine, indépendamment de toute souillure. Elle était notamment pratiquée pour purifier :
les champs (rituel des Ambarvales) ;
les troupeaux (rituel des Palilia) ;
les armées avant les batailles ;
la cité entière, en particulier tous les cinq ans à l’occasion des lustres, cérémonie collective de purification associée au recensement et clôturée par un suovetaurile (sacrifice d’un porc, d’un mouton et d’un taureau).
Le mot lustrum désigne à la fois la période quinquennale séparant deux cérémonies de lustration et la cérémonie elle-même. Il est au cœur de la symbolique politique et religieuse romaine, en lien étroit avec le pouvoir des censeurs.
Sur le plan matériel, la lustration impliquait l’usage de rameaux d’olivier ou de laurier pour asperger, ou d’un aspergillum (instrument en métal). Elle produisait un effet comparable à celui de la fumée rituelle.
Dans la Grèce antique, la lustration est centrée sur la notion de souillure morale. Elle visait à purifier un individu ou une communauté ayant été en contact avec un crime (ex. : meurtre) ou une impureté, notamment en cas de profanation d’un lieu sacré.
En Égypte antique, la lustration était essentielle dans le culte funéraire : l’eau lustrale rendait à la momie ses fluides vitaux, favorisant la résurrection dans l’au-delà. Elle pouvait être prélevée dans des sources sacrées comme l’Île Éléphantine ou les lacs des temples.
Les vases de lustration faisaient l’objet d’un artisanat raffiné, souvent placés par quatre dans les tombes pour évoquer les quatre dieux universels. Ils portaient parfois des couvercles figurant des têtes de divinités protectrices (Horus, Thot, Seth, Sep/Geb).
Le pharaon recevait régulièrement des lustrations solennelles, en particulier à son couronnement, mais aussi lors de la cérémonie matinale quotidienne, en tant que médiateur entre les dieux et les hommes.
Dans la liturgie catholique, la lustration survit sous forme d’aspersions d’eau bénite, parfois mélangée à du sel, de la cendre et du vin, notamment lors des cérémonies de dédicace d’églises ou de reconsécration après profanation.
L’usage liturgique chrétien conserve la symbolique de purification sacrée et de protection contre le mal, tout en l’intégrant à un cadre théologique marqué par le baptême et l’exorcisme.
La fonction du rite demeure constante à travers les cultures : restaurer un ordre menacé, réintégrer dans le monde des vivants ou des justes, établir une frontière sacrée entre le pur et l’impur, l’intérieur et l’extérieur, le profane et le sacré.
Edictum Theodorici regis
L’Edictum Theodorici regis est un code législatif de l’époque du Haut Moyen Âge, attribué traditionnellement à Théodoric le Grand, roi ostrogoth régnant sur l’Italie, mais son auteur reste incertain : certains historiens proposent Théodoric II (roi wisigoth) ou même Odoacre, roi des Hérules en Italie.
Rédigé en latin, ce texte s’inspire directement des grandes compilations du droit romain tardif : Code Grégorien, Code Hermogénien, et surtout Code Théodosien, avec une structure juridique héritée de l’Empire romain.
Il comporte une préface, 155 chapitres législatifs et une conclusion, offrant un ensemble cohérent de normes pour arbitrer les différends entre Romains et Goths.
Contrairement à la plupart des lois romano-barbares, qui appliquent le droit selon l’appartenance ethnique (droit personnel), l’Edictum Theodorici suit une logique territoriale : les lois s’appliquent uniformément à tous les habitants du royaume, indépendamment de leur origine.
Le code cherche une certaine équité juridique entre les communautés, une forme d’intégration politique et légale dans les royaumes barbares installés sur les ruines de l’Empire romain. Une seule exception notable : les Juifs, qui conservent un statut particulier et des juges spécifiques.
L’article 11 mentionne expressément Rome et propose des lois spécifiques à la ville, ce qui renforce l’idée d’une rédaction sous un pouvoir implanté en Italie, ce qui rend plausible l’attribution à Théodoric le Grand (règne : 493–526 après J.-C.).
Ce texte participe à la transition juridique entre l’Antiquité tardive et le Haut Moyen Âge, illustrant la façon dont les royaumes « barbares » ont repris, adapté et perpétué les structures du droit romain.
Bien que son authenticité ait été discutée par le passé, la critique moderne ne la remet plus en cause, et l’édition de 1579 par Pierre Pithou a largement contribué à la diffusion et à la redécouverte du texte.
Il représente un exemple majeur de syncrétisme juridique, mêlant rigueur romaine, adaptation locale et autorité monarchique naissante — un jalon important dans l’histoire du droit romano-germain.
Conférence de Carthage
La conférence de Carthage de juin 411 après Jésus-Christ fut une confrontation officielle entre les représentants des Églises catholique et donatiste d’Afrique romaine, convoquée à la demande de l’empereur Honorius afin de mettre fin à un schisme vieux d’un siècle.
Le donatisme, mouvement chrétien rigoriste originaire d’Afrique du Nord, refusait la légitimité des évêques ayant collaboré avec les autorités impériales durant les persécutions. Il prônait une Église « pure », séparée des pécheurs et de l’État.
L’empereur Honorius, favorable au parti catholique, ordonne l’organisation de la conférence pour confondre les donatistes, perçus comme un danger pour l’unité religieuse et politique de la province.
Le représentant impérial, Flavius Marcellinus, préside les débats à Carthage du 1er au 8 juin, dans un climat tendu mais juridiquement encadré. Il adopte une position en apparence neutre, mais se rangera finalement aux positions catholiques.
La conférence réunit 286 évêques catholiques, parmi lesquels Augustin d’Hippone, et 285 évêques donatistes, dirigés par Primien de Carthage.
Au terme de la conférence, Marcellinus rend une sentence en faveur des catholiques, en ordonnant que les donatistes se soumettent à l’« unité catholique » sous peine de sanctions sévères : interdiction du culte, confiscation des lieux de culte, perte des charges ecclésiastiques.
L’appel des donatistes auprès de l’empereur Honorius est rejeté et les mesures répressives sont renforcées : amendes, exils, interdiction de se réunir, voire peine capitale pour les plus obstinés.
Cette conférence marque un tournant décisif dans l’histoire du christianisme en Afrique : le donatisme, bien qu’encore vivace clandestinement dans les campagnes, entre dans un lent processus de disparition institutionnelle, et la primauté catholique est consolidée en Afrique du Nord.
La conférence de 411 illustre également l’instrumentalisation politique de l’unité chrétienne par les empereurs romains tardifs, qui considèrent désormais l’orthodoxie religieuse comme fondement de l’unité impériale.
Augustin joue un rôle central dans cette victoire : sa théologie de l’unité ecclésiale visible et de la coercition légitime des hérétiques servira de référence doctrinale pour justifier l’usage de la force impériale au service de l’Église.
Concile de Chalcédoine
Le concile de Chalcédoine s’est tenu du 8 octobre au 1er novembre 451 dans l’église Sainte-Euphémie, convoqué par l’empereur byzantin Marcien et son épouse Pulchérie, en réponse aux controverses christologiques provoquées notamment par le monophysisme d’Eutychès.
Il constitue le quatrième concile œcuménique de l’histoire chrétienne et réunit 343 évêques, presque tous issus de l’Orient, sauf quatre d’Occident ; il est donc surtout oriental dans sa composition.
Le concile vise à clarifier la doctrine sur la nature du Christ : il adopte le dyophysisme, affirmant que le Christ est une seule personne en deux natures, divine et humaine, « sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation », selon une formulation très rigoureuse dans le symbole de Chalcédoine.
Il rejette les doctrines d’Eutychès et de Dioscore d’Alexandrie, ce dernier étant déposé pour avoir soutenu l’hérésie monophysite et organisé un concile illégitime, le « brigandage d’Éphèse » en 449.
Le concile valide le Tome à Flavien du pape Léon Ier, qui avait clarifié la christologie orthodoxe. Cependant, Léon refusera un des canons qui accorde à Constantinople le second rang après Rome, contestant toute atteinte à la primauté romaine.
Le 28e canon, qui confère à Constantinople les privilèges patriarcaux sur les diocèses du Pont, d’Asie et de Thrace, suscite un désaccord durable avec Rome et initie un rééquilibrage de la hiérarchie ecclésiale au profit de l’Orient.
Le concile entraîne un schisme durable avec les Églises dites non chalcédoniennes ou pré-chalcédoniennes (Coptes, Syriaques, Arméniens) qui refusent la définition de deux natures et se réclament d’un miaphysisme plus proche de Cyrille d’Alexandrie.
Le rejet du concile à Alexandrie provoque des troubles majeurs, notamment le lynchage du patriarche Protérius nommé à la place de Dioscore, marquant une fracture profonde entre les partisans et les opposants de Chalcédoine.
En 451, dans le contexte du Ve siècle, ce concile joue un rôle crucial dans la reconfiguration de l’unité doctrinale de l’Empire romain d’Orient, en même temps qu’il révèle les limites du pouvoir impérial face à la diversité religieuse croissante.
Le concile de Chalcédoine reste une référence dogmatique majeure pour les Églises catholique, orthodoxe et protestante, bien qu’il ait provoqué une séparation irréversible avec une partie importante de l’Orient chrétien.
Concile de Nicée (325)
Le concile de Nicée se tient en 325 à l’initiative de l’empereur Constantin, préoccupé par l’unité religieuse de l’Empire et les divisions engendrées par la controverse arienne.
Arius soutient que le Fils est une créature issue de la volonté du Père, « il fut un temps où il n’était pas » ; cette position affirme la non-éternité du Verbe et le distingue substantiellement de Dieu.
Les opposants à Arius, dont Alexandre d’Alexandrie et son diacre Athanase, affirment l’éternité du Fils et son caractère consubstantiel (homoousios) au Père : il n’est pas créé, mais engendré de la même substance.
Le concile adopte une profession de foi qui proclame le Fils « Dieu de Dieu, Lumière de Lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré non créé, consubstantiel (homoousios) au Père ».
Cette formulation entraîne l’excommunication d’Arius et de ses partisans immédiats, dont Second de Ptolémaïs et Théonas de Marmarique. Le concile fixe également la célébration commune de Pâques (dimanche suivant le 14 nisân).
Les Orientaux acceptent difficilement le terme « homoousios », qui évoque pour eux des dérives sabelliennes (confusion des personnes divines) et une influence occidentale. Constantin devient lui-même hostile à cette formulation après 328.
Après Nicée, la crise se prolonge pendant tout le IVe siècle : plusieurs empereurs soutiennent des variantes plus modérées de l’arianisme, conduisant à une succession de conciles concurrents.
Au Ve siècle, la victoire nicéenne reste fragile : le symbole est contesté ou reformulé selon des orientations politico-religieuses différentes. Le concile de Chalcédoine (451) réaffirme Nicée tout en intégrant d’autres nuances doctrinales.
En 380, l’édit de Thessalonique de Théodose Ier impose officiellement la foi nicéenne comme religion de l’Empire : Père, Fils et Esprit sont consubstantiels, trinité unique en essence et distincte en personnes.
Le premier concile de Constantinople (381), prolongement de Nicée, clarifie la doctrine trinitaire, notamment sur le Saint-Esprit, et réunit surtout des évêques orientaux. Il formule le « symbole de Nicée-Constantinople ».
Au Ve siècle, la question de la nature du Christ (christologie) devient centrale : on débat désormais moins de la Trinité que de l’union entre nature humaine et divine dans la personne de Jésus.
Le concile d’Éphèse (431) condamne le nestorianisme (séparation excessive des natures) ; le concile de Chalcédoine (451) condamne le monophysisme (fusion des natures) et affirme deux natures « sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation ».
Le concile de Chalcédoine s’inscrit dans l’héritage de Nicée tout en affrontant de nouveaux schismes ; il reçoit l’appui de l’empereur Marcien mais déclenche le rejet des Églises non-chalcédoniennes, notamment en Égypte, Syrie, et Arménie.
Le Ve siècle marque donc à la fois l’institution impériale d’un christianisme trinitaire conforme à Nicée, et l’apparition de lignes de fracture durables entre Églises chalcédoniennes et non-chalcédoniennes (copte, syriaque, arménienne).
La définition de Chalcédoine s’appuie explicitement sur le symbole de Nicée, la lettre de Léon (Tome à Flavien), et les lettres synodales de Cyrille d’Alexandrie, tentant une synthèse entre tradition orientale et autorité romaine.
Le concile de Chalcédoine proclame un seul et même Christ, pleinement Dieu et pleinement homme, en deux natures unies dans une seule personne (hypostase), sans confusion ni séparation : c’est l’aboutissement doctrinal du mouvement initié à Nicée.
À la fin du Ve siècle, la profession de foi de Nicée est reconnue comme fondement doctrinal, mais son interprétation varie : les débats ne portent plus sur le Fils et le Père, mais sur le mode d’union du divin et de l’humain dans le Christ.
Concile d’Éphèse
Le concile d’Éphèse, troisième concile œcuménique, se déroule en 431 sous l’autorité de l’empereur Théodose II pour trancher la controverse entre Cyrille d’Alexandrie et Nestorius, patriarche de Constantinople.
Nestorius, influencé par la théologie de l’école d’Antioche (Diodore de Tarse, Théodore de Mopsueste), refuse le titre de Théotokos (Mère de Dieu) attribué à Marie, car il estime que celle-ci n’a enfanté que la nature humaine du Christ, et non le Verbe divin.
Cette position est perçue comme une division de la personne du Christ, niant l’union hypostatique : Cyrille d’Alexandrie, soutenu par le pape Célestin Ier, affirme que le Christ est une seule personne (hypostase) avec deux natures inséparables, et que Marie peut donc être appelée Mère de Dieu.
Dès 430, deux synodes régionaux sont convoqués : l’un à Alexandrie par Cyrille qui condamne Nestorius, l’autre à Rome, qui exige la rétractation de Nestorius sous dix jours. Celui-ci appelle alors à un concile œcuménique pour défendre sa position.
Le concile est convoqué pour la Pentecôte 431 à Éphèse, en présence de Cyrille, Memnon d’Éphèse, Nestorius, et près de 200 évêques. Les légats romains arrivent en retard, ainsi que Jean d’Antioche et les partisans de Nestorius, retardés par le mauvais temps.
Le 22 juin 431, Cyrille ouvre le concile sans attendre les absents. Nestorius refuse de comparaître. Il est immédiatement condamné, déclaré hérétique, et déposé de son siège patriarcal.
Le 26 juin, Jean d’Antioche arrive avec 27 évêques, organise un “contre-concile” qui condamne Cyrille et Memnon, dénonçant l’irrégularité du déroulement du concile officiel.
Le 10 juillet, les légats romains arrivent, soutiennent la décision de Cyrille, valident la condamnation de Nestorius, et condamnent à leur tour Jean d’Antioche, Théodoret de Cyr, et une trentaine d’évêques orientaux.
L’empereur Théodose II ordonne finalement la fin du concile le 22 août, face aux désordres et tensions.
Le concile d’Éphèse fixe deux points majeurs de doctrine : l’union hypostatique (deux natures unies dans une seule personne divine du Christ), et le titre de Théotokos pour Marie.
Cette définition vise à condamner non seulement le nestorianisme, mais aussi, à travers les 12 anathèmes de Cyrille, toute tentative de séparer ou de juxtaposer les natures du Christ.
Le concile condamne également le pélagianisme (dans les canons 1 et 4), notamment à travers la figure de Célestius, un disciple de Pélage.
Les conséquences politiques et ecclésiologiques du concile sont lourdes : rupture durable entre les Églises d’Antioche et d’Alexandrie, bien que Jean d’Antioche se réconcilie avec Cyrille en 433 (formule d’union), en acceptant le titre de Théotokos tout en insistant sur la distinction des natures.
L’Église de Perse, non représentée, rejette les décisions du concile d’Éphèse, et entre dans un schisme durable, devenant l’Église “nestorienne” de l’Orient.
Le concile d’Éphèse, bien qu’ayant tranché la question du nestorianisme, suscite une nouvelle controverse : celle du monophysisme, notamment à travers l’enseignement d’Eutychès, qui nie la pleine humanité du Christ. Ce débat mènera au concile de Chalcédoine (451).
Au Ve siècle, la réception du concile d’Éphèse est donc ambivalente : sa condamnation du nestorianisme est reconnue en Occident et par les alexandrins, mais elle est rejetée en Orient par les Églises de tradition antiochienne ou perse.
Dans la tradition copte, une légende raconte que les Actes du concile furent miraculeusement transportés de façon surnaturelle à Constantinople, confirmant ainsi sa validité divine. Cette tradition renforce l’autorité du concile chez les chrétiens d’Égypte.
Concile de Rome de 499
“Le concile de Rome de 499, convoqué par le pape Symmaque, se tient le 1er mars 499 dans la basilique Saint-Pierre, quatre mois après son élection contestée, dans un contexte ecclésiastique troublé par le schisme acacien et les divisions internes de l’Église romaine.
