La légende de Tristan et d'Iseut (s3) Flashcards
le roman
œuvre de fiction racontant une histoire par l’intermédiaire des personnages.
Mépris et méfiance traditionnels. Le roman considéré comme :
- genre grossier et simple amusement (Moyen Âge, Renaissance) ;
- genre mineur (XVIIe siècle) ;
- genre conventionnel (XVIIIe siècle).
Les traits spécifiques du roman prémoderne
la primordialité de la fonction référentielle
b) la prééminence du sens éthique, idéologique ou philosophique ou roman à thèse
c) la cohérence de la construction romanesque
la primordialité de la fonction référentielle
(« roman-miroir », reflet plus ou moins fidèle du réel) ;
b) la prééminence du sens éthique, idéologique ou philosophique ou roman à thèse
(roman qui veut illustrer, enseigner, démontrer quelque chose)
c) la cohérence de la construction romanesque
(unité d’action ; narration linéaire, sans distorsions temporelles ; répétitions et formules stéréotypées censées assurer une compréhension correcte).
Les principales techniques narratives
récit (succession logique d’actions et d’événements) ;
descriptions (sommaires) ;
dialogues ;
monologue intérieur (rare avant le XVIIe siècle).
Les traits spécifiques du roman médiéval (courtois)
La relation étroite à une idéologie / à une éthique (la courtoisie)
Le mélange de réel et de merveilleux et la tendance à créer «l’illusion du réel vécu»
Les thèmes :
L’action
L’espace
Le temps
le personnage
les techniques narratives
le mélange de réel et de merveilleux et la tendance à créer «l’illusion du réel vécu»
(«authentifier» le monde imaginaire) = rendre le merveilleux «vraisemblable et naturel», réduire la distance entre le réel et le merveilleux (atténuer ce que le merveilleux renferme d’étrange et de différent par rapport au réel).
les thèmes
l’amour et l’aventure (combats, voyages, rencontres merveilleuses) ;
l’amour comme épreuve (le chevalier doit prouver sa vaillance pour mériter l’amour) ;
l’aventure comme quête identitaire (le chevalier se découvre soi-même, en devenant un héros exemplaire à force de courage et de volonté) et comme découverte de l’altérité (en tant que l’identité se réalise par le biais de l’aventure, au prix d’un détour par l’autre et par l’ailleurs).
l’action
schéma de la quête d’un objet/d’une personne (= série d’épreuves permettant au héros de progresser vers un état de perfection et rétablir l’ordre menacé par les forces du mal)
L’espace : lieux stéréotypés, à valeur symbolique
Lieux symboliques privilégiés (signifiant la relation fondamentale de l’homme à la nature) = la mer et la forêt ;
la mer, vaste, grise, maléfique, conduisant à des territoires inconnus, mystérieux, à des îles étranges, est l’espace par où le mal arrive, mais le héros y cherche aussi le salut (voir les voyages sur mer dans Tristan et Yseut) ;
la forêt, c’est le royaume des monstres, des bêtes sauvages, des mystères et des maléfices, des hors-la-loi, mais le héros y cherche souvent asile (voir l’épisode de la Forêt du Morois dans Tristan).
le temps
: temporalité vécue au rythme de la nature = alternance des saisons, des jours et des nuits - temps marqué par l’opposition entre la mauvaise saison/le froid de l’hiver/l’obscurité de la nuit (= le temps de l’oisiveté, de l’inactivité, de la peur) vs. la belle saison/la chaleur du printemps et de l’été/la lumière du jour (= le temps de l’activité, de la joie); *absence d’une chronologie rigoureuse, d’une datation précise des événements (= temps ressemblant au temps mythique ou à celui des contes de fées: «le jour où Tristan tua le Morholt», «le jour où Tristan et Iseut burent le Philtre», «le jour où Tristan s’embarqua pour l’Irlande», etc.).
les personnages
le chevalier/amant courtois et la dame symbolisant la perfection; psychologie rudimentaire, absence d’intérêt pour l’analyse de la vie intérieure;
préférence pour le typique au détriment de l’individuel ;
correspondance entre l’apparence physique et les qualités morales (la beauté physique/le bien; la laideur physique/le mal).
les techniques narratives
prééminence du récit et absence de commentaires de la part de l’auteur (le sens éthique est immanent au récit) ;
narration «objective», neutre, sans implication personnelle/affective ;
caractère fonctionnel des descriptions (descriptions très précises intégrés au récit) ;
absence de représentation concrète de l’espace (de tous les lieux romanesques - châteaux, forêts, clairières, rivières, mer, îles, villes - seuls les châteaux sont vraiment décrits); par contre, descriptions très détaillées des vêtements, des armes et des combats, des intérieurs.