Ce concile intervient après une double élection pontificale survenue le 22 novembre 498, opposant Symmaque, élu à Saint-Jean-de-Latran, à Laurent, élu à Sainte-Marie-Majeure, chacun soutenu par des factions théologiques et politiques distinctes : Symmaque défend l’orthodoxie chalcédonienne, tandis que Laurent est favorable à l’Henotikon, édit impérial cherchant à concilier les monophysites.
L’arbitrage est confié au roi ostrogoth Théodoric, arien mais détenteur du pouvoir en Italie, qui tranche en faveur de Symmaque en s’appuyant sur l’antériorité de son ordination et sur la majorité de soutiens.
Une fois confirmé comme seul pape légitime, Symmaque convoque le concile pour établir des règles sur les futures élections pontificales, afin de prévenir les troubles civils et les divisions du clergé.
Le concile est composé de 72 évêques, 67 prêtres et 6 diacres. Deux listes sont conservées : une des présents au concile et une des signataires, révélant quelques écarts.
Le concile promulgue quatre décrets disciplinaires majeurs :
Interdiction de toute manœuvre, discussion privée ou engagement anticipé autour de l’élection d’un successeur pontifical du vivant du pape ; peine : déposition et exclusion de la communion.
Interdiction de se proposer soi-même comme successeur ou de susciter des campagnes en sa faveur ; même sanction que ci-dessus.
En cas de décès soudain du pape sans indication de successeur, le clergé élit son successeur à la majorité des voix. Toute tentative d’influencer les votes ou d’imposer un choix est sanctionnée.
Toute dénonciation d’abus dans le cadre de l’élection, si elle est fondée, est récompensée.
Ces mesures visent à encadrer strictement les modalités de succession papale et à éviter les manipulations et divisions internes, dans un moment de forte tension entre factions théologiques et intérêts politiques.
L’antipape Laurent assiste au concile et signe les actes sous le titre de prêtre de Prassède. Il est ensuite nommé évêque de Nocera, peut-être en geste d’apaisement ou comme stratégie de marginalisation.
Bien que certains auteurs modernes aient vu dans ces décisions un acte politique visant à verrouiller la succession pontificale en faveur des partisans de Symmaque et de la ligne anti-orientale, d’autres soulignent l’intention normative d’instaurer des règles dans un domaine jusque-là instable.
Le concile témoigne des tensions entre Rome et Constantinople à la fin du Ve siècle, dans un contexte post-chalcédonien marqué par l’Henotikon, la méfiance vis-à-vis de l’Orient, et la volonté romaine de préserver son autonomie doctrinale.
Ce concile s’inscrit donc dans les recompositions ecclésiologiques du Ve siècle, où le rôle du roi ostrogoth, bien que non catholique, devient déterminant dans les affaires internes de l’Église latine, révélant une configuration politico-religieuse typique de l’Antiquité tardive.”
Premier concile de Tolède
Le premier concile de Tolède se tient en 400, dans le contexte de la répression du priscillianisme, une hérésie persistante en Hispanie, particulièrement en Galice, qui mêlait ascétisme radical, dualisme, et doctrines gnostiques.
Le concile est présidé par Patruin de Mérida et réunit dix-neuf évêques hispaniques, dont Lampius (ou Lampi) de Barcelone. Il s’ouvre le 1er septembre 400.
L’objectif affiché dès l’ouverture est de rétablir fermement le Symbole de Nicée comme norme doctrinale, et d’excommunier quiconque refuserait de s’y conformer.
Le concile condamne formellement le priscillianisme. Certains de ses partisans cléricaux présents à Tolède abjurent leur hérésie et sont réintégrés dans l’Église. En revanche, les évêques priscillianistes de Galice qui refusent de renoncer sont excommuniés, mais reçoivent une profession de foi corrective pour leur permettre un retour à l’orthodoxie s’ils changent d’avis.
Vingt canons sont proclamés, centrés principalement sur la discipline ecclésiastique, le respect de la hiérarchie et la régulation des pratiques liturgiques et morales, afin de renforcer l’unité doctrinale.
Le concile vise aussi à établir une autorité ecclésiastique plus centralisée autour de Tolède et Mérida, dans un contexte où la péninsule Ibérique est encore pleinement intégrée à l’Empire romain d’Occident.
Il faudra attendre plus d’un siècle (jusqu’en 527) pour qu’un autre concile soit à nouveau convoqué à Tolède, montrant à la fois l’impact du concile de 400 et l’instabilité ecclésiastique et politique dans la région, notamment face à l’irruption des Wisigoths.
Ce concile constitue un des derniers efforts de l’épiscopat hispanique pour lutter contre une hérésie locale avant les grandes reconfigurations religieuses et politiques du Ve siècle, marquées par la désagrégation progressive de l’autorité impériale en Hispanie.
Concile de Vannes
Le concile de Vannes, tenu en 461 ou 465, marque la fondation officielle de l’évêché de Vannes et la consécration de saint Patern comme premier évêque (épiscopus Venetensis), dans un contexte d’extension du christianisme en Armorique à la fin du Ve siècle.
Ce concile fut présidé par saint Perpetuus, évêque de Tours, et réunit notamment Nonnechius Ier (évêque de Nantes) et Athemius (évêque de Rennes), établissant ainsi une organisation ecclésiastique dans une région à l’identité chrétienne émergente.
Le territoire de l’évêché correspondait aux anciennes limites des Vénètes : l’océan Atlantique au sud, le massif de Paimpont ou l’Oust au nord, la Vilaine à l’est et l’Ellé à l’ouest.
L’existence d’un évêque vénète était déjà attestée en 453 lors du concile d’Angers, mais c’est à Vannes que Patern est reconnu comme titulaire, devenant une figure fondatrice du christianisme breton, l’un des « sept saints fondateurs de la Bretagne ».
Le concile promulgua seize canons visant à renforcer la discipline ecclésiastique et la moralité du clergé, dans un souci de réforme morale et d’unification liturgique au sein de la province.
Le Ier canon exige l’exclusion des homicides et faux-témoins de la communion jusqu’à pénitence, affirmant un souci de pureté communautaire et de rigueur judiciaire interne.
Le IIe canon condamne les remariages sans preuve d’adultère du conjoint, reflétant une volonté de réaffirmer la sainteté du mariage dans une société en mutation.
Le IIIe canon interdit aux ecclésiastiques de participer à des noces ou spectacles jugés indécents, protégeant les sens consacrés du clerc et maintenant une séparation nette entre sacré et profane.
Le XIIIe canon fustige l’ivrognerie chez les clercs, considérée comme une source de tous les péchés, et prévoit une punition corporelle, traduisant la rigueur morale du clergé gallo-romain dans un contexte post-impérial instable.
Le XVIe canon interdit formellement aux clercs de pratiquer la divination par les lots ou les Écritures, dénonçant des pratiques populaires syncrétiques incompatibles avec l’orthodoxie chrétienne.
D’autres canons interdisent aux clercs de manger avec des Juifs, renforçant les barrières communautaires à une époque de définition identitaire du christianisme face aux autres traditions religieuses.
Le concile impose aux clercs et moines l’obéissance aux évêques, renforçant la hiérarchie ecclésiastique alors en cours de structuration en Gaule armoricaine.
Il ordonne aux fidèles d’assister aux matines et établit une unité liturgique dans la province, participant à l’homogénéisation du culte chrétien en Occident.
Ce concile local illustre les efforts du Ve siècle pour réaffirmer une orthodoxie morale, doctrinale et disciplinaire dans des régions encore partiellement christianisées et au tissu politique fragmenté.
Concile de Beth Lapat
– En 484, le concile de Beth Lapat (Gundishapur, Perse) marque une rupture majeure dans l’histoire du christianisme oriental : il consacre officiellement l’adoption de la christologie de Théodore de Mopsueste par l’Église de l’Orient, qui en fait alors sa doctrine officielle.
– Cette théologie, fondement du futur nestorianisme, insiste sur la distinction entre les natures humaine et divine du Christ, en opposition au monophysisme (fusion des deux natures) et au concile de Chalcédoine (451) qui prônait l’unité sans confusion.
– Le concile fut convoqué sous l’influence du métropolite Barsauma de Nisibe, partisan de cette théologie et figure politique majeure. Il fit déposer le catholicos Babowaï, chef officiel de l’Église, lequel excommunia à son tour les participants.
– La motivation du concile est autant théologique que politique : la séparation d’avec l’Empire byzantin (alors chrétien chalcédonien) permet à l’Église de l’Orient de s’émanciper sous la protection du pouvoir perse sassanide, toujours zoroastrien.
– Le concile de Beth Lapat autorise également le mariage des évêques, contre les usages occidentaux et orientaux byzantins, dans un souci d’adaptation aux coutumes perses et de rejet du célibat clérical.
– Cette tentative de normalisation n’empêche pas la poursuite de la persécution des chrétiens en Perse, ce qui montre que la fidélité dogmatique à l’État zoroastrien ne garantissait pas la sécurité religieuse.
– Certains participants finirent par rejoindre des courants monophysites, illustrant les divisions internes et les recompositions doctrinales en cours dans les Églises d’Orient à la fin du Ve siècle.
– Le concile de 484 est ensuite contesté : le catholicos Mar Aba Ier convoque un synode en 544 qui annule certaines décisions, notamment l’autorisation du mariage des évêques, signe d’une réorientation vers une doctrine plus modérée ou unifiée.
– La citation de Barsauma (« j’annulerai tout ce qui a été fait dans la ville de Beit Lapat ») montre que lui-même anticipait une remise en cause du concile, qu’il semble considérer comme provisoire ou stratégique.
– Le concile de Beth Lapat, bien qu’ultimement contesté, constitue un tournant historique : il inaugure l’autonomisation doctrinale de l’Église de l’Orient, qui restera durablement nestorienne, hors des grands courants byzantins et romains.
Eglise apostolique arménienne
– L’Église apostolique arménienne est une Église orthodoxe orientale autocéphale qui remonte apostoliquement aux apôtres Jude Thaddée et Barthélemy, considérés comme évangélisateurs de l’Arménie dès le Ier siècle.
– Le roi Tiridate IV d’Arménie est converti au christianisme par saint Grégoire l’Illuminateur, événement qui fait du royaume d’Arménie le premier État officiellement chrétien, vers 314 après la fin du règne de Dioclétien.
– Grégoire devient le premier Catholicos de l’Église d’Arménie. Il est consacré à Césarée de Cappadoce. Le roi et lui instaurent une politique de destruction des temples païens et d’organisation ecclésiastique structurée.
– Vers 405, l’alphabet arménien est inventé par Mesrop Machtots à la demande du Catholicos Sahak Ier, permettant la traduction de la Bible en arménien classique (grabar) et l’indépendance liturgique vis-à-vis du grec.
– L’Église arménienne participe aux premiers grands conciles (Nicée 325, Constantinople 381) mais ne peut être représentée à Éphèse (431). Le catholicos Sahak Ier accepte néanmoins ses décisions.
– L’absence au concile de Chalcédoine (451) est déterminante. L’Église arménienne rejette les décisions chalcédoniennes qui définissent les deux natures du Christ (dyophysisme) et adopte la christologie miaphysite de Cyrille d’Alexandrie.
– Au premier concile de Dvin (506), l’Église arménienne adopte l’Hénotique de l’empereur Zénon, tentative d’unification des positions christologiques. Ce texte est interprété dans un sens anti-chalcédonien.
– Le second concile de Dvin, vers 552, rejette explicitement les décisions de Chalcédoine, formalisant la rupture théologique avec Byzance.
– En 553, au moment du second concile de Constantinople, les liens sont définitivement rompus avec l’Église impériale byzantine.
– Dans la seconde moitié du Ve siècle, l’alphabet arménien permet à l’Église de constituer une culture théologique autonome. Toutefois, la traduction complète de la Bible ne sera finalisée qu’au VIIIe siècle.
– La doctrine christologique de l’Église arménienne, fixée en 726 au synode de Manazkert, affirme que le Christ possède une nature unique incarnée (miaphysisme), distincte du monophysisme d’Eutychès rejeté à Chalcédoine.
– Le synode de Manazkert enseigne que le Verbe a assumé une chair corruptible, qu’il a rendue incorruptible par le feu de sa divinité ; la passion du Christ est donc volontaire et non nécessaire.
– Cette position distingue clairement l’Église arménienne du monophysisme hérétique et fonde son adhésion à la communion des Églises dites des trois conciles (Nicée, Constantinople, Éphèse).
– Au Ve siècle, la position géopolitique de l’Arménie entre Rome et Perse contribue à cette évolution ecclésiologique : l’Église arménienne cherche son autonomie à la fois théologique et politique.
– Le Ve siècle marque donc pour l’Église arménienne une période décisive de structuration ecclésiale (fondation des sièges, alphabétisation religieuse) et de séparation dogmatique d’avec Byzance.
– Le catholicosat arménien est établi à Etchmiadzin, siège spirituel et administratif, et devient le centre du rayonnement religieux arménien malgré les exils et persécutions ultérieures.
– La tradition arménienne affirme une forte identité nationale adossée à son Église : foi chrétienne, langue propre, martyrologe et théologie spécifique forment un tout.
– À l’échelle du Ve siècle, l’Église apostolique arménienne représente un cas unique de christianisme national institué, structuré et doctrinalement autonome, sans lien de dépendance directe avec l’Empire romain ou byzantin.
Réforme monétaire d’Anastase Ier
La réforme monétaire d’Anastase Ier, mise en œuvre en 498 après Christ, constitue un tournant majeur dans l’histoire monétaire de l’Empire romain d’Orient, marquant le début effectif de la monnaie byzantine.
Avant cette réforme, le système monétaire souffrait d’un déséquilibre structurel : si les pièces d’or (solidus) conservaient leur valeur, les petites monnaies en cuivre (nummus) s’étaient massivement dépréciées, rendant les transactions courantes difficiles à réaliser, surtout dans les échanges du quotidien.
Le nummus (ou follis), devenu pratiquement inutilisable, nécessitait d’être produit en très grandes quantités pour conserver son usage dans la circulation économique.
Anastase introduit une nouvelle série de monnaies de cuivre, frappées en quatre valeurs différentes : 40 nummi (follis), 20 nummi (semifollis), 10 nummi (decanummium) et 5 nummi (pentanummium), facilitant ainsi les échanges de faible valeur.
Il innove en marquant la valeur faciale des pièces directement dessus : M pour 40 nummi, K pour 20, I pour 10, E pour 5 — ce système de marquage clair permet de fixer la valeur de chaque pièce et limite les manipulations ou incertitudes liées à la teneur métallique ou à l’usure.
Cette réforme permet de stabiliser la petite monnaie et de relancer les circuits commerciaux de proximité, en facilitant les paiements de faible montant. Elle est bien accueillie par la population, comme le souligne le chroniqueur Marcellinus Comes.
Les historiens considèrent que cette réforme marque le passage de la monnaie romaine à la monnaie byzantine, dans une logique plus rationnelle, lisible et contrôlée, qui perdurera durant plusieurs siècles.
Plusieurs royaumes barbares, comme les Wisigoths (à Narbonne ou Arles) ou les Francs (Clovis), imitent encore les monnaies d’Anastase, notamment les solidus, témoignant de l’autorité symbolique toujours accordée à l’Empire byzantin en matière monétaire, malgré l’autonomie croissante de ces royaumes.
La réforme s’inscrit dans une politique plus large de consolidation des finances impériales, cherchant à limiter les fraudes, à favoriser les échanges économiques et à renforcer la légitimité monétaire du pouvoir impérial.
Code Justinien
Le Code de Justinien (Codex Justinianus) est promulgué le 7 avril 529 après Christ sous l’autorité de l’empereur byzantin Justinien Ier, avec pour objectif de réorganiser et de moderniser le droit impérial hérité de l’époque romaine.
Il s’inscrit dans le vaste projet de codification connu sous le nom de Corpus juris civilis, qui comprend aussi le Digeste (533), les Institutes (533) et les Novellae (promulguées entre 534 et 565).
Le Code rassemble les constitutions impériales depuis Hadrien (r. 117–138), éliminant les textes obsolètes, les répétitions et les contradictions, tout en réaffirmant le rôle de l’empereur comme source exclusive du droit.
L’élaboration du Code commence en 528, confiée à une commission dirigée par le préfet du prétoire Jean de Cappadoce et le juriste Tribonien. Une première version est achevée en 529, suivie d’une seconde version améliorée en 534, appelée Codex repetitae praelectionis.
Cette réforme juridique intervient dans un contexte où le droit romain était fragmenté entre plusieurs recueils anciens, comme le Code grégorien, le Code hermogénien et le Code théodosien, tous incomplets ou partiellement obsolètes au Ve siècle.
Au Ve siècle, l’Empire d’Occident, en voie de désintégration, tente une dernière réorganisation juridique avec le Bréviaire d’Alaric (506), adaptation partielle du droit romain destinée aux populations gallo-romaines du royaume wisigoth.
La distinction entre ius vetus (droit ancien fondé sur les juristes classiques) et ius novum (constitutions impériales tardives) est encore opérante au Ve siècle, ce qui rend nécessaire une unification du droit sous Justinien.
Le Code est rédigé principalement en latin, bien que cette langue ne soit plus comprise couramment en Orient ; il est surtout appliqué dans les milieux urbains et administratifs de Constantinople.
Il organise le droit en douze livres couvrant le droit ecclésiastique, la procédure judiciaire, le droit privé (personnes, biens, obligations), le droit pénal, le droit fiscal et l’administration provinciale.
En matière de droit privé, le Code renforce les droits des affranchis, simplifie l’émancipation des enfants, limite la toute-puissance du père et du mari, et protège certains droits successoraux des femmes.
Il introduit le droit d’inventaire pour les héritiers, ce qui permet de limiter leur responsabilité au montant de l’actif reçu, et accorde un droit à succession aux enfants naturels.
En matière pénale, le Code interdit certaines mutilations excessives, comme l’amputation des deux mains ou des deux pieds, mais reste répressif envers les homosexuels masculins, perçus comme provoquant la colère divine.
Il accorde aussi une attention particulière à la lutte contre la corruption des gouverneurs et hauts fonctionnaires, qui doivent désormais prêter serment de n’avoir rien payé pour obtenir leur charge.
Dans sa philosophie générale, le Code affirme que l’empereur est la seule source du droit (principatus legis), supprimant les compétences normatives des anciens magistrats.
Sur le plan religieux, le droit impérial devient un instrument au service de l’orthodoxie chrétienne : le livre I du Code est consacré à la législation ecclésiastique, confirmant la position dominante de l’Église dans l’ordre impérial.
Bien que promulgué au VIe siècle, le Code de Justinien s’inscrit dans une dynamique enclenchée dès le Ve siècle : centralisation juridique, christianisation du droit, hiérarchisation sociale et renforcement du rôle impérial.
À court terme, son impact est limité : en Orient, peu de citoyens maîtrisent encore le latin ; en Occident, les territoires reconquis ne sont tenus que temporairement et les populations appliquent encore le Bréviaire d’Alaric.
À long terme, le Code sera redécouvert et étudié dès le XIIe siècle à Bologne, devenant la base du droit savant médiéval, tandis qu’à Byzance, il est progressivement remplacé par les Basilika, traduction grecque et adaptation aux réalités du IXe siècle.
Le Code de Justinien représente une synthèse et une rationalisation du droit romain antique, achevée dans le contexte impérial du haut Moyen Âge, et marque un tournant majeur dans l’histoire du droit européen.
Le donatisme
Le donatisme est un mouvement chrétien rigoriste né en Afrique romaine au début du IVe siècle, opposé à la réintégration dans l’Église des clercs ayant failli durant la persécution de Dioclétien (303–305), appelés traditores.
Les donatistes refusent la validité des sacrements administrés par des prêtres ou évêques jugés moralement indignes, car ayant trahi la foi en livrant des écrits sacrés ou en sacrifiant aux dieux romains.
Ce refus provoque une rupture avec l’Église majoritaire dite catholique, qui accepte la réintégration des lapsi après pénitence, en vertu de la doctrine selon laquelle l’efficacité des sacrements dépend de Dieu, non du ministre.
Le schisme prend forme en 312 avec l’élection contestée de Cæcilianus comme évêque de Carthage, accusé d’avoir été ordonné par un traditor. En réaction, 70 évêques numides élisent un évêque concurrent, Majorinus, soutenu par Donat de Casae Nigrae.
En 313, un concile réuni à Rome sous l’impulsion de Constantin Ier tranche en faveur de Cæcilianus, rejetant la position donatiste. Le concile d’Arles de 314 confirme cette condamnation et les premières répressions impériales commencent en 317.
Malgré les interdictions, le mouvement donatiste survit grâce à un fort enracinement dans les populations rurales et pauvres, qui voient dans le donatisme une résistance à la hiérarchie corrompue et à l’État impérial.
Dans les années 340, les circoncellions, bandes rurales armées et parfois violentes, s’associent aux donatistes, luttant contre les grands propriétaires et prônant l’abolition des dettes et l’émancipation des esclaves.
Les violences augmentent, ce qui pousse les empereurs à alterner tolérance et répression. Sous Constant Ier (r. 337–350), les tentatives d’apaisement échouent, et l’empereur recourt à la force après le refus de Donat de se soumettre.
Au Ve siècle, Augustin d’Hippone devient le principal adversaire intellectuel des donatistes. Il développe une théologie de l’Église universelle et invisible, composée de justes et de pécheurs, et plaide pour la validité objective des sacrements.
En 405, Honorius assimile juridiquement les donatistes aux hérétiques, autorisant la confiscation de leurs biens, les amendes et l’exil de leurs évêques.
En 411, la conférence de Carthage, arbitrée par un représentant impérial, réunit près de 600 évêques. Les donatistes refusent de débattre sur le fond doctrinal, s’enfermant dans leur contestation de l’élection de Cæcilianus. Leur position est rejetée.
L’édit de Ravenne de 412 entérine les sanctions : amendes, exils, et fermeture des lieux de culte. À partir de là, beaucoup de communautés donatistes rejoignent l’Église officielle.
Un concile est convoqué à Carthage en 418 pour réintégrer les évêques donatistes repentis. Certains, comme Gaudentius de Thamugadi, refusent de se soumettre et restent inflexibles.
Le Ve siècle marque l’affaiblissement progressif du donatisme, en partie à cause des persécutions impériales mais aussi du déclin de l’autorité romaine en Afrique.
L’arrivée des Vandales en Afrique du Nord en 429 et la prise de Carthage en 439 mettent fin à l’influence directe de l’Empire romain, créant un vide juridique et ecclésial.
Sous la domination vandale arienne, les donatistes semblent survivre localement, mais aucune source ne mentionne un rôle politique ou religieux important pour eux.
Lors de la reconquête byzantine de l’Afrique en 533–534, Justinien interdit toute pratique religieuse non orthodoxe, y compris le donatisme, bien que Procope n’en fasse pas mention dans ses chroniques.
Après cette période, le donatisme disparaît des sources écrites. Il est possible que quelques groupes subsistent encore en Numidie ou Maurétanie, mais sans influence.
La conquête arabe de l’Afrique du Nord (647–709) efface définitivement toute trace du mouvement, qui tombe dans l’oubli, remplacé par d’autres formes de puritanisme religieux comme le kharidjisme.
Bataille de Tolbiac
– La bataille de Tolbiac (ou bataille de Zülpich) se déroule vers 496 après Jésus-Christ, probablement entre les Francs Saliens de Clovis Ier et les Ala(m)ns ou Alamans, peuple germanique installé dans la région du Haut-Rhin.
– La localisation exacte de Tolbiac est incertaine, mais on l’identifie souvent avec Zülpich, près de Cologne, dans l’actuelle Allemagne de l’Ouest.
– Selon Grégoire de Tours (VIe siècle), principal témoin de l’événement, cette bataille voit les Francs confrontés à une défaite imminente face aux Alamans. Clovis, bien que païen, adresse alors une prière au « Dieu de Clotilde », sa femme chrétienne, promettant de se convertir s’il obtient la victoire.
– Cette prière marque un tournant : Clovis remporte la bataille, ce qui est interprété comme un signe divin. Il se fait baptiser peu après à Reims, à Noël, par l’évêque Rémi, avec plusieurs milliers de ses guerriers.
– Cette bataille a donc une portée militaire, politique et religieuse majeure :
– elle assure la domination des Francs saliens sur la région rhénane,
– affaiblit considérablement les Alamans, dont une partie se soumet aux Francs et l’autre se réfugie en Rhétie sous la protection ostrogothe,
– elle inaugure la conversion du royaume franc au christianisme nicéen (catholique), contrastant avec les royaumes barbares arianisés comme les Wisigoths ou les Ostrogoths.
– Cette conversion catholique de Clovis fonde en partie la légitimité religieuse des Mérovingiens et leur alliance durable avec l’Église romaine.
– L’événement est souvent utilisé dans l’historiographie franque et chrétienne pour marquer la naissance d’un royaume “chrétien” en Occident, vu comme l’ancêtre de la France catholique médiévale.
Fête de l’annonciation au Ve
– Au Ve siècle, la fête de l’Annonciation, célébrant l’annonce faite à Marie par l’archange Gabriel qu’elle concevrait le Christ, est déjà connue dans plusieurs régions de l’Empire romain, mais son statut liturgique n’est pas encore universel ni uniformisé.
– Cette fête est profondément liée à l’expansion du culte marial, qui connaît un essor important à partir du Concile d’Éphèse (431), où Marie est proclamée Theotokos (« Mère de Dieu ») contre le nestorianisme. Ce concile favorise la multiplication des hommages liturgiques à Marie, dont l’Annonciation devient un élément central.
– À Constantinople, la fête est célébrée dès la fin du Ve siècle ou au début du VIe siècle, notamment sous l’impulsion des empereurs byzantins et des milieux monastiques. La première mention attestée dans une homélie date probablement de la fin du Ve siècle.
– À Rome, la célébration existe aussi au Ve siècle, bien qu’elle ne figure pas encore dans tous les calendriers liturgiques. Elle est généralement fixée au 25 mars, date symbolique située neuf mois avant Noël et liée à l’équinoxe de printemps, associant la conception du Christ à la lumière renaissante.
– Des homélies attribuées à des auteurs comme Proclus de Constantinople (mort vers 446) ou Sévère d’Antioche (mort en 538) témoignent d’une théologie riche autour de l’Annonciation, insistant sur l’Incarnation, la virginité de Marie, et l’obéissance parfaite à Dieu.
– Dans les milieux syriens et coptes, la fête connaît également une popularité croissante, avec des traditions propres autour de l’Annonciation, bien qu’elle ne soit pas encore systématiquement fixée au 25 mars.
– Ainsi, au Ve siècle, la fête de l’Annonciation est déjà présente et honorée dans l’Empire romain d’Orient comme d’Occident, mais elle n’est pas encore intégrée de manière uniforme dans l’ensemble du calendrier liturgique chrétien. Son développement s’inscrit dans un mouvement plus large de marialisation de la piété chrétienne.”
Bataille de Soissons
– La bataille de Soissons se déroule en 486 après Jésus-Christ et marque une étape fondatrice dans l’expansion du pouvoir de Clovis Ier, roi des Francs saliens.
– Elle oppose Clovis à Syagrius, un chef gallo-romain qui gouverne encore un territoire romanisé dans le nord de la Gaule, appelé souvent le royaume de Soissons, dernier vestige de l’autorité impériale romaine en Gaule après la chute de l’Empire d’Occident en 476.
– Syagrius, fils d’Aegidius (ancien magistrat impérial), est parfois appelé “roi des Romains”, bien que ce titre n’ait pas d’existence légale dans la tradition impériale. Son autorité repose essentiellement sur la fidélité des cités gallo-romaines de la région.
– La bataille est provoquée par la volonté de Clovis de s’étendre au sud de la Somme et d’annexer ce territoire stratégique.
– Clovis mène l’assaut avec l’aide possible de troupes franques rassemblées au-delà du Rhin et sans doute en coordination avec d’autres chefs francs, comme Ragnachaire, roi de Cambrai.
– Syagrius est vaincu. Il s’enfuit chez les Wisigoths de Toulouse, mais leur roi, Alaric II, le livre à Clovis, qui le fait exécuter.
– Cette victoire permet à Clovis d’étendre son autorité sur toute la région comprise entre la Somme et la Loire, et de prendre le contrôle de Soissons, qui devient une capitale royale importante.
– L’événement marque la fin du pouvoir politique romain en Gaule et le début de l’intégration des structures gallo-romaines dans le royaume franc.
– Il inaugure également l’ascension de Clovis comme principal souverain barbare en Gaule, prélude à son baptême et à son rôle de champion du christianisme nicéen face aux autres peuples barbares, souvent ariens.
– L’épisode du vase de Soissons, rapporté par Grégoire de Tours, est censé avoir lieu peu après la bataille : un soldat brise un vase liturgique réclamé par l’évêque Rémi, et Clovis le tue plus tard pour avoir défié son autorité, illustrant à la fois sa ruse et son souci du respect religieux.
La légende du vase de Soissons
– La légende du vase de Soissons est un épisode célèbre rapporté par Grégoire de Tours dans son Histoire des Francs, écrit au VIe siècle, et se situe peu après la bataille de Soissons (486), durant laquelle Clovis vainc Syagrius, dernier représentant de l’autorité romaine en Gaule.
– Après la victoire, Clovis et ses hommes pillent la ville de Soissons, et parmi le butin se trouve un vase liturgique d’une grande beauté, probablement pris dans une église.
– Un évêque local (souvent identifié comme Remi de Reims) envoie un messager pour demander à Clovis la restitution de ce vase, indépendamment du partage régulier du butin prévu entre les guerriers.
– Clovis accepte la demande, mais, pour ne pas heurter la coutume franque du partage égal, il demande l’accord de ses hommes lors d’une assemblée de division du butin.
– Un soldat, refusant de rompre l’égalité du partage, brise le vase à coups de francisque, en s’écriant : « Tu n’auras rien ici que ce que le sort te donnera réellement ! »
– Clovis, malgré sa colère, ne dit rien sur le moment. Il fait néanmoins recueillir les morceaux du vase, qu’il restitue à l’évêque.
– Un an plus tard, lors d’une revue militaire, Clovis fait tomber l’arme du soldat rebelle, puis le frappe à la tête avec sa propre hache, en disant : « Ainsi as-tu fait au vase de Soissons. »
– Cette légende, bien que probablement en partie fictive ou embellie, illustre plusieurs éléments :
– Le rapport délicat entre autorité royale et coutumes guerrières franques, marquées par l’égalité entre les hommes libres.
– Le calcul politique de Clovis, qui retient sa vengeance pour mieux l’exercer ensuite, consolidant ainsi son autorité.
– Le respect croissant de Clovis pour l’Église catholique, prélude à sa conversion au christianisme.
– L’idée d’un roi capable de justice et de mémoire, agissant non sous l’emprise de la colère mais selon une logique politique et morale.
Conversion au christianisme au Ve
– Le Ve siècle est une période marquée par la progression du christianisme en tant que religion dominante dans l’Empire romain, en Occident comme en Orient, avec des dynamiques variées selon les peuples et les régions.
– Après l’édit de Thessalonique (380), le christianisme nicéen (trinitarien) est religion d’État, mais le IVe siècle avait vu la montée de l’arianisme, une forme de christianisme jugée hérétique par Rome, selon laquelle le Fils est inférieur au Père.
– Au Ve siècle, de nombreux rois barbares convertis au christianisme adoptent l’arianisme : c’est le cas des Wisigoths, des Ostrogoths, des Vandales, des Burgondes (dans un premier temps), ce qui accentue les tensions avec les populations gallo-romaines majoritairement nicéennes.
– Les élites gallo-romaines et byzantines sont majoritairement trinitariennes (concile de Nicée), et l’orthodoxie catholique est portée par les évêques, qui deviennent des figures politiques clés.
– En 496 (ou vers 498), Clovis, roi des Francs saliens, reçoit le baptême à Reims, probablement par l’évêque Remi. Ce baptême est politiquement décisif car il fait de Clovis le premier roi barbare à adopter le christianisme dans sa forme catholique, ce qui lui donne un immense avantage diplomatique et symbolique sur les autres souverains ariens.
– Le baptême de Clovis est souvent interprété comme une alliance avec les évêques de Gaule et les populations gallo-romaines : il s’appuie sur la structure religieuse pour asseoir son pouvoir.
– Le christianisme pénètre aussi plus profondément les campagnes, avec un mouvement d’évangelisation rurale, animé par des moines et des évêques. De nombreuses églises sont construites sur les ruines de temples ou dans les villae.
– Les figures de martyrs, de confesseurs, mais aussi de moines fondateurs (comme Martin de Tours) jouent un rôle important dans l’intégration du christianisme au tissu social.
– Les polémiques théologiques restent vives au Ve siècle : le pélagianisme, doctrine niant le péché originel, est condamné ; le nestorianisme est rejeté au concile d’Éphèse (431), et le monophysisme est condamné au concile de Chalcédoine (451), bien qu’il subsiste en Orient.
– La conversion des populations se fait souvent par étapes : par exemple, les Burgondes passent de l’arianisme au catholicisme au début du VIe siècle, sous l’influence de figures comme Avit de Vienne.
– Le christianisme devient également un outil de légitimation impériale : à Constantinople, les empereurs (comme Théodose II, Marcien ou Léon Ier) sont vus comme défenseurs de la foi, et le lien entre pouvoir impérial et religion se renforce.
– En Afrique du Nord, les tensions entre catholiques et donatistes (schismatiques rigoristes) restent vives au début du Ve siècle, mais le donatisme est peu à peu marginalisé, notamment après la conférence de Carthage de 411 et les persécutions d’Honorius.
– En Orient, le christianisme devient également une force culturelle, intellectuelle et politique de premier plan, avec la montée des grandes écoles théologiques (Alexandrie, Antioche, Constantinople).