La légende de Tristan et d’Iseut
Il existe un grand mythe d’amour, celui de Tristan et d’Iseut. Il s’agit d’une œuvre de premier rang de la littérature médiévale et l’histoire merveilleuse des amants de Cornouailles a hanté jusqu’au XXe siècle l’inspiration des écrivains et des artistes.
Versions de la légende de Tristan et d’Iseut
- La plus ancienne, intitulée Tristan, appartient au Gaulois Péri qui la fait connaître à la Cour de Poitiers en 1135.
- La version de Béroul, intitulée Tristan, écrite vers 1170, considérée la plus primitive.
- La version de Thomas, intitulée Tristan, écrite vers 1175, prise pour la plus raffinée, plus psychologique et courtoise.
- La forme finale et modernisée est due à Joseph Bédier (1900-1905).
Les personnages
Tristan
Iseut la blonde
Le roi Marc
Iseut aux blanches mains
Tristan
TRISTAN : Fils de Blanchefleur, la sœur du roi Marc, et de Rivalin, roi de Loonois. Orphelin de naissance, Tristan est éduqué par Governal, son éducateur, ami et fidèle écuyer. Chevalier, il se met au service de son oncle, le roi Marc, roi de Cornouailles. Il tombe amoureux de la future reine, Iseut la Blonde.
Iseut la blonde
ISEUT LA BLONDE : fille du roi d’Irlande et nièce du Morholt, elle deviant l’épouse du roi Marc. Elle aime secrètement Tristan.
Le roi Marc
LE ROI MARC : Roi de Cornouailles. Il éprouve une profonde affection pour son neveu Tristan. Le roi se marie avec Iseut la Blonde. Il découvre sa liaison avec Tristan.
Iseut aux blanches mains
ISEUT AUX BLANCHES MAINS : fille du duc Hoël et épouse de Tristan.
Dans la vérsion de Béroul
l’amour passion est synonyme à l’adultère, il est vécu comme une passion fatale, il est une source de souffrance ininterrompue qui unit les deux amants pour mieux les séparer. C’est une passion qui dépasse les deux amants et ignore la volonté et la raison, représentant de la sorte la force aveugle du destin
Dans la version de Thomas
Thomas on voit la véritable conception de la fin ‘amors. Le philtre ne joue plus un rôle si important, une place plus importante est conférée à l’introspection, à l’analyse des sentiments dans certaines situations données. Thomas présente le cas d’un conflit psychologique dont il analyse les caractéristiques. Tristan est le héros voué au malheur. Le réalisme psychologique se définit dans les drames des cœurs.
Les situations tragiques des romans :
- Marc se doute que sa femme aime un autre que lui. Il possède le corps de sa femme, mais non pas le cœur.
- Iseut la Blonde a ce qu’elle ne veut pas et ne peut pas avoir ce qu’elle désire. Elle aime Tristan, mais elle est liée par la loi à Marc. Elle possède, le corps de Marc, mais refuse son cœur.
- Tristan désire Iseut, mais Marc est un obstacle â son désir. Il a le cœur, mais il ne peut pas avoir son corps, en plus il est voué à une femme, Iseut aux Blanches Mains. Mais il ne veut ni son corps, ni son cœur.
- Iseut aux Blanches Mains est mariée à Tristan, mais ne peut avoir ni son corps, ni son cœur.
Que est la role du philtre?
Dans la version commune le philtre signifie l’amour, la fatalité et l’irresponsabilité. Il a un caractère de fatum – destin absolu. Le philtre instaure la parfaite égalité des amants. Thomas invente l’amour avant le philtre ou l’amour courtois. Par le philtre les deux amants aiment premièrement l’amour, c’est le fait même d’aimer. Le progrès du roman a pour principe les séparations et les renoues successifs des amants. Pour faire le point, nous pourrions dire que le rôle du philtre était de transformer un penchant en une union à la vie et à la mort, leur faire prendre conscience de cet amour.