Paix entre Zénon et Genséric
“– La paix entre Zénon, empereur d’Orient (règne effectif de 474 à 491), et Genséric, roi des Vandales (règne de 428 à 477), s’inscrit dans un contexte de tensions durables entre l’Empire et le royaume vandale d’Afrique, fondé après la prise de Carthage en 439.
– Après des décennies de raids maritimes vandales, y compris le sac de Rome en 455, l’Empire romain tente plusieurs expéditions punitives : la plus ambitieuse est celle du Cap Bon (468), un échec coûteux qui affaiblit considérablement les finances impériales.
– La politique impériale change à partir du règne de Zénon, qui, devant les limites militaires et les pressions internes, privilégie une diplomatie pragmatique.
– Vers 474, un traité de paix est conclu entre Zénon et Genséric, reconnaissant le royaume vandale comme entité souveraine et accordant à Genséric le titre de rex dans la diplomatie impériale.
– En échange, Genséric promet de cesser les raids contre les provinces romaines et d’assurer la sécurité maritime en Méditerranée occidentale, surtout autour de la Sicile et de la Calabre.
– Le traité marque la fin officielle des hostilités entre l’Empire d’Orient et les Vandales, après plus de trente ans de conflit indirect, tout en entérinant la perte définitive de l’Afrique romaine.
– Cette paix permet à Zénon de se concentrer sur les menaces internes (notamment les Isauriens et les Ostrogoths), tandis que Genséric consolide son royaume et impose progressivement l’arianisme comme doctrine dominante contre le catholicisme local.”
Guerre de Radagaise
“– La guerre de Radagaise oppose, au début du Ve siècle, les forces de l’Empire romain d’Occident à une vaste coalition de peuples barbares menés par Radagaise, chef païen d’origine gothique.
– En 405-406, Radagaise franchit les Alpes et pénètre en Italie du Nord à la tête d’une armée estimée entre 20 000 et 200 000 hommes, selon les sources antiques, composée de Goths, Alains, Suèves et autres groupes germaniques.
– Son objectif semble avoir été la prise de Rome, à une époque où l’Empire est affaibli par les guerres civiles et les tensions sociales internes.
– Face à cette menace, le général Stilicon, magister militum et véritable homme fort de l’Empire d’Occident, réagit rapidement. Il regroupe des troupes venues d’Italie, de Gaule et des contingents fédérés (dont des Huns).
– Après quelques opérations de harcèlement, Stilicon parvient à encercler l’armée de Radagaise près de Florence (Florentia), probablement en août 406.
– Privé de ravitaillement et incapable de briser l’encerclement, Radagaise est capturé puis exécuté, probablement sacrifié comme païen, selon les récits chrétiens.
– La victoire est décisive et met temporairement fin à la menace directe sur Rome ; plusieurs milliers de survivants barbares sont intégrés dans l’armée romaine ou réduits en esclavage.
– Toutefois, cette guerre épuise davantage l’Empire et ouvre la voie aux invasions massives de 406-407 sur le Rhin (Vandales, Suèves, Alains), dont certains éléments avaient peut-être été repoussés par les opérations de Radagaise.
– La guerre de Radagaise marque l’un des derniers grands succès militaires de l’armée romaine d’Occident avant le déclin irréversible des décennies suivantes.”
Invention de l’alphabet arménien par Saint Mesrob Machtots
– L’alphabet arménien est inventé vers 405 après Jésus-Christ par Mesrob Machtots, un moine, linguiste et théologien arménien, avec le soutien du catholicos Sahak Partev et du roi Vramshapouh de l’Arménie arsacide.
– Cette invention intervient dans un contexte où l’Arménie chrétienne (convertie officiellement en 301) souhaite affirmer son identité religieuse et culturelle face aux influences grecque et perse, dans une région partagée entre l’Empire romain d’Orient et l’Empire sassanide.
– Avant cette invention, les Arméniens utilisent des systèmes d’écriture étrangers (grec, syriaque, perse) pour les textes religieux, ce qui limite l’accès à l’instruction chrétienne pour la population.
– L’objectif de Machtots est de traduire la Bible et les textes religieux en arménien, afin de renforcer la chrétienté locale et de favoriser l’unité nationale.
– L’alphabet arménien comporte initialement 36 lettres (plus tard porté à 38), inspirées du grec, mais adaptées à la phonétique spécifique de la langue arménienne.
– Grâce à cet alphabet, une vaste campagne de traduction commence dans les décennies qui suivent, notamment avec la traduction de la Bible depuis une version syriaque et grecque, fixée lors du Concile d’Éphèse (431).
– L’invention de l’alphabet marque le début de la littérature arménienne, avec un âge d’or intellectuel au Ve siècle, dominé par des figures comme Eznik de Kolb, Koryoun, Agathange et Moïse de Khorène.
– Mesrob Machtots est canonisé comme saint dans l’Église apostolique arménienne, vénéré comme le « père de la culture arménienne ».
– Cette invention est aujourd’hui considérée comme un acte fondateur de l’identité arménienne, au même titre que la conversion au christianisme.
Partition de l’Hispanie
– Au début du Ve siècle, l’Hispanie (péninsule Ibérique) fait toujours partie de l’Empire romain d’Occident, mais elle subit de plein fouet les conséquences des grandes invasions barbares.
– En 409, trois peuples germaniques et iraniens franchissent les Pyrénées et s’installent en Hispanie :
– Vandales asdingues (au nord-ouest, en Galice),
– Vandales silingues (au sud, en Bétique),
– Suèves (également en Galice),
– accompagnés des Alains (en Lusitanie et en Carthaginoise).
– En 411, une partition officielle de l’Hispanie est négociée entre ces peuples et l’Empire, dans le cadre d’un foedus : les barbares obtiennent des terres en échange d’un statut de fédérés. Ce partage est attesté par le chroniqueur Hydace.
– Cette partition marque la fin effective de la souveraineté romaine directe sur une grande partie de l’Hispanie, même si des enclaves romaines subsistent (comme Tarragone).
– En 416-418, les Wisigoths, envoyés par l’empereur Honorius, entrent en Hispanie comme auxiliaires pour combattre les autres barbares. Ils écrasent les Vandales silingues et les Alains, ce qui provoque le regroupement des survivants avec les Vandales asdingues.
– En 429, les Vandales quittent l’Hispanie pour l’Afrique du Nord sous la conduite de Genséric, laissant la place aux Wisigoths, qui deviennent les nouveaux maîtres du sud et du centre de la péninsule.
– Les Suèves conservent un royaume indépendant en Galice, qui reste puissant jusqu’au VIe siècle.
– Cette partition évolue vers une domination quasi exclusive des Wisigoths sur l’Hispanie au VIe siècle, après la soumission des Suèves en 585.
– Le Ve siècle est donc marqué en Hispanie par une désagrégation du contrôle impérial et une reconfiguration du territoire selon des lignes ethniques et militaires, annonçant l’émergence des royaumes romano-barbares.
Exil des partisans de Stilicon
– En 408, Stilicon, général d’origine vandale et principal homme fort de l’Empire romain d’Occident, est exécuté sur ordre de l’empereur Honorius, à la suite d’un complot orchestré par le préfet du prétoire Olympius.
– Après sa chute, une purge brutale est organisée contre ses proches, ses alliés militaires (notamment les contingents barbares fédérés qui lui étaient fidèles), et sa famille.
– Les troupes barbares fédérées, essentiellement des Goths installés en Italie, se sentent trahies : leurs familles sont massacrées par la population italienne sous l’impulsion de la cour impériale.
– En représailles, ces contingents se rallient à Alaric, roi des Wisigoths, qui rassemble autour de lui non seulement ses propres troupes mais aussi de nombreux anciens soldats de Stilicon, formant une armée composite et expérimentée.
– Cette vague de répression et de rejet pousse de nombreux partisans de Stilicon à l’exil ou à rejoindre les révoltés, ce qui renforce considérablement le camp gothique.
– La radicalisation de la politique impériale contre les partisans de Stilicon et les fédérés est un facteur déclencheur majeur du sac de Rome en 410, car elle prive l’Empire de troupes fidèles et pousse les Goths à revendiquer une place dans l’ordre impérial par la force.
– L’exil ou l’élimination des partisans de Stilicon symbolise l’effondrement des compromis militaires et ethniques mis en place depuis Théodose Ier, et marque une rupture irréversible dans l’équilibre politique et militaire de l’Empire d’Occident au début du Ve siècle.
Fondation de l’abbaye Saint-Guénolé de Landévennec
– L’abbaye de Landévennec est fondée au début du Ve siècle, en Basse-Bretagne, sur les rives de l’Aulne, dans l’actuel Finistère.
– Elle est attribuée à Saint Guénolé (ou Winwaloe), moine d’origine noble, considéré comme l’un des grands fondateurs du monachisme breton.
– Selon la tradition hagiographique, Guénolé aurait été formé à l’école de Saint Budoc sur l’île Lavret, avant de fonder un monastère à Landévennec, probablement autour de vers 485.
– Le monastère suit initialement une règle celtique, inspirée du monachisme irlandais et insulaire, avant d’adopter plus tard la règle bénédictine sous l’influence carolingienne.
– L’abbaye devient rapidement un centre spirituel et culturel majeur de la Bretagne chrétienne, jouant un rôle clé dans la transmission des savoirs, la copie de manuscrits et l’enracinement du christianisme dans l’ouest armoricain.
– Elle est aussi un symbole de la christianisation des élites bretonnes au Ve siècle, dans un contexte d’émigration insulaire depuis la Grande-Bretagne et de formation des royaumes bretons.
Prise de Blois aux Bretons par les Francs saliens
– La ville de Blois, située sur la Loire, est un point stratégique au carrefour des zones d’influence des Bretons, des Gallo-Romains, et des Francs durant l’Antiquité tardive.
– Dans le contexte du Ve siècle, Blois faisait partie des territoires tenus ou disputés par des groupes britto-romains, notamment dans la zone de la civitas des Carnutes.
– Vers 491, selon Grégoire de Tours, le roi Clovis Ier mène une série de campagnes militaires visant à consolider son pouvoir en Gaule centrale et ligérienne.
– À cette époque, les Francs saliens prennent Blois aux Bretons, qui avaient profité de l’effondrement de l’Empire pour étendre leur influence au sud de la Loire.
– Cette conquête marque une avancée franque vers l’ouest, affaiblissant l’autonomie des territoires britto-romains et préparant la future soumission des régions armoricaines.
– La prise de Blois illustre aussi la stratégie de Clovis : soumettre les élites gallo-romaines et bretonnes pour légitimer son pouvoir, tout en consolidant l’unité des Francs dans une Gaule en transition.
Campagne de Clovis contre la Thuringe
– La campagne de Clovis contre la Thuringe se déroule dans la dernière décennie du Ve siècle, probablement vers 491-492, bien que les sources ne permettent pas de dater précisément l’événement.
– Selon Grégoire de Tours, Clovis « fit la guerre aux Thuringiens et en tua un grand nombre ». Il n’en donne pas de détail, mais mentionne la victoire franque comme un fait significatif de son règne.
– Les Thuringiens sont alors un peuple germanique établi sur un vaste territoire à l’est du royaume franc, entre les bassins de la Saale et de l’Elbe.
– La campagne témoigne de la volonté de Clovis d’étendre son influence vers l’est, en direction des peuples germaniques encore indépendants, dans une dynamique de conquête parallèle à celle menée vers le sud contre les Wisigoths.
– Cette victoire permet à Clovis de renforcer son prestige militaire, de sécuriser les frontières orientales de son royaume, et de mettre la pression sur d’autres peuples germaniques, comme les Alamans.
– Elle s’inscrit dans une série d’expéditions qui marquent la montée en puissance du royaume des Francs sous Clovis, fondée sur une alliance habile entre guerre, diplomatie et christianisation.
Révolte samaritaine
– La révolte samaritaine éclate en 484 sous le règne de l’empereur Zénon, dans la province romaine de Palestine, et oppose les Samaritains aux autorités byzantines chrétiennes.
– Elle s’inscrit dans un contexte de tensions religieuses croissantes entre la minorité samaritaine — qui refuse à la fois le christianisme et le judaïsme rabbinique — et les autorités impériales, de plus en plus intolérantes à l’égard des cultes non chrétiens.
– Le déclenchement de la révolte est provoqué par une décision impériale interdisant les cultes samaritains dans leurs lieux traditionnels, notamment sur le mont Garizim, site central de leur religion.
– Les Samaritains massacrent plusieurs chrétiens et prennent temporairement le contrôle de Neapolis (actuelle Naplouse). Ils sont rapidement réprimés par l’armée byzantine.
– En réponse, Zénon fait raser le temple du mont Garizim et y construit une église, acte perçu comme une provocation religieuse majeure.
– Cette révolte est la première d’une série de soulèvements samaritains au cours du Ve et du VIe siècle, qui s’éteindront définitivement après les répressions violentes sous Justinien.
– Elle marque le début du déclin démographique et religieux de la communauté samaritaine, autrefois influente, marginalisée progressivement dans l’Empire d’Orient.
Bataille de Déols
– La bataille de Déols se déroule en 469 (ou vers 470), dans le contexte des luttes entre Wisigoths et forces gallo-romaines en Gaule au Ve siècle.
– Elle oppose les Wisigoths du roi Euric aux forces gallo-romaines dirigées par Riothamus, un chef militaire souvent identifié comme un roi des Britto-romains venus de Bretagne insulaire pour soutenir les populations gallo-romaines face aux invasions barbares.
– Les Wisigoths cherchent à étendre leur contrôle en Aquitaine et dans la vallée de la Loire, dans un contexte d’effondrement du pouvoir impérial romain d’Occident.
– Riothamus intervient probablement à la demande de l’empire romain ou de la population locale, et engage la bataille contre Euric près de Déols, dans le Berry.
– Les troupes de Riothamus sont vaincues ; lui-même est blessé et obligé de se replier vers le nord-est, peut-être en direction de l’Auvergne ou vers le territoire des Burgondes.
– Cette défaite marque un recul de l’influence romaine et de ses alliés dans la région, et permet aux Wisigoths de renforcer leur implantation au nord de la Garonne, prélude à leur domination sur une large partie du sud de la Gaule.
– L’épisode de Riothamus a aussi été interprété par certains comme une source légendaire du roi Arthur, bien que cette thèse reste très discutée.
Pax Romana
– La Pax Romana (paix romaine) désigne une longue période de stabilité et de prospérité relative dans l’Empire romain, débutant avec le règne d’Auguste en 27 avant J.-C. et s’étendant jusqu’au règne de Marc Aurèle (vers 180 après J.-C.).
– Elle marque une phase où l’Empire connaît peu de guerres civiles, une sécurité accrue sur les frontières, et un essor économique, démographique et culturel important.
– Cette paix repose sur une puissante administration impériale, une armée disciplinée, un réseau de routes efficaces et un système juridique étendu.
– La Pax Romana ne signifie pas absence totale de conflits : les guerres d’expansion ou de défense continuent (notamment en Germanie, en Judée, en Bretagne), mais l’ordre est généralement maintenu à l’intérieur de l’Empire.
– Elle favorise la diffusion du latin et du grec, l’urbanisation, la romanisation des provinces, ainsi que l’essor du commerce méditerranéen.
– Au Ve siècle, cette idée de “paix romaine” appartient au passé : l’Empire romain d’Occident s’effondre sous les pressions des peuples barbares, des guerres internes, des crises fiscales et du morcellement du pouvoir.
– Certains auteurs chrétiens du Ve siècle idéalisent la Pax Romana comme une époque d’ordre antérieure à la décadence morale et religieuse qu’ils associent aux malheurs contemporains.
– L’idéal de Pax Romana influencera la vision impériale médiévale, notamment chez les Carolingiens, comme un modèle d’unité chrétienne et politique à restaurer.
Répression par Zénon
– L’empereur Zénon (règne : 474–475, puis 476–491), d’origine isaurienne, est confronté à de nombreuses révoltes internes et conflits religieux au sein de l’Empire romain d’Orient dans la seconde moitié du Ve siècle.
– Il doit réprimer la révolte de Basiliscus, qui usurpe brièvement le trône (475–476). Après avoir repris le pouvoir, Zénon fait exécuter Basiliscus et ses partisans, affirmant son autorité.
– Il affronte la sédition des Isauriens (son propre peuple d’origine), considérés comme des barbares par l’aristocratie constantinopolitaine. Bien qu’ils lui soient initialement favorables, les Isauriens subissent une répression croissante à la fin de son règne, surtout après des révoltes internes.
– Zénon mène également une répression religieuse, notamment via son édit d’union, le Henotikon (482), qui tente de concilier les positions des chalcédoniens et des monophysites. Ce compromis est rejeté par Rome et entraîne des tensions avec le patriarcat d’Occident (début du schisme d’Acace). Il s’ensuit des persécutions contre les partisans du concile de Chalcédoine dans certaines régions.
– Il réprime fermement les tentatives de soulèvements militaires, notamment celles liées à l’aristocratie militaire thrace et aux factions hostiles à son pouvoir, en usant d’exils, d’exécutions ou de confiscations.
– En Italie, il soutient le roi ostrogoth Théodoric le Grand en l’envoyant renverser Odoacre, plutôt que de réprimer lui-même cette région troublée : une forme de répression déléguée qui met fin à l’indépendance d’Odoacre.
– La répression par Zénon est donc multiple : politique, ethnique et religieuse, caractérisée par des purges, des manipulations d’alliances, et l’usage de la violence pour maintenir un pouvoir fragile dans un empire oriental en mutation.
Bataille de l’Adda
– La bataille de l’Adda a lieu en 490, sur les rives de la rivière Adda en Italie du Nord, dans le cadre du conflit entre Théodoric le Grand (chef des Ostrogoths) et Odoacre (roi d’Italie).
– Après avoir reçu le soutien de l’empereur byzantin Zénon, qui l’envoie reconquérir l’Italie, Théodoric débarque dans la péninsule en 489 et affronte les forces d’Odoacre à plusieurs reprises.
– La bataille de l’Adda est une victoire décisive des Ostrogoths, qui affaiblit considérablement le pouvoir d’Odoacre et permet à Théodoric de pénétrer dans Milan.
– Cette victoire marque un tournant dans la guerre : elle consolide la progression de Théodoric vers Ravenne, où Odoacre se réfugie et résiste jusqu’en 493, date à laquelle il sera finalement assassiné par Théodoric lui-même.
– Cette bataille s’inscrit dans le contexte de la fin de l’Empire d’Occident et de la transition vers les royaumes germaniques : Théodoric établit le royaume ostrogoth d’Italie, officiellement sous autorité byzantine mais de fait indépendant.
– Elle illustre aussi la stratégie byzantine d’utiliser des peuples fédérés (comme les Ostrogoths) pour maintenir l’ordre dans les anciennes provinces occidentales sans engager directement l’armée impériale.
Division de l’empire romain
– La division définitive de l’Empire romain intervient en 395 après Christ, à la mort de l’empereur Théodose Ier, dernier souverain à régner sur l’ensemble de l’Empire romain.
– À sa mort, Théodose lègue l’Empire à ses deux fils : Honorius reçoit l’Occident, avec Ravenne pour capitale, et Arcadius l’Orient, avec Constantinople pour capitale.
– Cette division est administrative et dynastique, mais marque le début d’une séparation durable entre l’Empire romain d’Occident et celui d’Orient, bien qu’en théorie l’unité impériale demeure.
– Le Ve siècle voit l’effondrement progressif de l’Empire d’Occident (prise de Rome en 410, pertes territoriales successives), tandis que l’Empire d’Orient (futur Empire byzantin) reste plus stable.
– En 476, la déposition du dernier empereur d’Occident, Romulus Augustule, par le chef barbare Odoacre, est souvent considérée comme la fin officielle de l’Empire romain d’Occident.
– L’Empire d’Orient, dirigé alors par Zénon, ne reconnaît plus d’empereur occidental, et assume seul la légitimité romaine : l’Empire romain d’Orient devient de fait l’unique héritier de Rome.
– Cette division aura de profondes conséquences religieuses, culturelles et politiques, posant les bases de la distinction entre monde latin et monde grec-oriental.
Dissolution de l’Est/Ouest co-emperorship
– La dissolution du système de co-empire entre Orient et Occident remonte à la mort de Théodose Ier en 395 après Christ, qui fut le dernier empereur à gouverner à la fois l’Empire romain d’Occident et d’Orient.
– En divisant l’Empire entre ses deux fils, Honorius pour l’Occident et Arcadius pour l’Orient, Théodose établit une séparation dynastique irréversible, bien que temporairement perçue comme une unité maintenue sous deux autorités.
– Avant cela, depuis la tétrarchie instaurée par Dioclétien à la fin du IIIe siècle, l’Empire avait été gouverné par plusieurs empereurs (Augustes et Césars) pour assurer une meilleure gestion et défense des vastes territoires.
– Ce système de co-régence impériale (Est/Ouest) visait à maintenir l’unité de l’Empire tout en facilitant son administration, mais il était souvent fragilisé par des rivalités entre empereurs.
– Après 395, bien que les deux parties de l’Empire aient conservé une fiction d’unité impériale, l’autonomie politique et militaire de chaque moitié s’accentue rapidement.
– À partir de la fin du Ve siècle, notamment après 476 (chute de l’Empire romain d’Occident), l’Empire d’Orient (byzantin) reste seul reconnu comme Empire romain par ses souverains, mettant fin de fait à toute co-souveraineté.
– L’idée d’un co-empire Est/Ouest disparaît, bien que certains empereurs orientaux, comme Zénon ou Justinien, cherchent à réunifier symboliquement ou militairement l’Empire, notamment par les conquêtes en Italie et en Afrique.
Règne de Kavadh Ier
– Kavadh Ier règne sur l’Empire sassanide à deux reprises : une première fois de 488 à 496, puis une seconde de 498 à 531 après Jésus-Christ.
– Il succède à Balash (frère de Peroz Ier) dans un contexte de crise dynastique, de pressions extérieures (notamment des Huns Hephthalites), et de tensions internes entre aristocratie, clergé zoroastrien et mouvements populaires.
– Durant son premier règne, il soutient le mouvement réformateur et égalitaire des mazdakites, qui prônent une forme de justice sociale en contestant la propriété privée et en appelant à une redistribution des richesses.
– Cette alliance avec les mazdakites provoque l’opposition de la noblesse et du clergé. Kavadh est renversé et emprisonné en 496 par les grands seigneurs zoroastriens et remplacé par son frère Djamasp.
– Kavadh s’échappe, trouve refuge chez les Huns Hephthalites, puis revient avec leur appui militaire pour reprendre le trône en 498.
– Durant son second règne, il conserve une posture ambiguë vis-à-vis du mazdakisme, qu’il finit par réprimer (notamment dans les années 520), probablement pour rétablir son alliance avec l’aristocratie.
– Il mène plusieurs guerres contre l’Empire byzantin, en particulier contre Anastase Ier (guerre d’Anastase, 502–506), avec notamment la prise d’Amida en Mésopotamie.
– Il entre aussi en conflit avec Justin Ier et prépare les futures campagnes contre Justinien Ier, qui éclateront sous son fils Khosro Ier.
– Son règne est marqué par un effort de centralisation du pouvoir, des réformes fiscales et militaires, et une tentative de stabiliser l’héritage dynastique malgré les tensions religieuses et sociales.
– À sa mort en 531, il est remplacé par Khosro Ier Anushirvan, son fils, qui poursuit une politique de consolidation impériale et de lutte contre les dissidences internes et les Byzantins.
Établissement des Huns hephthalites
– Les Huns hephthalites, aussi appelés Huns blancs, forment une confédération de peuples d’origine probablement iranienne orientale ou turco-iranienne, apparentés aux Huns, mais distincts des Huns d’Attila.
– Leur établissement s’effectue progressivement en Asie centrale entre le IVe et le Ve siècle après Jésus-Christ, profitant du déclin des empires kouchan et sassanide dans la région.
– Vers le milieu du Ve siècle, ils prennent le contrôle de vastes territoires s’étendant de la Sogdiane (Asie centrale) jusqu’à la vallée de l’Indus, englobant la Bactriane, le Gandhara et certaines régions du nord de l’Inde.
– Leur capitale est probablement située à Balkh ou à Badakhshan, régions stratégiques sur les routes commerciales d’Asie.
– Ils vainquent les Sassanides à plusieurs reprises : le roi Peroz Ier meurt face à eux en 484, entraînant une grave crise pour l’empire perse.
– Leur apogée politique et militaire se situe entre 460 et 560, période durant laquelle ils exercent une forte influence sur les royaumes indiens (notamment le royaume de Gupta) et sur la Perse.
– Les Hephthalites sont souvent perçus comme des barbares nomades, mais ils développent une administration régionale, adoptent certains éléments de culture iranienne et indienne, et frappent leur propre monnaie.
– Leur pouvoir décline au milieu du VIe siècle, après la coalition entre les Sassanides (Khosro Ier) et les Turcs occidentaux, qui les vainquent entre 556 et 560.
– Après leur défaite, les Hephthalites se fragmentent en petites principautés soumises à l’influence turco-iranienne, avant de disparaître comme force politique autonome.
Guerre des Perses contre les Lazes
– La guerre des Perses contre les Lazes fait partie des multiples affrontements qui opposent l’Empire byzantin (Empire romain d’Orient) aux Sassanides dans le Caucase durant le Ve et VIe siècle.
– Les Lazes, peuple installé en Lazique (région de l’actuelle Géorgie occidentale), contrôlent un territoire stratégique situé entre la mer Noire et le royaume d’Ibérie, à la frontière de l’empire perse.
– Cette région est l’objet de luttes d’influence entre Byzance et les Sassanides, chacun cherchant à s’assurer la loyauté des royaumes caucasiens (Ibérie, Arménie, Lazique), dans un contexte de guerre froide impériale.
– Les premières tensions apparaissent dès la fin du Ve siècle, alors que les Sassanides cherchent à renforcer leur emprise sur la Lazique, parfois par l’imposition de gouverneurs ou de garnisons perses.
– Cette politique provoque l’hostilité des élites lazes, qui se tournent alors vers Constantinople pour obtenir soutien et protection.
– La guerre éclate ouvertement plus tard, dans ce qui sera appelé la guerre lazique proprement dite (541–562), mais les fondements du conflit sont déjà posés au Ve siècle, sous les règnes de Yazdgard Ier et Peroz Ier.
– Le conflit témoigne du rôle tampon et instable du Caucase entre les deux grands empires, avec des peuples intermédiaires oscillant entre fidélité, résistance et diplomatie pour préserver leur autonomie.
– Ces guerres anticipent les grands conflits du VIe siècle, notamment sous Justiniens Ier et Khosro Ier, où la Lazique devient un champ de bataille stratégique pour le contrôle des accès entre la mer Noire et la Perse.
Règle monastique de Saint Benoît
– La Règle de saint Benoît est un ensemble de préceptes rédigé au début du VIe siècle (vers 530) par Benoît de Nursie, fondateur du monachisme bénédictin et de l’abbaye du Mont-Cassin en Italie.
– Elle vise à organiser la vie des moines dans un monastère selon un équilibre entre prière, travail et lecture, résumée par la devise ““Ora et labora”” (prie et travaille).
– La Règle se compose de 73 chapitres, dont les premiers définissent les types de moines et insistent sur l’humilité, l’obéissance, la stabilité et la vie communautaire.
– Le moine bénédictin vit sous l’autorité d’un abbé, élu à vie, représentant le Christ dans la communauté, et chargé de guider les moines avec fermeté et douceur.
– La journée du moine est réglée par la liturgie des heures (8 offices), comprenant les prières de nuit (vigiles), l’office du matin (laudes), les petites heures (prime, tierce, sexte, none), les vêpres et les complies.
– Les temps de travail manuel (agriculture, copie de manuscrits, artisanat) alternent avec la lectio divina, lecture méditative des Écritures.
– La Règle insiste sur la modération : modération dans la nourriture, le sommeil, la parole, et dans tous les aspects de la vie.
– Le silence, la stabilité (rester toute sa vie dans le même monastère) et la conversion des mœurs (metanoia continue) sont au cœur de l’engagement monastique.
– Elle se distingue par son souci de la personne humaine, en particulier des novices, des malades, des anciens et des invités : ““Tous les hôtes seront reçus comme le Christ.””
– Si elle s’appuie sur les traditions ascétiques orientales (notamment la Règle du Maître ou celles de saint Basile), elle est marquée par un pragmatisme latin et une orientation communautaire équilibrée.
– Au fil des siècles, la Règle de Benoît devient la norme de référence dans l’Occident latin, surtout à partir de Charlemagne, qui impose la règle bénédictine dans tous les monastères de l’Empire carolingien.
– Elle joue un rôle fondamental dans la transmission du savoir, la structuration de la société chrétienne médiévale, et dans la spiritualité occidentale jusqu’à aujourd’hui.
Légende de la fondation de Rome
– La légende de la fondation de Rome remonte à l’Antiquité et mêle mythologie grecque et tradition italique, servant à doter la cité romaine d’un mythe d’origine noble et héroïque.
– Elle commence avec Énée, prince troyen, qui, selon Virgile (Énéide), fuit la chute de Troie (vers 1184 av. J.-C.) et arrive en Italie, où ses descendants, les rois albains, règnent sur le Latium.
– De cette lignée descend Numitor, roi d’Albe-la-Longue, détrôné par son frère Amulius, qui force la fille de Numitor, Rhéa Silvia, à devenir vestale pour qu’elle ne donne pas naissance à un héritier.
– Le dieu Mars s’unit pourtant à Rhéa Silvia, qui enfante Romulus et Rémus.
– Amulius ordonne la mort des jumeaux, mais un serviteur les abandonne dans un panier sur le Tibre. Le courant les porte jusqu’au Palatin, où une louve les allaite, avant qu’un berger, Faustulus, les recueille avec sa femme.
– Devenus adultes, Romulus et Rémus tuent Amulius et rétablissent Numitor.
– Ils décident alors de fonder une ville à l’endroit de leur sauvetage, mais une querelle éclate sur le lieu précis et le droit à la royauté.
– Romulus tue son frère Rémus (selon une version, parce que Rémus franchit par moquerie les murs sacrés que Romulus trace) et devient le premier roi de Rome, fondée selon la tradition le 21 avril 753 av. J.-C.
– Cette légende, fixée par les historiens comme Tite-Live, Dion Cassius, ou Plutarque, est un récit fondateur qui lie Rome à la gloire troyenne, à la piété envers les dieux et à la violence du pouvoir.
– Le symbolisme du sang fraternel, du destin divin et de l’importance des rites fondateurs y est central, et Rome revendiquera toujours son héritage troyen et divin pour légitimer sa grandeur.
Bataille de Vouillé
– La bataille de Vouillé a lieu en 507 après Jésus-Christ, près de Poitiers, dans l’ouest de la Gaule, entre les troupes des Francs menées par Clovis Ier et l’armée des Wisigoths, commandée par leur roi Alaric II.
– Cette bataille s’inscrit dans le contexte de l’expansion franque en Gaule, favorisée par la politique de Clovis d’unification des peuples germaniques sous la bannière de la foi catholique, contre les royaumes germaniques arianisés (notamment les Wisigoths).
– Les Wisigoths dominent alors le sud-ouest de la Gaule, avec leur capitale à Toulouse. Le royaume franc, quant à lui, s’étend dans le nord-est de la Gaule.
– Clovis bénéficie de l’appui implicite des élites gallo-romaines et du clergé catholique, qui préfèrent son autorité à celle des rois arianistes comme Alaric II.
– La bataille est décisive : Alaric II est tué au combat, provoquant la chute rapide de la domination wisigothique sur la Gaule.
– Après sa victoire, Clovis s’empare de Toulouse, où il s’empare du trésor royal wisigoth, et de Bordeaux ; seule la Septimanie (région autour de Narbonne) reste aux Wisigoths.
– Cette victoire marque un tournant majeur dans l’histoire de la Gaule : les Wisigoths se replient en Hispanie, et les Francs s’imposent comme la puissance dominante en Gaule.
– Elle est aussi un triomphe du christianisme nicéen sur l’arianisme, renforçant le prestige de Clovis auprès de l’Église catholique et du pape.
– En 508, l’empereur d’Orient Anastase Ier reconnaît Clovis comme consul honoraire, légitimant son pouvoir dans une continuité romaine.
– La bataille de Vouillé consacre ainsi l’intégration des élites gallo-romaines au sein du royaume franc, et l’amorce d’un pouvoir royal de plus en plus centralisé et catholique.
Installation des Burgondes entre le Rhin et les Alpes
– L’installation des Burgondes entre le Rhin et les Alpes se produit au début du Ve siècle, dans le contexte des grandes migrations et de l’effondrement progressif de l’autorité romaine en Occident.
– En 406, les Burgondes participent à la grande traversée du Rhin gelé avec d’autres peuples (Suèves, Vandales, Alains), mettant fin à la paix romaine dans les provinces rhénanes.
– En 413, Rome les installe comme fœderati (alliés militaires) sur la rive gauche du Rhin, autour de Worms, leur première capitale. C’est la première Burgondie.
– En 436, cette implantation tourne au désastre : les Burgondes de Worms sont écrasés par une coalition romano-hunnique dirigée par le général Aetius. Leur roi Gondicaire meurt au combat. Ce massacre inspirera plus tard la légende des Nibelungen.
– Vers 443, Aetius réinstalle les survivants dans la vallée du Rhône, entre le Jura et les Alpes, sur des terres de la province romaine de Sapaudia (actuelle Savoie et Suisse romande). C’est la deuxième Burgondie, avec Genève comme centre initial.
– Ce nouveau royaume s’étend progressivement sur Lyon, Vienne, Valence et Besançon, formant un royaume plus stable et romanisé, en contact étroit avec les élites gallo-romaines.
– Le royaume des Burgondes devient l’un des principaux royaumes barbares en Gaule, aux côtés des Francs, des Wisigoths et des Alamans.
– Le pouvoir burgonde adopte une attitude conciliante avec la population gallo-romaine : les rois comme Gondebaud promulguent une double législation (loi romaine pour les Gallo-Romains, loi burgonde pour les Burgondes), dont le plus célèbre exemple est la Lex Romana Burgundionum vers 506.
– Les Burgondes restent toutefois ariens jusqu’au VIe siècle, ce qui les oppose religieusement aux catholiques gallo-romains, avant une progressive intégration dans l’orbite franque.
– En 534, les Francs conquièrent définitivement le royaume burgonde après la mort du roi Godomar, intégrant ce territoire à leur royaume.
Prise de Ravenne par Théodoric
– La prise de Ravenne par Théodoric le Grand marque la fin de la guerre entre Ostrogoths et Odoacre pour le contrôle de l’Italie, dans le contexte de la réorganisation post-impériale de l’Occident au Ve siècle.
– En 488, l’empereur d’Orient Zénon envoie Théodoric, roi des Ostrogoths, en Italie pour éliminer Odoacre, qui règne sur la péninsule depuis la déposition de Romulus Augustule en 476.
– Théodoric traverse les Alpes avec son peuple et affronte Odoacre à plusieurs reprises. Il le vainc notamment à la bataille de l’Isonzo (489), puis à Vérone, forçant Odoacre à se replier sur Ravenne, sa capitale fortifiée.
– Ravenne, protégée par des marais et des canaux, résiste à un long siège de plus de trois ans, de 490 à 493. Théodoric ne parvient pas à la prendre par la force.
– En février 493, un accord de paix est trouvé : Odoacre accepte de coexister avec Théodoric et de partager le pouvoir.
– Le 15 mars 493, au cours d’un banquet de réconciliation organisé à Ravenne, Théodoric assassine Odoacre de sa propre main, mettant fin à son règne. Ses partisans sont massacrés dans les jours suivants.
– Théodoric devient alors maître de l’Italie, tout en maintenant une façade de loyauté envers l’empire d’Orient : il gouverne comme roi des Goths et patricius de l’empereur, selon une double légitimité.
– La prise de Ravenne inaugure le royaume ostrogothique d’Italie (493–553), centré sur Ravenne, qui devient un centre artistique, administratif et diplomatique majeur à la charnière entre Antiquité tardive et Moyen Âge.
Régence de Pulchérie
– Pulchérie, sœur de l’empereur Théodose II, exerce une régence effective sur l’Empire romain d’Orient à partir de 414, lorsque son frère est encore adolescent.
– À seulement 15 ans, elle est proclamée augusta (titre impérial féminin) par décision du Sénat et prend le contrôle des affaires de l’État, marquant un des rares exemples de pouvoir féminin direct dans l’Empire.
– Elle impose à la cour une stricte discipline chrétienne : elle fait vœu de virginité, chasse les femmes jugées scandaleuses de l’entourage impérial et promeut un mode de vie ascétique, renforçant l’influence de l’orthodoxie nicéenne.
– Pulchérie joue un rôle central dans les débats théologiques, notamment contre le nestorianisme, qu’elle combat activement en soutenant l’évêque Cyrille d’Alexandrie. Elle influence directement la convocation du concile d’Éphèse en 431, qui condamne Nestorius et affirme la maternité divine de Marie (Theotokos).
– Pendant sa régence, elle encourage la construction d’églises, la vénération de la Vierge et la diffusion de l’orthodoxie dans les provinces orientales de l’Empire.
– En 421, son frère Théodose II épouse Aelia Eudocia, ce qui diminue temporairement l’influence de Pulchérie à la cour. Toutefois, elle revient aux affaires après la disgrâce d’Eudocia dans les années 440.
– Après la mort de Théodose II en 450, Pulchérie reprend le pouvoir et choisit pour époux Marcien, qu’elle fait proclamer empereur, tout en gardant son vœu de virginité : leur union est politique et non charnelle.
– Elle continue d’exercer une grande autorité religieuse et politique sous le règne de Marcien, jouant un rôle dans l’organisation du concile de Chalcédoine en 451, qui condamne le monophysisme et affirme la doctrine des deux natures du Christ.
– Pulchérie meurt en 453, honorée comme sainte dans la tradition byzantine, et reste une figure emblématique de l’alliance entre pouvoir impérial et foi chrétienne dans l’Antiquité tardive.
Blocus des côtes méditerranéennes par Constantius
– Le blocus des côtes méditerranéennes par Constantius III est une mesure stratégique prise dans les années 410-420 pour affaiblir l’autorité du roi vandale Genséric, qui contrôlait alors une partie croissante de l’Afrique romaine, notamment la province d’Afrique proconsulaire, clé de l’approvisionnement en blé de Rome.
– Ce blocus vise à empêcher les communications maritimes entre l’Afrique et les territoires occupés par les barbares en Hispanie et en Gaule, isoler les Vandales et rétablir l’autorité impériale sur la Méditerranée occidentale.
– Constantius, alors magister militum (maître des milices) et futur empereur d’Occident (bref règne en 421), cherche à reprendre le contrôle des voies maritimes essentielles à l’économie romaine et à empêcher toute alliance entre les Vandales, les Alains et les Sueves.
– Cette politique de pression maritime est complémentaire des campagnes terrestres menées en Gaule et en Espagne pour contenir les royaumes barbares installés après la grande invasion de 406.
– Le blocus joue également un rôle diplomatique : il prépare les négociations avec Genséric et sert de levier pour forcer la reconnaissance de l’autorité impériale sur les provinces africaines, même si à terme, cette stratégie n’empêche pas la consolidation du royaume vandale d’Afrique, qui deviendra totalement indépendant sous Genséric après 429.
Siège d’Avignon
– Le siège d’Avignon a lieu en 500 après Jésus-Christ, lors du conflit opposant les Francs de Clovis Ier aux Burgondes dirigés par le roi Gondebaud.
– Contexte : Clovis, roi des Francs saliens, cherche à étendre son influence en Gaule. Il profite des tensions internes entre les deux rois burgondes, Gondebaud et son frère Godegisel, pour intervenir militairement dans la région.
– Clovis conclut une alliance avec Godegisel, qui s’oppose à son frère Gondebaud, et l’aide à prendre le pouvoir. En échange, Clovis espère obtenir des territoires et accroître son autorité sur le sud de la Gaule.
– En 500, Clovis lance une campagne contre Gondebaud, qu’il poursuit jusqu’à Avignon, ville fortifiée sur le Rhône. Gondebaud s’y réfugie avec ses troupes.
– Clovis assied le siège devant Avignon, mais la ville résiste efficacement grâce à ses défenses naturelles et fortifiées. Clovis échoue à la prendre par la force.
– Le siège se termine rapidement par un retrait des Francs, probablement sur conseil de ses officiers ou en raison d’un accommodement politique.
– Après ce siège infructueux, un compromis est trouvé : Gondebaud reprend le dessus sur son frère Godegisel (qu’il fera tuer en 501), mais il maintient une alliance de façade avec Clovis, qui en tire un certain prestige politique.
– Cet épisode marque une étape importante dans l’influence croissante des Francs en Gaule méridionale, même si leur implantation reste alors encore limitée au nord de la Loire.
Siège de Valence
– Le siège de Valence a lieu vers circa 413 après Jésus-Christ, durant la période troublée des invasions barbares et des guerres internes à l’Empire romain d’Occident.
– Il s’inscrit dans le contexte des luttes entre les troupes impériales dirigées par Constance (futur empereur Constance III) et les forces des usurpateurs et barbares fédérés qui parcourent la Gaule.
– La ville de Valence, située sur le Rhône, constitue un verrou stratégique entre la Provence et la vallée du Rhône, et son contrôle est crucial pour sécuriser les communications et ravitaillements entre l’Italie et les provinces gauloises.
– Le siège est probablement mené par les troupes romaines loyalistes pour reprendre ou consolider le contrôle impérial sur cette ville, passée un temps aux mains de groupes barbares ou d’alliés infidèles.
– La région de la vallée du Rhône connaît alors une instabilité permanente due au passage des Vandales, Alains et Suèves, mais aussi à la présence de factions gallo-romaines en rébellion.
– Le siège de Valence pourrait aussi être lié aux luttes contre Jovin, un usurpateur proclamé empereur en Gaule (411-413) avec le soutien initial des Burgondes et des Alains, avant que ceux-ci ne changent de camp.
– Après la chute de Jovin en 413, Constance mène une campagne pour réaffirmer le pouvoir impérial en Gaule, reprenant les villes une à une, dont Valence.
– Ce siège reflète donc le processus de reconquête des provinces occidentales par les autorités impériales, juste avant que l’Empire d’Occident ne bascule dans l’effondrement partiel de son autorité provinciale.
Règne de Théodoric le Grand
– Le règne de Théodoric le Grand s’étend de 493 à 526, en tant que roi des Ostrogoths et souverain de fait de l’Italie post-romaine, après avoir conquis le royaume d’Odoacre.
– Théodoric est né vers 454 et a été élevé à la cour impériale de Byzance en tant qu’otage, recevant une éducation romaine tout en conservant ses racines gothiques.
– En 488, l’empereur Zénon l’envoie en Italie pour déposer Odoacre, roi des Hérules. Après une guerre de plusieurs années, Théodoric prend Ravenne en 493, tue Odoacre de ses propres mains lors d’un banquet, et établit son autorité.
– Il gouverne l’Italie comme un roi barbare, mais avec le titre de patrice et de maître des milices reconnu par l’empereur d’Orient, tout en respectant l’apparence du système impérial.
– Il maintient une administration romaine, avec des élites sénatoriales, et confie les affaires civiles aux Romains tandis que l’armée reste ostrogothique. Ce double régime permet une coexistence pacifique, du moins temporaire.
– Il établit une politique de tolérance religieuse, bien qu’ariens, les Ostrogoths ne persécutent pas les catholiques. Théodoric entretient même des relations respectueuses avec le pape.
– Théodoric développe un vaste réseau diplomatique, mariant ses proches à des familles royales gothiques, franques, vandales, wisigothiques et burgondes, affirmant une forme d’hégémonie barbare en Occident.
– Il est également un grand bâtisseur : il restaure aqueducs, murailles, palais et monuments à Ravenne et ailleurs ; il fait construire des édifices chrétiens ariens comme le Mausolée de Théodoric ou la basilique Saint-Apollinaire-le-Neuf.
– Vers la fin de son règne, des tensions apparaissent avec l’aristocratie romaine catholique. L’exécution de Boèce (philosophe et homme politique) en 524, accusé de complot, en est le symptôme.
– Théodoric meurt en 526, laissant un royaume puissant mais instable à son petit-fils Athalaric, dont la régence est assurée par sa fille Amalasonthe.
– Son règne est souvent vu comme une tentative brillante mais fragile de synthèse romano-gothique, une sorte de dernier éclat de civilisation romaine en Occident avant les conflits qui suivront.
Exil de Volusianus
– Volusianus, ou Gaius Ceionius Rufius Volusianus, est un haut fonctionnaire romain qui a occupé d’importantes charges sous les empereurs du IVe siècle, notamment préfet de la Ville et consul.
– Il ne faut pas le confondre avec un homonyme postérieur, Volusianus (ou Volusien), évêque de Tours au Ve siècle, et dont l’exil est évoqué dans le contexte des tensions religieuses et politiques de la Gaule tardo-antique.
– Ce Volusien de Tours, mort vers 496, est connu par la correspondance de Sidoine Apollinaire et Rurice de Limoges. Il appartenait à l’aristocratie gallo-romaine et fut nommé évêque dans un contexte de domination des Wisigoths ariens.
– Selon les sources, il aurait été exilé par les autorités wisigothiques, vraisemblablement Alaric II, pour son attachement à l’orthodoxie catholique ou pour des raisons politiques liées à son ascendance sénatoriale.
– Son exil marque un exemple du déclin de l’influence gallo-romaine dans les territoires contrôlés par les rois barbares, en particulier dans le royaume wisigoth d’Aquitaine.
– Cet épisode reflète aussi les tensions entre ariens et catholiques, fréquentes dans le Ve siècle, bien que modérées chez les rois wisigoths avant 507.
Division du royaume burgonde
– La division du royaume burgonde fait référence à plusieurs partages territoriaux opérés entre les héritiers des rois burgondes, notamment au cours du Ve siècle.
– À la mort du roi Gondicaire (ou Gundioc) vers 473, son royaume est partagé entre ses fils, selon la tradition germanique du partage héréditaire, ce qui fragilise l’unité politique du royaume.
– Ce partage donne naissance à plusieurs entités dirigées par chacun des frères : Gondebaud, Godegisil, Chilpéric II et Godomar. Les tensions entre ces lignées aboutissent rapidement à des conflits internes.
– Le plus notable de ces conflits est celui entre Gondebaud et Godegisil, qui culmine dans les années 480–490. Gondebaud, établi à Lyon, est opposé à Godegisil, établi à Genève.
– Gondebaud fait assassiner Chilpéric II, père de Clotilde, future épouse de Clovis, roi des Francs. Cette union aura des conséquences politiques majeures.
– Avec l’aide de Clovis, Godegisil réussit temporairement à vaincre son frère Gondebaud, mais ce dernier reprend le dessus et fait exécuter Godegisil à Vienne en 500.
– Gondebaud reste seul roi et parvient à réunifier le royaume burgonde, mettant fin à la division dynastique. Il instaure une relative stabilité jusqu’à sa mort vers 516.
– Cette période montre comment le royaume burgonde fut affaibli par des divisions internes typiques des monarchies germaniques du haut Moyen Âge, avant d’être réabsorbé par les Francs après la bataille de Vézeronce (524).
Émergence de l’autorité pontificale
– L’émergence de l’autorité pontificale s’affirme progressivement au cours du Ve siècle, dans un contexte de fragilisation du pouvoir impérial en Occident et de mutations religieuses profondes.
– Le rôle du pape Léon Ier (440–461) est central : il est le premier à être qualifié de pontifex maximus dans un sens pleinement chrétien et à revendiquer une primauté juridique et doctrinale sur l’ensemble de l’Église.
– En 445, l’empereur Valentinien III, dans un édit adressé au préfet du prétoire d’Illyrie, reconnaît officiellement la primauté de l’évêque de Rome sur toutes les autres Églises d’Occident, consolidant son autorité politique et spirituelle.
– Léon Ier affirme la primauté de l’Église romaine dans ses lettres, notamment dans le Tome à Flavien (449), document théologique capital adressé au patriarche de Constantinople, affirmant la foi de Rome sur la nature du Christ. Ce texte est validé par le concile de Chalcédoine en 451.
– Lors de l’invasion de l’Italie par Attila en 452, Léon Ier se rend en ambassade auprès du roi hun pour sauver Rome, ce qui renforce son image de protecteur de la cité et d’autorité politique de substitution à l’empereur.
– À la chute de l’Empire romain d’Occident (476), le vide de pouvoir accentue encore le rôle du pape comme représentant de l’ordre et de la continuité romaine, en particulier à Rome, où il intervient dans les affaires civiles, la gestion urbaine et les relations diplomatiques.
– L’autorité pontificale s’affirme aussi dans sa capacité à intervenir dans les conflits théologiques majeurs (nestorianisme, monophysisme), et à arbitrer les querelles entre évêques.
– À la fin du Ve siècle, les papes sont reconnus comme des figures majeures non seulement religieuses mais aussi diplomatiques et politiques, dans un monde fragmenté par les royaumes barbares.
Nomination des “maîtres des milices”
– Au Ve siècle, la nomination des maîtres des milices (magistri militum) devient un enjeu central du pouvoir impérial, en particulier dans un contexte de déclin de l’autorité impériale et de militarisation croissante de la politique.
– Le magister militum est le chef suprême de l’armée dans une région donnée ou pour l’ensemble de l’Empire. Cette fonction existe depuis le IVe siècle, mais elle prend une importance accrue au Ve siècle avec la déstabilisation des structures civiles.
– L’Empire romain est souvent divisé entre le magister militum praesentalis (présent à la cour), le magister militum per Gallias, per Orientem, per Illyricum, etc. Ces commandants militaires peuvent cumuler un pouvoir politique important.
– En Occident, certains maîtres des milices comme Stilicon, Aetius ou Ricimer jouent un rôle prépondérant, allant jusqu’à contrôler l’empereur ou imposer leur propre candidat au trône.
– Stilicon, magister militum d’origine vandale, exerce la régence de facto pour Honorius jusqu’à sa disgrâce en 408, devenant une figure majeure de la politique impériale.
– Aetius, magister militum dans les années 430–454, est surnommé le “dernier des Romains” pour sa résistance contre Attila. Il incarne une autorité militaire dominante sur l’empereur Valentinien III, qui finira par l’assassiner.
– Le cas de Ricimer illustre la montée des barbares au sein des élites militaires : d’origine suève et wisigothique, il ne peut devenir empereur, mais il dépose et nomme plusieurs empereurs marionnettes (comme Avitus, Majorien, Libius Severus) entre 456 et 472.
– En Orient, les magistri militum sont également puissants, mais davantage contrôlés par la cour impériale. Sous Zénon ou Anastase Ier, les nominations répondent à un subtil équilibre entre factions isauriennes, thraces ou autres groupes ethniques présents dans l’armée.
– La montée en puissance des maîtres des milices reflète la transformation de l’Empire romain en une société dominée par les élites militaires, prélude à la féodalisation de l’autorité au cours du haut Moyen Âge.
Guerre des Isauriens contre Anastase Ier
– La guerre des Isauriens contre Anastase Ier (491–498) est un conflit majeur du début de son règne, marquant la volonté de l’empereur de renforcer l’autorité impériale face à une faction militaire et ethnique puissante.
– Les Isauriens, originaires d’une région montagneuse du sud-est de l’Asie Mineure, étaient devenus influents sous le règne de Zénon (empereur de 474 à 491), lui-même d’origine isaurienne. Sous son règne, ils accaparent de nombreuses charges civiles et militaires.
– À la mort de Zénon, l’aristocratie constantinopolitaine, hostile aux Isauriens, fait pression pour que l’empereur soit remplacé par un homme plus acceptable : Anastase Ier est choisi avec le soutien de la veuve de Zénon, Ariane, mais il est perçu comme un ennemi potentiel des Isauriens.
– Peu après l’accession d’Anastase, une révolte isaurienne éclate en 492, menée par Longinus, frère de Zénon. Les insurgés refusent de reconnaître Anastase comme empereur.
– Le conflit prend la forme d’une guerre civile entre les Isauriens et les troupes loyales à Constantinople, avec des affrontements dans les Balkans et en Asie Mineure. Les Isauriens sont soutenus par certains soldats et chefs militaires encore fidèles à leur cause.
– Anastase confie le commandement de la lutte à des généraux compétents, dont Jean le Scythe et Jean le Haganéen, qui remportent plusieurs victoires décisives entre 493 et 497.
– En 497, les derniers bastions isauriens sont pris, notamment les forteresses des montagnes du Taurus. La guerre se termine par une répression brutale : plusieurs chefs isauriens sont exécutés, et leurs terres sont confisquées.
– Cette guerre permet à Anastase de consolider son pouvoir et de réformer l’armée, en y réduisant l’influence des éléments ethniques trop autonomes. Elle s’inscrit dans le mouvement plus large de centralisation byzantine du Ve siècle.
– Le conflit révèle aussi l’enjeu des équilibres ethniques et militaires dans l’Empire d’Orient, où l’origine provinciale ou barbare des élites militaires pouvait devenir un facteur de dissension politique.
Bataille de Cotyaeum
– La bataille de Cotyaeum a lieu en 492 dans le cadre de la guerre des Isauriens opposant l’empereur byzantin Anastase Ier aux partisans des anciens dirigeants isauriens, notamment Longinus, frère de l’ex-empereur Zénon.
– Elle se déroule près de Cotyaeum (aujourd’hui Kütahya, en Turquie), une position stratégique en Phrygie, région charnière entre l’Anatolie centrale et les zones côtières sous contrôle impérial.
– Cette bataille marque le premier grand affrontement entre les forces loyalistes d’Anastase et les troupes rebelles isauriennes. Ces dernières, bien qu’affaiblies, comptent encore sur leur ancrage régional et sur le soutien de partisans dans les milieux militaires.
– L’armée impériale est dirigée par les généraux Jean le Scythe et Jean le Haganéen, qui réussissent à vaincre l’armée isaurienne et à forcer les rebelles à se replier dans les montagnes du Taurus, en Isaurie (sud-est de l’Anatolie).
– Bien que la bataille de Cotyaeum n’achève pas immédiatement la guerre, elle constitue un tournant décisif, réduisant considérablement les capacités offensives des Isauriens et initiant une phase de guérilla dans les montagnes, qui durera encore plusieurs années.
– La victoire d’Anastase à Cotyaeum renforce sa légitimité, assure le soutien de l’armée régulière et confirme son pouvoir face aux factions pro-isauriennes, perçues comme trop autonomes et menaçantes pour l’ordre impérial.
Adoption du nestorianisme par l’Église de l’Orient
– L’adoption du nestorianisme par l’Église de l’Orient se cristallise au Ve siècle, à la suite du concile d’Éphèse en 431, qui condamne les thèses de Nestorius, patriarche de Constantinople, jugées hérétiques par l’Église impériale (notamment pour son refus du titre de Theotokos pour la Vierge Marie).
– Après cette condamnation, les partisans de Nestorius trouvent refuge dans l’Empire perse sassanide, notamment à Séleucie-Ctésiphon, où siège le catholicos de l’Église de l’Orient.
– Le concile de Beth Lapat (ou Gundêshâpûr), convoqué en 484 par le catholicos Barsauma, marque la reconnaissance officielle du nestorianisme comme doctrine orthodoxe de l’Église de l’Orient. Ce concile affirme la distinction des deux natures (divine et humaine) dans le Christ, selon l’enseignement de Nestorius.
– Cette orientation théologique permet à l’Église de l’Orient de s’émanciper de l’influence byzantine et de se rapprocher du pouvoir sassanide, qui voit en elle un christianisme non aligné sur l’Empire romain d’Orient, donc politiquement acceptable.
– À partir de la fin du Ve siècle, l’Église de l’Orient devient la principale institution chrétienne en Perse, missionnaire et intellectuelle, rayonnant jusqu’en Asie centrale, en Inde et plus tard en Chine. Sa doctrine est désormais fondée sur les écrits de Théodore de Mopsueste, de Diodore de Tarse, et de Nestorius lui-même.
– Cette adoption entraîne une rupture durable avec les Églises de l’Empire romain (telles qu’Antioche ou Constantinople), et fonde une tradition théologique propre à l’Orient chrétien, appelée parfois Église nestorienne, bien que ce terme soit aujourd’hui contesté.
Réconciliation avec l’Église latine au Ve
– La réconciliation entre l’Église d’Orient et l’Église latine au Ve siècle ne se fait pas de manière complète ni définitive, mais plusieurs tentatives ont lieu pour apaiser les conflits doctrinaux et restaurer la communion entre Rome et Constantinople, souvent dans un contexte de luttes christologiques.
– La principale fracture au début du Ve siècle survient à propos de Nestorius, dont les thèses sont condamnées au concile d’Éphèse (431). Ce concile, présidé par Cyrille d’Alexandrie et soutenu par le pape Célestin Ier, marque une affirmation de l’autorité doctrinale de Rome, mais provoque une rupture avec une partie de l’Église d’Orient, notamment l’Église de l’Orient en Perse.
– Le concile de Chalcédoine (451), convoqué par l’empereur Marcien avec l’appui du pape Léon Ier, marque un retour partiel à l’unité : il condamne à la fois le nestorianisme et l’utérienne doctrine monophysite (défendue par Eutychès), et proclame le dogme de la double nature du Christ (une personne, deux natures, humaine et divine, unies sans confusion ni séparation).
– Le concile de Chalcédoine est accepté par Rome, Constantinople et l’Empire byzantin, ce qui constitue une forme de réconciliation doctrinale entre l’Église latine et la majorité de l’Église impériale d’Orient.
– Toutefois, une forte opposition au concile de Chalcédoine persiste dans plusieurs régions d’Orient (notamment en Égypte, Syrie et Arménie), qui rejettent sa christologie dyophysite et s’organisent en Églises dites “non chalcédoniennes”, rompant ainsi l’unité avec Rome et Constantinople.
– Au Ve siècle, les empereurs tentent par divers édits d’union (Henotikon de Zénon en 482) de concilier les factions, mais ces tentatives échouent à long terme et provoquent au contraire de nouvelles tensions avec Rome, notamment le schisme d’Acace (484–519).
– Ainsi, le Ve siècle est marqué par une brève réconciliation au concile de Chalcédoine, mais aussi par l’émergence de nouveaux schismes internes à l’Église orientale, et un éloignement progressif entre les pôles romain et byzantin, prélude à des conflits plus durables aux siècles suivants.
Installation des Suèves en Galice
– L’installation des Suèves en Galice s’inscrit dans le contexte des invasions barbares du début du Ve siècle, quand plusieurs peuples germaniques franchissent le Rhin en 406 et pénètrent dans l’Empire romain d’Occident.
– En 409, les Suèves, accompagnés des Vandales (Silinges et Hasdings) et des Alains, passent les Pyrénées et envahissent la péninsule Ibérique, alors province romaine.
– En 411, à la suite d’un accord de répartition (foedus) plus ou moins imposé par les envahisseurs et toléré par les autorités romaines locales, les Suèves reçoivent la province de Gallaecia (au nord-ouest de l’Hispanie, correspondant en grande partie à l’actuelle Galice et au nord du Portugal).
– Les Suèves s’installent donc comme fédérés (foederati) dans cette région, fondant un royaume indépendant dès les années 420, avec Bracara Augusta (actuelle Braga) comme capitale.
– Leur roi le plus connu du Ve siècle est Rex Rechila (v. 438–448), puis son fils Rechiar, qui se convertit au christianisme nicéen (catholique) vers 448, devenant ainsi le premier roi germanique chrétien de l’Occident, avant Clovis.
– Cette conversion provoque une opposition interne, car la majorité des Suèves demeurent païens ou arianisants à cette époque, ce qui contribue à affaiblir le royaume.
– Le royaume suève en Galice subit de nombreuses tensions avec les Wisigoths et les populations locales, et entre dans une période de déclin à la fin du Ve siècle, jusqu’à sa conquête par les Wisigoths au VIe siècle sous Léovigild.
Gouvernement des Ostrogoths en Italie
– Après la chute de l’Empire romain d’Occident en 476, le pouvoir est exercé en Italie par le chef germanique Odoacre, qui gouverne au nom de l’empereur d’Orient mais de manière indépendante.
– En 488, l’empereur Zénon envoie le roi ostrogoth Théodoric pour renverser Odoacre et reprendre l’Italie en son nom.
– Après une guerre difficile (489–493), Théodoric entre à Ravenne et tue Odoacre de ses propres mains, établissant alors un royaume ostrogoth en Italie avec Ravenne pour capitale.
– Le gouvernement des Ostrogoths sous Théodoric (493–526) se présente comme une continuité de l’Empire romain, dans un esprit de cohabitation entre Goths et Romains.
– Théodoric conserve les institutions romaines : sénat, administration, droit romain, tout en réservant l’armée et les fonctions militaires aux Ostrogoths. Les deux peuples vivent côte à côte, avec leurs propres lois et religions.
– Théodoric est arien, tandis que les Romains sont chrétiens nicéens (catholiques) ; il prône pourtant une politique de tolérance religieuse pour garantir la paix.
– Il s’entoure de conseillers romains lettrés comme Boèce ou Cassiodore, et soutient les arts et la culture romaine.
– Le royaume ostrogoth connaît une période de stabilité et de prospérité, qualifiée de renaissance théodoricienne.
– Après la mort de Théodoric en 526, la régence de sa fille Amalasonthe puis les troubles internes affaiblissent le pouvoir ostrogoth.
– L’empereur Justinien profite de cette instabilité pour envoyer ses armées et lancer la guerre des Goths (535–554), visant à réintégrer l’Italie dans l’Empire romain d’Orient.
– Le gouvernement ostrogoth disparaît après la défaite finale à la bataille du mont Lactarius en 553, bien que la reconquête ait ravagé l’Italie et préparé le terrain aux invasions lombardes du siècle suivant.
Conversion des Wisigoths au christianisme arien
– La conversion des Wisigoths au christianisme arien remonte à la seconde moitié du IVe siècle, avant leur installation dans l’Empire romain d’Occident.
– Cette conversion est liée à l’action du moine et évêque arien Wulfila (ou Ulfila), lui-même d’origine cappadocienne et gothique, qui évangélise les Goths en traduisant la Bible en langue gotique.
– Le christianisme arien professe que le Fils (le Christ) est inférieur au Père, ce qui est en contradiction avec la doctrine trinitaire (nicéenne), affirmant l’égalité des personnes divines.
– L’arianisme avait été condamné comme hérésie par le concile de Nicée en 325, mais il demeure très influent dans les milieux germaniques du IVe et Ve siècles, notamment car les empereurs d’Orient Constance II et Valens sont eux-mêmes ariens.
– Lors de leur sédentarisation dans l’Empire à partir de 382 (foedus avec l’empire d’Orient), les Wisigoths conservent leur foi arienne tout en vivant parmi des populations romaines majoritairement catholiques.
– En 418, les Wisigoths s’établissent en Aquitaine comme fédérés de l’Empire, puis fondent un royaume indépendant dans le sud de la Gaule et l’Hispanie après la chute de Rome.
– Tout au long du Ve siècle, les Wisigoths restent fermement ariens, ce qui accentue les tensions religieuses avec les populations gallo-romaines et hispano-romaines restées fidèles à la foi catholique (nicéenne).
– Les élites gallo-romaines, bien que parfois intégrées dans l’administration du royaume wisigoth, sont exclues des hautes fonctions politiques et ecclésiastiques en raison de cette division confessionnelle.
– Ce schisme religieux entre rois ariens et populations catholiques constitue une faiblesse durable du royaume wisigoth, jusqu’à la conversion au catholicisme du roi Récarède Ier au VIe siècle, au concile de Tolède de 589.
Réorganisation des provinces romaines
– La réorganisation des provinces romaines s’inscrit dans une longue dynamique amorcée dès le Bas-Empire, mais elle se poursuit et s’intensifie au Ve siècle, en réponse à l’effondrement progressif de l’autorité centrale et aux pressions barbares.
– Sous Dioclétien (r. 284–305) et Constantin (r. 306–337), l’Empire romain avait déjà été profondément réorganisé : les provinces furent multipliées et regroupées en diocèses, eux-mêmes rassemblés en préfectures du prétoire.
– Au Ve siècle, cette structure administrative subsiste, mais elle est profondément affaiblie par l’instabilité politique, les guerres civiles, les invasions, et l’effondrement de l’Empire romain d’Occident (476).
– Les diocèses de Gaule, d’Hispanie, d’Italie, d’Afrique sont alors peu à peu désintégrés ou réorganisés sous domination barbare (Wisigoths, Vandales, Ostrogoths, Burgondes…), tandis que l’administration impériale tente parfois de se maintenir localement.
– Dans l’Empire d’Orient, qui reste intact, les réformes administratives se poursuivent : par exemple, l’empereur Anastase Ier (r. 491–518) réorganise les finances provinciales, le prélèvement de l’impôt et les circuits de redistribution.
– Il met en place une séparation plus nette entre les revenus privés de l’empereur (res privata) et les revenus publics affectés à l’État (patrimonium), confiés à des comites patrimonii ou comtes du domaine impérial, renforçant l’efficacité administrative dans les provinces orientales.
– En parallèle, les empereurs orientaux adaptent les postes de gouverneurs, de ducs, et les circuits de la fiscalité à des situations locales différenciées, comme en Orient (Syrie, Égypte) ou dans les Balkans, confrontés à des besoins militaires spécifiques.
– Cette évolution aboutit à une forme de militarisation de l’administration provinciale, avec un poids croissant des duces (chefs militaires locaux) et des magistri militum (généraux suprêmes), parfois au détriment des préfets civils.
– À partir du Ve siècle, la réorganisation des provinces cesse d’être unifiée à l’échelle de l’Empire, et l’on observe plutôt une fragmentation régionale des structures administratives, parfois intégrées aux royaumes barbares (ex. : maintien du diocèse des Sept Provinces sous les Wisigoths).
– Cette fragmentation annonce la transition vers les structures politico-territoriales du haut Moyen Âge, marquées par une souveraineté territoriale plus localisée, une disparition progressive des préfets et une montée en puissance de l’Église comme acteur administratif dans certaines régions.
Répartition des terres en Italie
– Après la chute de l’Empire romain d’Occident en 476, l’Italie passe sous la domination d’Odoacre, puis est conquise par les Ostrogoths dirigés par Théodoric le Grand à partir de 489, avec la prise de Ravenne en 493.
– Cette transition s’accompagne d’une répartition partielle des terres entre les nouveaux maîtres ostrogoths et la population romaine locale, selon une pratique ancienne de réquisition des ressources foncières à des fins militaires.
– Théodoric cherche à concilier les intérêts des Goths et des Romains : il maintient l’administration romaine, les lois civiles romaines pour les Romains, et réserve les lois coutumières gothiques à ses compatriotes.
– En matière foncière, les Goths reçoivent souvent un tiers des terres (la tertia) dans certaines régions, notamment dans le Nord et le Centre de l’Italie, comme cela avait été fait auparavant pour d’autres peuples fédérés (Wisigoths en Gaule, Burgondes, etc.).
– Cette répartition ne semble pas avoir été systématique ni universelle, mais elle répond à la nécessité de loger les soldats ostrogoths et de les doter de ressources économiques sans provoquer une guerre ouverte contre les élites locales.
– Les terres redistribuées sont souvent prélevées sur le domaine impérial ou sur les possessions de familles compromises avec Odoacre. Dans d’autres cas, un arrangement est trouvé entre propriétaires romains et soldats goths (partage des produits, exploitation en commun).
– Cette politique prudente permet d’éviter une expropriation brutale et favorise une coexistence relativement pacifique, au moins jusqu’aux conflits ultérieurs du VIe siècle (notamment la guerre gothique contre Justinien à partir de 535).
– En parallèle, les grandes propriétés sénatoriales restent influentes dans certaines régions, notamment autour de Rome, mais leur pouvoir décline face à l’enracinement d’une noblesse militaire gothique en Italie.
– Cette répartition des terres marque une étape vers la féodalisation progressive du monde rural italien, où les liens de fidélité militaire, les tenures de terres et les protections privées prennent une importance croissante.
Dissolution de la Tétrarchie
– La Tétrarchie est mise en place par Dioclétien en 293 pour stabiliser l’Empire romain : elle repose sur un système à deux Augustes (Dioclétien à l’Est, Maximien à l’Ouest) assistés de deux Césars (Galère et Constance Chlore).
– En 305, Dioclétien et Maximien abdiquent volontairement, conformément au système, et sont remplacés par Galère (à l’Est) et Constance Chlore (à l’Ouest), tandis que Maximin Daïa et Sévère deviennent les nouveaux Césars.
– La mort de Constance Chlore en 306 entraîne une rupture du système : son fils Constantin est proclamé Auguste par ses troupes en Bretagne, sans l’accord de Galère.
– Simultanément, Maxence, fils de Maximien, se proclame aussi empereur à Rome, soutenu par la garde prétorienne. Maximien reprend alors du service, brouillant encore plus la hiérarchie.
– En 308, la conférence de Carnuntum tente de restaurer l’ordre : Licinius est nommé Auguste de l’Ouest, Constantin est rétrogradé César, et Maxence est déclaré usurpateur — sans effet réel.
– De 308 à 313, la multiplication des prétendants (jusqu’à six empereurs simultanés) provoque une série de guerres civiles entre Constantin, Maxence, Licinius, Maximin Daïa et d’autres.
– La victoire de Constantin sur Maxence au pont Milvius (312), puis la défaite de Licinius en 324 à Chrysopolis, mettent fin aux guerres civiles.
– En 324, Constantin devient l’unique empereur : la Tétrarchie est définitivement dissoute, même si l’idée de division territoriale de l’Empire subsiste (notamment à la mort de Théodose en 395).
– La dissolution de la Tétrarchie marque le retour à un pouvoir impérial monarchique et dynastique, fondé sur la légitimité familiale et la domination militaire, plutôt que sur un système collégial formalisé.
Mise en place des Huns en Panonie
– Les Huns, peuple nomade d’origine asiatique, apparaissent dans les sources romaines à la fin du IVe siècle, notamment lors de leur irruption dans les steppes pontiques vers les années 370, provoquant la fuite des Alains, des Ostrogoths et des Wisigoths.
– À partir des années 390, les Huns commencent à intervenir régulièrement dans les affaires romaines, souvent comme mercenaires ou alliés ponctuels, mais aussi comme pillards traversant le Danube.
– Leur installation en Pannonie (région correspondant à l’ouest de la Hongrie actuelle) est attestée dans la première moitié du Ve siècle, en particulier sous le règne du roi Rua (ou Ruga), l’oncle d’Attila. Cette région devient leur base arrière stable, d’où ils lancent des campagnes militaires.
– En 434, à la mort de Rua, ses neveux Attila et Bleda deviennent co-souverains des Huns. Ils héritent alors du traité avec l’Empire romain d’Orient, qui reconnaît leur autorité sur la région pannonienne et leur accorde un tribut annuel.
– Sous Attila, la Pannonie devient le cœur du pouvoir hunnique, avec une cour itinérante mais vraisemblablement centrée près du cours moyen du Tisza (Tibisque), sur le territoire anciennement romain.
– Cette installation a pour effet de menacer directement les Balkans et la frontière danubienne de l’Empire romain d’Orient, qui subit des campagnes répétées dans les années 440-450.
– L’installation des Huns en Pannonie modifie profondément les équilibres politiques de l’Europe centrale et orientale au Ve siècle, jusqu’à l’effondrement de leur empire après la mort d’Attila en 453.
Mise en place de la tertia en Italie
– La tertia désigne un système de répartition des terres mis en place en Italie après la chute de l’Empire romain d’Occident (476), dans le cadre de l’installation des Ostrogoths dirigés par Théodoric le Grand.
– Lors de la conquête de l’Italie (489–493), Théodoric, envoyé par l’empereur d’Orient Zénon, renverse le roi Odoacre et fonde un royaume ostrogothique avec Ravenne pour capitale.
– Pour assurer l’établissement de ses guerriers goths, Théodoric met en œuvre une politique foncière dite de la tertia, c’est-à-dire la réquisition d’un tiers des terres italiennes (agricoles, mais parfois aussi urbaines ou rurales) au profit des nouveaux venus.
– Le principe s’inspire probablement du précédent visigothique de la hospitalitas en Gaule, où des troupes avaient reçu un tiers des terres à exploiter.
– En pratique, cette redistribution de terres en Italie s’est faite au détriment des propriétaires terriens italiens, surtout les grands latifundiaires sénatoriaux, mais visait à éviter le pillage et la destruction en intégrant les Goths dans une structure socio-économique stable.
– La tertia n’impliquait pas nécessairement une dépossession totale : dans certains cas, les Italiens gardaient la propriété et partageaient les revenus de l’exploitation avec des colons goths.
– Ce système est documenté dans plusieurs lettres du recueil de Cassiodore, le secrétaire de Théodoric, qui évoque les modalités juridiques et les conflits liés à ces partages.
– La mise en place de la tertia a permis de maintenir un équilibre fragile entre les deux populations (romano-italienne et ostrogothique), contribuant à la stabilité du royaume jusqu’au milieu du VIe siècle.
– Toutefois, ce système aggrava aussi les tensions sociales et juridiques, surtout lors des guerres contre Byzance (guerres gothiques, 535–554), durant lesquelles la question de la propriété des terres devint un enjeu central.
Guerre entre Burgonde et Wisigoths
– La guerre entre Burgondes et Wisigoths a lieu dans la première moitié du Ve siècle, dans un contexte de luttes territoriales en Gaule, alors que l’Empire romain d’Occident est en plein déclin.
– Les Burgondes, peuple germanique installé initialement sur le Rhin, sont autorisés à s’établir en Sapaudie (actuelle Savoie) comme fœderati par l’Empire romain vers 443, après avoir été battus par les Huns.
– Les Wisigoths, eux aussi fœderati, se sont installés dans le sud-ouest de la Gaule après 418, avec Toulouse pour capitale, et cherchent à étendre leur domination vers le nord-est.
– Les deux royaumes barbares entrent en conflit autour des années 470, principalement pour le contrôle de la vallée du Rhône, en particulier dans la région de la Provence et des Alpes.
– En 473, le roi wisigoth Euric mène une série de campagnes contre les Burgondes. Il s’empare notamment d’Arles et de Marseille, villes stratégiques qui permettaient un accès à la mer.
– Cette guerre se déroule à un moment où l’autorité romaine en Gaule est moribonde : les deux royaumes cherchent à profiter du vide impérial pour renforcer leur pouvoir.
– La guerre se termine sans annexion totale, mais les Wisigoths réussissent à prendre l’avantage militaire, contraignant les Burgondes à se concentrer davantage sur le nord de leur royaume (vallée du Rhône, Lyonnais, Jura).
– Malgré les tensions, les deux royaumes coexistent dans une paix relative au début du VIe siècle, jusqu’à ce que les Francs (sous Clovis et ses fils) prennent l’ascendant et soumettent l’un après l’autre les deux royaumes : les Wisigoths à Vouillé (507) et les Burgondes entre 534 et 537.
Guerre entre Perses et Huns
– La guerre entre les Perses (Empire sassanide) et les Huns concerne principalement les Huns hephthalites, aussi appelés Huns blancs, qui établissent un puissant royaume en Asie centrale au Ve siècle.
– Ces Huns, distincts des Huns d’Attila, s’installent à l’est de l’empire sassanide, notamment dans les régions du Tokharistan, de la Bactriane et du Khwarezm, et deviennent progressivement une menace pour les frontières orientales de l’Empire perse.
– Sous le règne du roi sassanide Peroz Ier (règne : 459–484), les tensions dégénèrent en guerres ouvertes contre les Huns hephthalites, qui dominent alors une vaste confédération tribale en expansion.
– En 469, Peroz tente une première campagne contre les Huns mais subit une lourde défaite, ce qui entraîne la capture de plusieurs membres de sa famille, probablement utilisés comme otages pour obtenir une rançon.
– En 484, Peroz lance une deuxième expédition militaire de grande envergure contre les Hephthalites, mais il tombe dans une embuscade organisée par leur roi Kushan Khushnavaz (ou Akhshunwar), près de Balkh, dans l’actuel nord de l’Afghanistan.
– La bataille est un désastre : Peroz est tué, son armée anéantie, et les Huns prennent le contrôle de territoires perses à l’est. Cette défaite crée une crise politique majeure en Perse.
– À la suite de cette défaite, les Hephthalites imposent à l’Empire perse une sorte de suzeraineté ou au moins un tribut temporaire, affaiblissant considérablement la position sassanide dans la région.
– Le successeur de Peroz, Balash, puis surtout Kavadh Ier, doivent composer avec cette domination hunnique durant les premières décennies de leur règne, jusqu’à ce que Khosro Ier Anushirvan parvienne à repousser définitivement les Huns vers le milieu du VIe siècle.
– Cette guerre s’inscrit dans un conflit plus large pour le contrôle des routes commerciales et des ressources du plateau iranien et de l’Asie centrale, dans un contexte de fragmentation politique au-delà de la Transoxiane.
Révolte de Vérine contre Zénon
– Vérine, veuve de l’empereur Léon Ier et mère de Léon II, joue un rôle important dans la politique impériale après la mort de son époux en 474.
– À la mort de Léon II, Zénon, gendre de Vérine (époux de sa fille Ariadne), devient empereur d’Orient. Mais il est profondément impopulaire à Constantinople, en raison de ses origines isauriennes.
– En 475, Vérine participe à une conspiration contre Zénon, qu’elle aide à évincer du trône. L’usurpateur Basiliscus, frère de Vérine, est alors proclamé empereur.
– Toutefois, Vérine ne tarde pas à regretter ce soutien : Basiliscus déçoit par son impiété (il favorise l’hérésie monophysite) et sa gestion du pouvoir.
– Vérine se retourne alors contre son propre frère et manigance secrètement le retour de Zénon, qui reprend le pouvoir dès 476, après moins de deux ans d’exil en Isaurie.
– En 479, Vérine fomente une nouvelle conspiration, cette fois pour assassiner Zénon, avec l’appui du général Illus, un ancien partisan du régime.
– Mais le complot échoue, Vérine est arrêtée et assignée à résidence dans un monastère à Tarse en Cilicie.
– La révolte de Vérine illustre les lutte dynastiques et les intrigues de cour caractéristiques de la fin du Ve siècle dans l’Empire romain d’Orient, où les figures féminines pouvaient jouer un rôle politique actif, voire décisif.
Déportation des martyrs d’Afrique
– La déportation des martyrs d’Afrique désigne un épisode de répression religieuse survenu sous le règne des Vandales en Afrique du Nord, au cours du Ve siècle, notamment sous Hunéric (règne : 477–484), roi vandale adepte du christianisme arien.
– Le royaume vandale, établi en Afrique après la prise de Carthage en 439, imposa progressivement l’arianisme comme religion officielle, en opposition au christianisme nicéen ou catholique, majoritaire parmi la population autochtone romano-africaine.
– En 484, Hunéric convoque une conférence religieuse entre évêques catholiques et ariens à Carthage, mais les évêques catholiques refusent de se soumettre à l’arianisme.
– En réaction, Hunéric lance une persécution massive : des centaines d’évêques catholiques sont exilés, déportés dans des régions reculées (notamment en Numidie, en Tripolitaine ou en Sardaigne), ou réduits à l’esclavage.
– Plusieurs évêques et clercs subissent le martyre : ils sont exécutés ou meurent sous la torture. Cet épisode contribue à forger une mémoire religieuse puissante de la résistance catholique à l’hérésie arienne.
– La Passio sanctorum martyrum in provincia Africa constitue une source majeure pour cette persécution : elle relate les souffrances des évêques africains envoyés en exil ou tués pour leur foi.
– Ces événements ont renforcé l’image d’une Église d’Afrique martyre et fidèle à l’orthodoxie, tout en affaiblissant durablement sa structure hiérarchique dans certaines régions.
– La déportation des martyrs d’Afrique est un jalon central dans l’histoire religieuse du Ve siècle, illustrant les tensions entre Églises chrétiennes (nicéenne vs arienne) et l’usage du pouvoir politique pour imposer une confession particulière.
Établissement de l’Empire Gupta des Indes
– La déportation des martyrs d’Afrique désigne un épisode de répression religieuse survenu sous le règne des Vandales en Afrique du Nord, au cours du Ve siècle, notamment sous Hunéric (règne : 477–484), roi vandale adepte du christianisme arien.
– Le royaume vandale, établi en Afrique après la prise de Carthage en 439, imposa progressivement l’arianisme comme religion officielle, en opposition au christianisme nicéen ou catholique, majoritaire parmi la population autochtone romano-africaine.
– En 484, Hunéric convoque une conférence religieuse entre évêques catholiques et ariens à Carthage, mais les évêques catholiques refusent de se soumettre à l’arianisme.
– En réaction, Hunéric lance une persécution massive : des centaines d’évêques catholiques sont exilés, déportés dans des régions reculées (notamment en Numidie, en Tripolitaine ou en Sardaigne), ou réduits à l’esclavage.
– Plusieurs évêques et clercs subissent le martyre : ils sont exécutés ou meurent sous la torture. Cet épisode contribue à forger une mémoire religieuse puissante de la résistance catholique à l’hérésie arienne.
– La Passio sanctorum martyrum in provincia Africa constitue une source majeure pour cette persécution : elle relate les souffrances des évêques africains envoyés en exil ou tués pour leur foi.
– Ces événements ont renforcé l’image d’une Église d’Afrique martyre et fidèle à l’orthodoxie, tout en affaiblissant durablement sa structure hiérarchique dans certaines régions.
– La déportation des martyrs d’Afrique est un jalon central dans l’histoire religieuse du Ve siècle, illustrant les tensions entre Églises chrétiennes (nicéenne vs arienne) et l’usage du pouvoir politique pour imposer une confession particulière.
Fermeture de l’académie nestorienne d’Édesse
– L’académie théologique d’Édesse, fondée au IVᵉ siècle, devient un centre majeur de formation chrétienne syriaque, notamment influencé par les traditions antioc-hiennes et plus tard nestoriennes.
– Elle gagne en importance après le Concile d’Éphèse (431), lorsque les défenseurs du nestorianisme — doctrine affirmant une distinction entre la nature divine et la nature humaine du Christ — y trouvent refuge.
– L’école est dominée par l’enseignement de Théodore de Mopsueste et de Nestorius, dont les œuvres y sont traduites et diffusées.
– Vers 489, l’empereur byzantin Zénon, hostile au nestorianisme, ordonne la fermeture de l’école d’Édesse, jugée hérétique et trop proche de la doctrine nestorienne condamnée.
– Cette fermeture pousse les maîtres et disciples de l’école à se réfugier en Perse, notamment à Nisibe (aujourd’hui Nusaybin), où ils reforment une académie qui devient le centre intellectuel de l’Église de l’Orient, reconnue nestorienne.
– L’événement participe ainsi à la structuration du christianisme syriaque oriental en une tradition théologique indépendante, durablement distincte de l’orthodoxie impériale byzantine.
Exil des Juifs d’Alexandrie
– Au cours du Ve siècle, la ville d’Alexandrie est le théâtre de tensions religieuses croissantes entre païens, chrétiens et juifs, dans un contexte de montée de l’autorité de l’Église et de christianisation impériale.
– L’évêque Cyrille d’Alexandrie (patriarche de 412 à 444) joue un rôle central dans l’affirmation du pouvoir ecclésiastique sur la ville, notamment en s’opposant à l’administration impériale représentée par le préfet Oreste.
– Les tensions entre Cyrille et Oreste dégénèrent, en partie à cause du soutien d’une partie de la communauté juive à ce dernier.
– Vers 414, après des émeutes impliquant des juifs et des chrétiens — notamment un épisode où des juifs auraient attiré des chrétiens dans une synagogue pour les massacrer — Cyrille ordonne l’expulsion de nombreux juifs d’Alexandrie, et la confiscation de leurs biens.
– Cet épisode marque une rupture majeure dans l’histoire de la communauté juive d’Alexandrie, jusqu’alors florissante depuis l’époque ptolémaïque.
– L’expulsion participe à la consolidation du pouvoir ecclésiastique sur la ville et illustre les conflits d’autorité entre administration impériale et Église, fréquents dans l’Antiquité tardive.